Henry Burris a effectué une rare visite à la Place TD lundi.

Lundi tendu à la Place TD

Le Rouge et Noir se trouvait sur la défensive, lundi, en reprenant l'entraînement à la Place TD. Il se remettait non seulement d'une cinquième défaite en sept parties, mais surtout d'un plaqué que lui a servi son ancien joueur vedette sur les médias sociaux.
Henry Burris, qui a mené l'équipe à une conquête de la coupe Grey la saison dernière avant de prendre sa retraite, estime que les insuccès de l'édition 2017 s'expliquent facilement. Ottawa montre une fiche de 1-5-1 après avoir perdu 33-30 la semaine dernière contre Winnipeg.
« Tu ne peux pas te débarrasser de plusieurs leaders et t'attendre à des résultats similaires, a écrit l'ancien quart-arrière dans un gazouillis mis en ligne dimanche.
«Ce n'est pas la même version des deux années précédentes du Rouge et Noir.»
Burris en a ajouté en invitant les amateurs à zieuter la liste des joueurs qui ont plié bagage dans les derniers mois. «Des noms de joueurs qui ont effectué des jeux qui ont permis de se rendre jusqu'au bout et gagner le match de la coupe Grey. Ils ne sont plus ici», a-t-il noté.
Le vétéran de 17 saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF) faisait référence à lui-même, mais aussi à Damaso Munoz, Ernest Jackson, Abdul Kanneh, Chris Williams et Forrest Hightower.
«Il (Henry) a droit à son opinion. Moi, je me concentre sur Edmonton», a réagi son successeur en tant que quart-arrière numéro un du Rouge et Noir, Trevor Harris, en faisant référence aux Eskimos, qui seront en ville jeudi soir.
Visiblement, le numéro 7 était agacé. Il ne voulait rien savoir des commentaires de son ancien coéquipier.
Peu de temps auparavant, Antoine Pruneau et SirVincent Rogers disaient «ne pas être surpris» de la sortie publique de Burris, qui était prudent depuis le début de la saison dans ses commentaires dans son nouveau rôle d'analyste à la radio et télé de TSN.
«Quand il jouait, il ne se gênait jamais pour dire ce qu'il pensait dans le vestiaire. Je sais qu'il a encore à coeur cette équipe, a déclaré Pruneau.
«Moi, je ne suis pas offusqué par ce qu'il a dit, a affirmé Rogers, ce gros bloqueur de 6'4'' et 319 livres. Henry n'est plus un joueur. Il est maintenant payé pour partager ses opinions. Je respecte ça.»
Rogers a insisté toutefois sur un point. «Nous avons perdu des leaders, mais il y en a encore plusieurs dans ce vestiaire», a-t-il répété.
Deux personnes qui n'étaient pas d'accord avec Burris ? Ses anciens patrons. «Henry est un ami, mais je ne partage pas son opinion qu'il nous manque des leaders ou des joueurs capables de réussir de gros jeux», a affirmé l'entraîneur-chef Rick Campbell.
Le directeur-général Marcel Desjardins, lui, a pris le temps d'énumérer les noms de Harris, Rogers, Brad Sinopoli, Greg Ellingson et Patrick Lavoie. «Nous avons plusieurs leaders», a-t-il martelé.
Est-il déçu de cette sortie publique ? Desjardins n'a jamais voulu répondre à la question, se contentant d'offrir un sourire forcé. «La raison pourquoi nous avons une telle fiche ? Nous avons commis 13 revirements. C'est aussi simple que ça, a-t-il lancé plus tard aux trois journalistes devant lui.
«Nous possédons une bonne attaque. Notre défensive s'améliorer. Mais tu ne peux pas mener la ligue au chapitre des revirements. Notre fiche serait meilleure si ce nombre était coupé de moitié.»
Est-ce que le DG compte appeler Burris ? «Je suis sûr que je vais le croiser à un certain moment et nous aurons une belle discussion à ce sujet», a-t-il affirmé.
Le sort a voulu que Henry Burris se pointe à la Place TD deux minutes après cette réponse. Il était flanqué de ses garçons. C'était une de ses rares visites depuis sa retraite. Il voulait saluer ses anciens coéquipiers. Ça, et préciser sa pensée.
Burris a dit qu'il ne remettait pas le leadership actuel du Rouge et Noir. «Je veux juste que les gens comprennent que c'est injuste d'avoir les mêmes attentes que l'an dernier à la suite de tous les changements apportés», a-t-il fait valoir.
Un club rival voulait Burris
La question a été lancée comme ça. La réponse du futur membre du Temple de la renommée du football canadien a surpris.
Henry Burris a confirmé que des rivaux du Rouge et Noir ont tenté de le convaincre de sortir de sa retraite et se joindre à leur organisation dans les derniers mois. Sa réponse? Non.
«Jon Gott me servirait une raclée si je décidais de jouer pour un autre club. SirV n'aimerait pas ça non plus, a commencé par dire Burris en riant, lui qui a accroché ses épaulettes et casque en janvier dernier après avoir gagné la coupe Grey pour une troisième fois en carrière.
«Une équipe m'a demandé si je jonglais avec l'idée de revenir au jeu. Je lui ai dit non. Que c'était fini pour moi. Que je suis un Rouge et Noir pour le reste de mes jours. C'est la seule équipe pour laquelle je songerais à jouer... Mon chez-moi se trouve ici.»
Burris a ensuite apporté une précision. Ce n'est pas une équipe, mais «des équipes» qui ont tâté le terrain.
Lesquelles? Il n'a pas voulu dire.
«Elles ont appelé mon agent pour s'informer à mon sujet. Il (agent) n'a jamais voulu me dire lesquelles, car ils ne voulaient pas que ces clubs réussissent à me convaincre de sortir de la retraite (...) L'idée de revenir au jeu n'a toutefois jamais traversé mon esprit. Je suis bien à regarder ces gars-ci jouer.»
Plus de peur que de mal pour Lavoie
Patrick Lavoie aurait pu voir sa saison prendre fin de façon prématurée. Un adversaire lui a tordu un genou au milieu du troisième quart lors de la dernière partie.
«J'ai eu mal sur le coup. J'ai eu peur aussi. Mais rien n'est déchiré. Tout est solide», a assuré le centre-arrière québécois et capitaine des unités spéciales, lundi, après la séance d'entraînement.
Une séance à laquelle Lavoie a participé. Il n'a pas voulu commenter par contre le geste posé vendredi soir par le plaqueur des Blue Bombers, Jamaal Westerman.
Ce dernier ne possède pas une réputation enviable à travers la LCF. C'est le même joueur qui a blessé en 2015 le quart-arrière du Rouge et Noir à l'époque, Henry Burris.
Lavoie n'a pas été le seul à goûter à la médecine de Westerman lors du dernier match. Trevor Harris aussi. Le quart actuel du Rouge et Noir se trouvait déjà au sol quand il a été rudoyé par le joueur des Bombers, qui l'a frappé à la tête. Les officiels n'ont pas sévi.
Il sera intéressant de voir si la LCF imposera une amende à Westerman dans les prochains jours. Ça ne serait pas une première fois dans son cas.
Parlant de blessures, le receveur Kenny Shaw a repris l'entraînement, mais son retour pourrait devoir attendre une autre semaine. C'est du moins ce que le directeur général Marcel Desjardins a laissé entendre lundi.