Le botteur Lewis Ward disputera un premier match éliminatoire en carrière dans la LCF, dimanche, en finale de l’Est. Il tentera de rester parfait, lui qui a réussi ses 48 dernières tentatives de placement en saison régulière.

Lewis Ward possède encore de la magie

Une barbe pour les éliminatoires ? Lewis Ward peut oublier ça. Il ne passera jamais en tant que jumeau de son coéquipier Jon Gott.

Le botteur recrue du Rouge et Noir doit se contenter d’une moustache discrète à la veille de la finale de l’Est, dimanche, à la Place TD. C’est tout. Rien d’autre ne semble vouloir pousser sur son visage.

Ça ne semble pas déranger le plus petit joueur des champions de la division Est. En fait, rien ne tracasse Ward depuis son arrivée au mini-camp à Ottawa en avril.

Encore moins le temps froid qui risque de rendre le ballon plus rigide ce week-end contre les Tiger-Cats de Hamilton.

« Ça sera comme botter une brique », avoue Ward, qui disputera un premier match éliminatoire en carrière dans la LCF.

« Mais j’en ai déjà joué de ces parties dans les rangs universitaires », a-t-il pris le soin de rappeler.

Encore là, Ward ne flanche pas.

« J’ai déjà botté dans des situations corsées. J’ai déjà botté dans toutes sortes de conditions climatiques. Je suis prêt à tout », a-t-il rappelé.

Ward a réussi un long placement en fin de match Panda pour les Gee Gees d’Ottawa devant plus de 24 000 personnes il y a quelques années. Puis cette saison à ses premiers pas dans la LCF, il a multiplié les bons coups.

Son record de 48 placements consécutifs en a fait le botteur le plus fiable du circuit. Il avait notamment réussi ses sept tentatives dans un match contre ces mêmes Tiger-Cats.

Une question trotte dans la tête des partisans. Est-ce qu’il reste de la magie dans le pied droit du petit Lewis ?

« Mets-en », a lancé sans hésiter Ward, dont l’unique tentative ratée remonte au 21 juin lors du premier match de la saison.

Peu importe le résultat de la finale de l’Est, on le verra à Edmonton la semaine prochaine.

Il est en lice pour deux trophées au gala annuel de la LCF. En fait, il est le favori pour gagner les titres de recrue par excellence et joueur par excellence au sein des unités spéciales.

Un gala, un veston

Ça sera la première fois que son nom sera appelé dans une telle soirée.

« J’ai déjà gagné des prix au gala sportif de l’Université d’Ottawa, mais jamais dans un gala de ligue », a relaté l’athlète natif de Kingston.

« J’espère toutefois être à Edmonton avec mes coéquipiers. Ça voudra dire que nous jouerons au match de la coupe Grey. »

Ward ne compte pas magasiner pour un nouveau veston. Il en possède déjà un dans sa garde-robe.

« Ça devrait faire l’affaire », a lancé le botteur qui avait été témoin des deux dernières finales de l’Est à la Place TD en 2015 et 2016.

« En tant que gardien de sécurité au stade », a-t-il rappelé de ces deux matches qui avaient été remportés par le Rouge et Noir.

Deux parties durant lesquelles les botteurs de l’époque, Chris Milo et Ray Early, avaient été peu sollicités pour des placements.

Ward sera confronté dimanche à un vétéran de la LCF.

Lirim Hajrullahu dispute sa cinquième saison, sa première dans l’uniforme des Tiger-Cats. Il a accepté un lucratif contrat après avoir gagné la coupe Grey l’an dernier chez les Argonauts de Toronto.

Hajrullahu avait joué les héros en réussissant un placement de 32 verges avec 53 secondes à écouler en temps réglementaire du match ultime qui avait été présenté à la Place TD. Quelques jours, il avait admis au Droit que le domicile du Rouge et Noir lui avait toujours porté chance.

À sa seule visite à Ottawa en 2018, le botteur des Ti-Cats a réussi ses trois tentatives de placement, dont une de 53 verges.

Reste à voir s’il reste aussi de la magie dans son pied droit.

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SirVincent Rogers

UNE LIGNE OFFENSIVE QUI GROSSIT

Le Rouge et Noir fera appel à la ligne offensive la plus imposante de son histoire en vue du match le plus important de sa cinquième saison.

Le joueur le plus grand de son alignement effectuera un retour au jeu contre les Tiger-Cats avoir raté neuf parties en saison régulière, dont les cinq derniers. Nolan MacMillan croquait dans une pomme en se pointant devant quelques journalistes.

« C’était mon objectif de revenir à temps pour cette finale de l’Est », a-t-il lancé du haut de ses 6’6’’ et 294 livres.

« Nolan n’est pas seulement un joueur au gros gabarit. Il est aussi très agressif et robuste », a rappelé l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Quand il est sur le terrain, l’adversaire y pense toujours deux fois avant de rudoyer un joueur offensif après le sifflet de l’arbitre. Le hic ? C’est que MacMillan n’a pas été souvent en uniforme depuis trois ans, victimes de blessures à une cheville et une main. Il a été absent lors de sept parties en 2017 et 11 l’année précédente en route vers la conquête de la coupe Grey contre les Stampeders de Calgary.

Dire qu’il avait participé à tous les matches du Rouge et Noir lors des deux premières saisons.

Moins de sacs

Le retour de MacMillan signifie que le vétéran Jon Gott devra se contenter d’un rôle de réserviste en finale de l’Est s’il n’est pas laissé de côté. Ça signifie surtout que tous les membres de la ligne offensive mesurent au moins 6’4’’ et font osciller la balance à 280 livres ou plus.

Une ligne offensive qui sera complétée par les SirVincent Rogers, Evan Johnson, Alex Mateas et la recrue Josue Matias. Une ligne offensive qui n’a alloué que trois sacs lors des trois dernières parties après avoir été la deuxième pire à ce chapitre dans la LCF.

Un revirement qui a coïncidé avec les débuts de Matias en tant que plaqueur à droite. Et voilà que MacMillan jouera à ses côtés en tant que garde.

Le numéro 66 n’est pas seulement le joueur le plus imposant du Rouge et Noir. Il s’avère aussi celui qui possède le plus d’ancienneté.

Tout premier choix

Ottawa l’avait repêché en première ronde en 2013, un an avant les débuts de la franchise.

Est-ce que ses coéquipiers le taquinent parfois à ce sujet ? Est-ce qu’ils s’inclinent devant lui afin de le saluer et honorer son ancienneté ?

MacMillan, qui a la réputation d’un type très sérieux, l’a trouvé bien drôle.

« Non non », a-t-il lancé, sourire en coin.