Antoine Pruneau soutient que Manziel ne mérirte pas toute l'attention qu'il reçoit.

Manziel attendu de pied ferme

Il a beau avoir connu un premier départ désastreux, l’attention risque d’être encore tournée vers le nouveau quart des Alouettes de Montréal Johnny Manziel cette semaine alors qu’il s’amènera à l’autre bout de la 40/417 pour affronter le Rouge et Noir d’Ottawa samedi à la Place TD.

Le vétéran demi de sûreté Antoine Pruneau pense que l’ancien premier choix des Browns de Cleveland ne mérite pas vraiment d’être au centre de toutes les conversations, après avoir lancé quatre interceptions dans un revers de 50-11 aux mains des Tiger-Cats de Hamilton vendredi dernier.

« Je n’ai pas vraiment aimé l’attention qu’il a reçue. Certains vont percevoir ça comme de la jalousie, mais c’est juste que d’une perspective de joueur, le respect, ça se gagne sur le terrain. Et sur le terrain, ce qui s’est passé au niveau universitaire, ça ne compte plus sur le terrain, estime Pruneau. J’avais hâte de voir ce qui allait se passer et il a connu un mauvais match, mais je vais lui donner plus qu’une partie et une semaine avec les Alouettes pour me former un jugement sur lui. Mais c’est certain que le respect, c’est quelque chose qui est à gagner. »

Pour Pruneau, Manziel a bien des croûtes à manger avant de pouvoir être considéré comme un des bons quarts de la Ligue canadienne de football. « Il est dans une équipe professionnelle et ça veut dire qu’il a un certain talent, tu ne peux pas le prendre à la légère. Mais de là à le considérer comme un des grands quarts-arrière de notre ligue... Pas encore... Voir ça (sa performance contre Hamilton), ça confirme peut-être certaines choses qu’on pensait. Mais je ne veux pas le diminuer non plus, il est avec une jeune équipe qui n’a pas beaucoup d’expérience. On va leur donner le temps, mais si on se présente, on devrait gagner ce match-là », a-t-il renchéri.

Pruneau est convaincu que son équipe va rebondir de ses difficultés en défensive contre les Argonauts de Toronto jeudi dernier, alors que les visiteurs ont laissé filer une avance de 24 points pour finalement s’incliner 42-41 sur un touché de dernière seconde.

« On a été chanceux d’avoir quatre jours de congé à la maison pour réfléchir un peu au football. C’était dur à digérer les premières minutes quand on est rentré au vestiaire. Une fois qu’on a fait le point, on est maintenant “focus” sur les Alouettes, c’est du passé... C’est arrivé, il faut apprendre de ça et l’utiliser pour devenir une meilleure équipe... L’indiscipline est ce qui nous a coûté le plus cher», estime Pruneau.

Le quart Trevor Harris ne voulait pas trop retourner en arrière, lui. « On y a pensé pendant un jour et demi, puis je me suis tenu occupé à regarder en avant vers Montréal. Cette défaite fait encore mal (“sucks”, a-t-il dit en anglais) et elle va probablement le faire encore quand j’aurai 47 ans. C’est évidemment un match qu’on aurait dû gagner. Mais ça a été des matches serrés lors des trois dernières semaines et nous avons gagné les deux autres. Nous avons bien fini les parties, il faut juste continuer à le faire avec encore plus de constance, ajouter à nos avances. C’est terminé, on a appris notre leçon et on passe à autre chose. On doit juste garder le pied bien enfoncé sur la pédale de gaz », a dit le passeur qui a obtenu 385 verges de gain avec deux touchés par la passe lors de ce match, avec une interception.

Harris est bien placé pour sympathiser avec Manziel, qui n’a eu que quelques séances d’entraînement avec sa nouvelle équipe avant d’être lancé dans la gueule du loup.

« Il y a quelques gars qui l’ont fait cette année, le jeune à Winnipeg (Chris Streveler) l’a fait, maintenant Johnny. C’est différent, les quarts sont appelés à faire des choses différentes dans différents systèmes. Johnny va s’ajuster, il va faire du bon travail, il est un bon quart. C’est bon pour la ligue, toute l’attention qu’il génère. Il faut s’attendre à ce qu’il s’améliore, je suis certain qu’il va le faire », a-t-il ajouté.

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DES CHANGEMENTS EN DÉFENSIVE

L’avance perdue en fin de match par le Rouge et Noir jeudi dernier à Toronto a forcé les dirigeants de l’équipe à changer de direction avec la défensive du club.

L’entraîneur-chef Rick Campbell et le d.g. Marcel Desjardins ont décidé de libérer un partant de la tertiaire, le demi défensif Loucheiz Purifoy, lors du congé civique ontarien de lundi.

En entrevue à la radio, Desjardins a indiqué que ce n’était pas que la performance de cet Américain de 25 ans embauché comme joueur autonome en février dernier dans la défaite de 42-41 contre les Argonauts qui a été prise en considération dans cette décision. «Il y avait des raisons sur le terrain et d’autres en dehors du terrain», a-t-il indiqué.

«Il ne cadrait tout simplement pas comme il faut dans notre équipe, a expliqué Campbell de son côté après l’entraînement des siens. C’est certes décevant pour lui et ce l’est pour nous aussi. Ça ne fonctionnait pas, et ici, quand c’est le cas, nous cherchons à être assez courageux pour faire ce qui est le mieux pour le Rouge et Noir et l’équipe. On pense que c’est dans le meilleur intérêt de l’équipe, donc on a pris la décision.»

Campbell entend étudier ses options lors des entraînements de cette semaine en attendant la visite des Alouettes samedi à la Place TD. Les principales seraient l’Américain Sherrod Baltimore, un régulier la saison dernière (recrue de l’année de l’équipe) qui avait été relégué à l’alignement de pratique, ou le Canadien Justin Howell, un ancien des Ravens de Carleton.

«On a plusieurs options, des gars qui ont déjà joué à cette position. Quand on prend une telle décision, ce n’est pas à l’aveuglette. On a pensé à notre affaire comme il faut et nous avons confiance que nous avons un bon groupe de demis défensifs. On a mis des gars sous contrat qui se sont ajouté à ceux qui étaient là l’an dernier, donc nous avons un excès de bons joueurs. On cherche juste à trouver la bonne combinaison», a-t-il ajouté.

Campbell ne pense pas que sa défensive a été trop conservatrice en fin de match à Toronto pour laisser filer l’avance de 24 points forgée par l’attaque. «Ils ont juste réalisé plus de jeux que nous. On voulait jouer jusqu’à la fin et nous avons eu une chance de gagner le match. C’est décevant de ne pas avoir réussi à le faire, c’est un revers dont il est difficile de se relever, mais il faut passer à notre prochain adversaire de la division Est (Montréal) parce que nous avons encore beaucoup de football à jouer cette saison», affirme l’entraîneur-chef.

Le receveur de passe Greg Ellingson, qui n’a capté que deux passes contre les Argos (et 31 cette saison, contre 96 l’an dernier), pense qu’il sera assez facile pour son club de se relever. «C’est une bonne leçon, mais nous sommes encore au premier rang dans l’Est. Il faut juste rebondir et faire ce que le “coach” nous a demandé, de ne pas perdre deux matches de suite cette saison», a-t-il noté.

Blessé à Toronto, le demi défensif Anthony Cioffi représente pour sa part un cas douteux pour le prochain match.