Les Américains Chris Martin et Devondre Seymour s’avèrent deux des candidats pour le poste vacant de bloqueur à gauche chez le Rouge et Noir en vue de la saison 2019. Ils ont emprunté deux parcours différents pour aboutir dans la LCF, à Ottawa.

Martin et Seymour se démarquent avec le Rouge et Noir

Un a tenté sa chance en tant que lutteur professionnel, le mois dernier. L’autre a vu son père adoptif gagner le Super Bowl à trois reprises avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Chris Martin et Devondre Seymour ne passent pas inaperçus depuis deux jours au camp d’entraînement des recrues du Rouge et Noir à la Place TD. Le premier fait 6’5’’ et 305 livres, le second mesure 6’6’’ et pèse 299 livres.

Tous deux zieutent le même poste vacant. Celui de bloqueur à gauche. Une position qui était occupée auparavant par le vétéran SirVincent Rogers.

« Je le connais bien SirV. C’est un ami. C’est pourquoi je porte son numéro », affirme Martin, montrant le 55 sur son chandail blanc.

Ce dernier s’amène à Ottawa pour une deuxième fois. Il avait tenté sa chance tôt en juin 2018.

« J’ai passé trois semaines ici. Mais je m’étais fait très mal à un doigt. Je l’avais cassé et disloqué. J’avais déchiré aussi un tendon. »

Cette blessure lui a probablement coûté une place à l’époque chez le Rouge et Noir.

« On aurait aimé le garder plus longtemps. C’est un gars dont on aime le physique, mais aussi la personnalité et l’intelligence », a confirmé le directeur général Marcel Desjardins.

Le principal intéressé a tenté sa chance ce printemps dans l’Alliance of American Football (AAF), une expérience qui lui a laissé un goût amer. Le circuit a fermé ses portes après seulement sept semaines.

« Nous avons appris en plein milieu d’un léger entraînement que c’était fini », a déploré Martin.

Le Rouge et Noir n’était pas la seule organisation qui aimait son charisme. La WWE l’a invité à un camp de sélection en avril. On l’a mis à l’essai en tant que lutteur non seulement dans le ring, mais aussi devant les caméras afin de découvrir ses talents d’orateur.

« J’avais déjà fait de la lutte olympique à l’école, mais jamais cette sorte de fausse lutte ou lutte spectacle. Ça m’intriguait. Quand c’est venu le temps d’effectuer des roulades et des acrobaties, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas trop agile à plus de 300 livres ! »

Martin a plié bagage. Mais l’athlète âgé de 29 ans ne fait pas une croix sur un éventuel saut dans la WWE où il pourrait imiter Dwayne Johnson et Joe Anoa’i, qui sont devenus les vedettes « The Rock » et « Roman Reigns » après leur passage dans la LCF.

« On m’a dit que la porte sera ouverte pour moi à nouveau quand j’aurai terminé de jouer au football », précise-t-il.

À sa gauche, le jeune Seymour l’écoute sans dire un mot, ou presque. Il semble fasciner par le parcours du père de famille de deux enfants. « Peut-être que je vais tenter ma chance aussi », lance le colosse âgé de 24 ans. Il a mis une chose au clair.

À la maison en Géorgie, on carbure au football et aux... cartes. Son papa adoptif Richard a évolué 13 saisons dans la NFL en tant que plaqueur avant de devenir un participant régulier aux Séries mondiales de poker.

« C’est impressionnant, non ? Jouer aussi longtemps au football à un haut niveau à une position si exigeante sur la ligne défensive », lance Chris Martin en parlant du paternel de son nouvel ami.

Devondre Seymour n’est pas aussi loquace que lui. Ce qu’on sait à son sujet ? Il a été élevé par sa grand-mère. Sa mère biologique est morte quand il avait trois ans.

Puis quand il a commencé l’école secondaire, un gros monsieur est entré dans sa vie. Richard Seymour et sa conjointe Tanya l’ont adopté.

Âgé de 24 ans, Seymour a obtenu un essai dans la NFL, à Kansas City. Rien de plus.

« Le Rouge et Noir a appelé mon entraîneur personnel Manny Rodrigues qui a suggéré de jeter un coup d’œil sur moi. Il avait déjà joué à Ottawa. Il m’a parlé en bien de cette équipe », explique-t-il.

Seymour et Martin auront trois semaines pour se tailler une place en vue de la saison 2019.

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«Ironhead» Gallon attire les regards

Ça pourrait bien se hisser parmi les meilleurs surnoms de l’histoire de la LCF aux côtés de Henry «Gizmo» Williams et «Downtown» Eddie Brown. Faites la connaissance du demi défensif américain «Ironhead» Gallon, qui tente de percer l’alignement du Rouge et Noir.

Un sobriquet digne d’un superhéros de Marvel. Ça le fait sourire. Surtout, il ne détesterait pas posséder des pouvoirs surhumains.

«Mon père a commencé à m’appeler de la sorte quand j’étais petit. Il était un grand partisan de l’ancien porteur de ballon des Saints de La Nouvelle-Orléans, Craig “Ironhead” Heyward. Je n’aimais pas ça au début, mais j’ai fini par m’y habituer. Maintenant, on m’interpelle de la sorte partout où je vais», raconte Gallon, du haut de ses 5’10’’ et 210 livres.

Ce fut le cas dans les rangs universitaires à Georgia Southern puis dans la NFL où il a été mis à l’essai par les Cardinals de l’Arizona en 2017 et les Eagles de Philadelphie l’an dernier. Même sa mère, ses cinq frères et quatre sœurs utilisent le surnom «Ironhead» au lieu de son véritable prénom Deshawntee.

«Mais eux, ils n’ont pas de surnoms “cool” comme moi!» À Ottawa, Gallon fait partie d’un groupe de sept demis défensifs recrus américains, dont des dénommés Zeek Bigger et Ranthony Texada.

Ottawa, terre d’accueil du Vert et Or

La patience de Charles Brousseau aura été récompensée. Un an après avoir été ignoré au repêchage de la Ligue canadienne de football en 2018, le secondeur natif de Lotbinière effectue ses premiers pas chez les pros. Le Rouge et Noir l’avait mis sous contrat en décembre.

«Je ne pensais jamais arrêter», a-t-il dit, lui qui a été un des meilleurs joueurs défensifs dans les rangs universitaires québécois, la saison dernière, à Sherbrooke. Des équipes s’étaient intéressées à lui à la veille du repêchage, mais son nom n’avait jamais été appelé.

«Je me suis dit par la suite que si j’avais une bonne cinquième année, j’obtiendrais ma chance», a-t-il soutenu, jeudi, après l’entraînement du Rouge et Noir.

Le voilà maintenant à Ottawa, terre d’accueil pour les produits du Vert et Or de Sherbrooke comme lui.

Les finalistes de la coupe Grey comptent quatre anciens joueurs de cette équipe universitaire, Jean-Christophe Beaulieu, Nicolas Boulay, Anthony Gosselin et Gabriel Polan, choix de troisième ronde en mai dernier.

«C’est le fun d’avoir du monde sur qui tu peux compter si jamais il arrive quelque chose. C’est sûr que je ne suis pas le plus à l’aise en anglais, même si je suis capable de me débrouiller», a-t-il expliqué.