L’Américain Mossis Madu entame sa cinquième saison dans la LCF, sa quatrième à Ottawa. Il espère devenir le nouveau demi offensif partant du Rouge et Noir.

Madu veut devenir le demi offensif partant du Rouge et Noir

Finies les sandwiches au beurre de peanut. Adieu le lavage des salles de bain, les brassées et la balayeuse dans le salon.

Mossis Madu a passé l’hiver à la maison à Oklahoma City. « Loin de l’hiver d’Ottawa », lance le joueur du Rouge et Noir en riant.

Un hiver passé à jouer à plein temps son rôle de père de deux filles âgées de cinq et 10 ans. « J’ai dit à ma femme de s’asseoir et de ne rien faire. Qu’elle en faisait déjà pas mal quand je ne suis pas là. C’était à mon tour de tout faire », relate le porteur de ballon américain âgé de 31 ans.

« Chaque jour, c’est moi qui me suis occupé de réveiller nos enfants, de préparer leur boîte à lunch, d’aller les déposer à l’école et d’aller les ramasser après la fin des classes... Maintenant, c’est le retour au travail pour moi. »

Il s’agit probablement de la saison la plus importante depuis son arrivée dans la LCF en 2015 à Hamilton. On lui offre d’être enfin le demi-offensif partant d’une équipe à plein temps, et non le gars qui dépanne.

Le joueur qui occupait le poste l’an dernier, William Powell, a pris la direction de la Saskatchewan. Le Rouge et Noir ne voulait plus rien savoir du deuxième porteur de ballon le plus productif du circuit, qui avait amassé 1362 verges et six touchés.

Le divorce était imminent depuis que Powell avait été laissé de côté lors des deux derniers matches du calendrier régulier.

Madu avait pris la relève, récoltant notamment 78 verges et un touché contre Toronto.

« Quand on m’a donné la chance par le passé, je l’ai toujours saisie. J’ai toujours produit, rappelle-t-il. Les gens ont tendance à oublier ce que j’ai fait en 2016, l’année que nous avons gagné la coupe Grey. »

Powell s’était blessé au camp d’entraînement. Son remplaçant Travon Van avait subi pareil sort au milieu de l’été, ce qui avait mené à l’embauche de Madu, qui est devenu le partant lors des six derniers matches de la saison régulière.

Le numéro 23 s’était vite démarqué, amassant 91 verges à sa première sortie. Il avait aussi engrangé un total de 210 verges et deux touchés lors des deux dernières parties.

Une blessure subie tôt dans la finale de l’Est l’a toutefois envoyé à l’infirmerie.

« Tout le monde savait que Willy serait le partant quand le camp a commencé l’an dernier. Mais la direction a toujours dit qu’elle m’aimait, que l’équipe avait un porteur de ballon 1A et un porteur de ballon 1B. Elle sait ce dont je suis capable. J’ai démontré que je peux être un partant dans cette ligue. Je suis prêt à m’amuser. »

Avoir du plaisir se trouve au haut de sa liste. Mais également découvrir tous ces nouveaux coéquipiers.

Pendant que Mossis Madu était homme au foyer durant la saison morte aux États-Unis, le Rouge et Noir a fait le ménage à l’attaque. Les Harris, SirV, Ellingson, Spencer, Gott et Powell sont partis. C’est sans compter les vétérans Kyries Hebert et Rico Murray, dont les contrats n’ont pas été renouvelés.

« J’essaie d’apprendre tous ces nouveaux noms, de reconnaître lentement les nouveaux visages. »

Madu a vite découvert un truc en jasant avec tous les jeunes. « Je suis dorénavant un des vieux de l’équipe », blague-t-il, lui qui fêtera ses 32 ans durant la prochaine saison.

Seuls deux joueurs sont plus âgés que lui : Julian Feoli-Gudino et Brad Sinopoli.

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John Crockett s’avère un des deux porteurs de ballon embauchés par le Rouge et Noir pour chauffer le vétéran Mossis Madu au camp d’entraînement.

PRÊT À DANSER, COURIR ET DIVERTIR POUR LE ROUGE ET NOIR

Il possède les pieds agiles et magiques de Fred Astaire. En entrevue, c’est place au charme du lutteur « The Rock ». Loin du stade, il s’habille comme une carte de mode.

John Crockett s’avère un des deux porteurs de ballon embauchés par le Rouge et Noir pour chauffer le vétéran Mossis Madu au camp d’entraînement. Il a récolté presque 2000 verges au sol en plus de marquer 21 touchés à sa dernière saison dans la NCAA, à North Dakota State, en 2014.

L’année suivante, le natif du Minnesota disputait ses deux premiers matches dans la NFL chez les Packers de Green Bay, dont un en éliminatoires. L’organisation l’a vite identifié comme un de ses futurs porteurs de ballon en vue de la saison 2016.

« Je faisais partie des 20 joueurs dont le chandail était disponible dans la boutique souvenir des Packers. Il se trouvait à côté de ceux d’Aaron Rodgers et de Jordie Nelson. Puis je me suis blessé durant un match hors-concours à une épaule. La prochaine chose que j’ai sue, j’étais libéré et mon chandail se retrouvait en liquidation ! »

Oakland et Baltimore l’ont mis à l’essai, mais des bobos ont encore déjoué ses plans.

« C’est pourquoi je suis ici, a soutenu l’athlète âgé de 27 ans. Je veux montrer que je peux toujours jouer au football. »

Crockett a multiplié les pirouettes et les feintes explosives dans la dernière semaine. Il peut remercier maman de l’avoir inscrit à des cours de... danse pendant plus de dix ans.

« Ça m’a aidé beaucoup au football, a-t-il reconnu. J’ai commencé à faire de la danse à l’âge de trois ans. Puis à l’école secondaire, j’ai décidé de jouer de la batterie. Je me suis retrouvé dans un band. J’ai eu droit à un peu plus d’amour ! »

Il est comme ça, John Crockett. Toujours une pointe d’humour ici et là. On l’aime déjà.

Et s’il marque un touché samedi lors du match hors-concours à la Place TD ? Aura-t-on droit à des pas de danse ? « Il faudra voir ce qu’il y a dans le sac à surprises de John Crockett », a-t-il répondu en riant.

Comment se décrirait-il en tant que joueur ?

« Sur le terrain, je suis comme le personnage du diable de Tasmanie dans les dessins animés », a-t-il ajouté du haut de ses 5’11’’.