Le receveur de passes du Rouge et Noir Brad Sinopoli a marqué un touché malgré les efforts du demi défensif des Alouettes Tyree Hollins.

Montréal stoppé à la toute fin

Ça n'a pas été facile. Alors qu'il restait deux minutes à jouer au quatrième quart, les Alouettes de Montréal étaient en excellente position. Ils semblaient en voie de compléter leur remontée pour prolonger la séquence sans victoire du Rouge et Noir d'Ottawa.
Pour une fois, ça s'est passé différemment. Devant une autre salle comble de plus de 24 000 spectateurs à la Place TD, les locaux ont réussi à stopper les visiteurs à la porte des buts. Ça leur a permis de signer, enfin, leur première victoire en 2017 par la marque de 24-19.
«Oh que ça fait du bien! On s'est retrouvés dans une situation comme celle-là presque à chaque match, jusqu'ici. Finalement, avec toute la pression sur nos épaules, nous avons trouvé un moyen de compléter le travail. C'est énorme», rayonnait le receveur Brad Sinopoli en quittant le terrain.
Mais les officiels ont bien failli tout foutre en l'air. Rick Campbell a été obligé de sortir son mouchoir à deux occasions, au deuxième quart, pour demander aux responsables de la vidéo de renverser de très mauvaises décisions prises par les officiels sur le terrain.
«On n'y peut rien»
La première fois, ils avaient annulé une interception d'Antoine Pruneau dans la zone des buts d'Ottawa, jugeant qu'on avait gêné le receveur des Alouettes sur sa course. Il n'en était rien.
Huit minutes plus tard, Taylor «Tank» Reed avait provoqué un échappé en complétant un sac du quart.
Au départ, les hommes aux maillots rayés croyaient que le quart montréalais Darian Durant avait eu le temps de larguer une passe. «On n'y peut rien. C'est ça, le football», a dit Sinopoli.
Durant s'est démarqué en larguant une bombe de 62 verges vers Tiquan Underwood. Ce dernier a gambadé jusque dans la zone des buts au début du troisième quart.
Trevor Harris ne s'en est pas laissé imposer. Sa bombe a été captée par Greg Ellingson. Les deux piliers de l'attaque d'Ottawa ont complété un jeu de plus de 80 verges pour un touché, au deuxième quart.
Ellingson a capté une deuxième longue passe, en toute fin de soirée, pour réussir le premier jeu qui a scellé l'issue du match. «Rien d'étonnant. On s'attend à ce qu'il réussisse de gros jeux comme ceux-là», dit son pote Sinopoli.
Le Canadien a été diablement efficace, lui aussi, durant cette soirée. Il a capté neuf passes, ratant de peu le plateau des 100 verges pour la soirée.
Dans le camp montréalais, c'est le demi inséré Nik Lewis qui a retenu l'attention. Le vétéran de 14 saisons a profité de son voyage dans la capitale pour capter sa 1000e passe en carrière.
Le botteur du Rouge et Noir, Brett Maher, s'est aussi racheté. Au terme d'une semaine où il a été critiqué pour ses statistiques peu reluisantes, il a réussi ses trois placements ainsi que ses deux convertis.
Le retour d'Ernest Jackson passé sous silence
Ernest Jackson s'attendait au pire lorsqu'il a foulé la pelouse artificielle de la Place TD. «Je n'ai plus d'amis, ici. Je n'entendrai plus que des huées maintenant», a-t-il soufflé.
Il se trompait. En fin de compte, la direction du Rouge et Noir d'Ottawa n'a même pas cru bon souligner le retour en ville de son ancien receveur vedette. Il est passé inaperçu.
Durant ses deux saisons passées dans le Glebe, Jackson a tout fait pour se faire aimer par les fidèles de la RNation. Il a capté 172 passes, accumulé 2261 verges par la voie des airs. Il a inscrit une quinzaine de touchés.
En captant son dernier ballon, le 27 novembre à Toronto, il a permis à Ottawa de mettre un terme à une disette de 40 ans sans Coupe Grey.
Qui plus est, il n'a pas cherché à quitter le Rouge et Noir. Pour des raisons budgétaires, on l'a obligé de partir.
Au fond, il se doutait bien qu'il n'avait pas perdu tous ses amis dans le coin. «J'ai gardé contact avec plusieurs joueurs», a dit celui qui a jasé pendant un bon moment avec Greg Ellingson avant de renouer avec les reporters d'Ottawa.
Sinon... «Il y a bien ce petit restaurant où j'allais tout le temps. Pili Pili... Un sympathique petit endroit où ils servent des plats de poulet et de riz. C'était tout près de chez moi au centre-ville. Je m'ennuie des gens là-bas.»
Le colosse qui est originaire de Rochester, dans l'État de New York, ne regrette pas pour autant son déménagement. «La vie à Montréal est pas mal belle. Peu importe où je vais, je trouve quelque chose d'intéressant à faire. La ville est immense et peuplée de gens intéressants. Tout cela me plaît beaucoup», commente-t-il.
Liens à développer avec Durant
Il ne lui reste plus qu'à véritablement trouver sa place sur le terrain du stade Percival-Molson. Quand il aura développé des liens durables avec son nouveau quart-arrière, Darian Durant, tout sera correct.
Et on peut croire que c'est en voie de se réaliser. Après avoir connu un début de saison ordinaire, le flanqueur est sorti de sa coquille dans le match numéro quatre. Il a joué un rôle crucial dans la victoire-surprise des Alouettes face à la puissance de la LCF, les Stampeders de Calgary, vendredi dernier.
Avec environ six minutes à faire au quatrième quart, il a capté une passe qui se dirigeait droit dans les mains du demi défensif Ciante Evans. Il a réussi un
premier jeu crucial, sur la séquence qui a mené au placement décisif.
«Je discutais justement avec Darian avant le match. J'essayais de le convaincre qu'il pouvait se laisser aller. J'attendais juste qu'on me donne ma chance de réussir un gros jeu», raconte-t-il.
Le pire, c'est qu'il a réussi un autre attrapé, encore plus spectaculaire, plus tôt dans cette rencontre. Au tout début du match, il a complètement pulvérisé un autre demi défensif adverse avant de capter le ballon pour franchir plus de 90 verges.
«Le genre d'attrapé qui donne confiance au quart-arrière, croit-il. Darian commence à comprendre qu'il peut lancer le ballon en ma direction. Je vais m'en occuper.»