Roger Greenberg, président de l'OSEG, Antoine Pruneau du Rouge et Noir, Marie Lemay de Monnaie Royale Canadienne, et Marcel Desjardins, directeur général du Rouge et Noir
Roger Greenberg, président de l'OSEG, Antoine Pruneau du Rouge et Noir, Marie Lemay de Monnaie Royale Canadienne, et Marcel Desjardins, directeur général du Rouge et Noir

Le Rouge et Noir tient à sa saison 2020

Un des propriétaires du Rouge et Noir se trouvait au beau milieu de la Place TD. Le directeur général aussi tout comme un des joueurs vedettes de la franchise.

«C’est la première fois que je mets les pieds sur le terrain du stade depuis notre dernière pratique l’an passé. Ça fait bizarre», a avoué le maraudeur Antoine Pruneau.

Ce dernier a participé à un événement protocolaire, mardi après-midi, au domicile de l’équipe de la Ligue canadienne de football (LCF). Un dollar canadien de l’année 2016 a été déposé dans la sous-surface avant l’installation du nouveau gazon synthétique.

L’organisation espère que la pièce de monnaie portera chance au Rouge et Noir, qui avait gagné la coupe Grey justement en 2016.

«Nous avions déposé un dollar canadien de 1976, l’année de la dernière conquête des Rough Riders d’Ottawa, avant nos débuts en 2014. Cela nous a porté chance. À notre deuxième saison, nous avons participé au match de la coupe Grey puis l’année suivante, nous l’avons gagné, a soutenu Roger Greenberg, un des propriétaires de l’équipe de football.

«Je suis un gars superstitieux, vous savez», a-t-il rappelé.

L’homme d’affaires bien connu s’avère aussi un type réaliste. Il sait très bien que l’équipe ne foulera pas la nouvelle surface de la Place TD en 2020.

La saison de la LCF, qui devait débuter le 11 juin, se trouve sur la glace en raison de la pandémie. Le Rouge et Noir aurait disputé en temps normal déjà deux matches à Ottawa.


« Je ne m’attends pas à ce que le gouvernement nous permette de jouer devant des partisans cette année. Nous savons tous que notre principale source de revenus s’avère la vente de billets aux guichets. Nous ne sommes pas comme la LNH et la NFL qui obtiennent des tonnes de dollars des réseaux de télé. »
Roger Greenberg

Différents scénarios sont étudiés par le circuit pour sauver les meubles. Il est question notamment d’un calendrier de six matches pour chacun des neuf clubs à partir de septembre. Des parties qui seraient disputées dans une «ville bulle». Winnipeg, Régina et même Hamilton sont considérés pour accueillir le reste de la ligue.

«J’évalue nos chances d’avoir du football à 50-50, a affirmé Greenberg. L’échéancier est serré pour tout mettre en place. Et le commissaire a été clair. Il y a des conditions bien définies qui doivent être en place afin d’avoir des matches.

«Je ne m’attends pas à ce que le gouvernement nous permette de jouer devant des partisans cette année. Nous savons tous que notre principale source de revenus s’avère la vente de billets aux guichets. Nous ne sommes pas comme la LNH et la NFL qui obtiennent des tonnes de dollars des réseaux de télé. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral de nous aider. C’est pourquoi nous demandons aux joueurs et aux équipes de contribuer afin de pouvoir jouer.»

Des rumeurs en coulisses circulent que des formations de la LCF préfèrent tout simplement l’annulation de la saison.

«En tant que membre du groupe de propriétaires du Rouge et Noir, je peux vous assurer que nous voulons à 100 % disputer des matches en 2020, a affirmé Greenberg. Nous sommes conscients toutefois que ce sera à huis clos. C’est désolant, mais c’est mieux que rien si ça fonctionne.»

Peu importe ce qui arrivera, la COVID-19 fera mal au Rouge et Noir, dont les états financiers baigneront dans le rouge.

«Nous allons perdre de l’argent. La question est de savoir comment nous pouvons arriver en a perdre le moins possible, a confirmé Greenberg, qui ne craint toutefois pas pour la survie de la jeune franchise.

«Toutes les équipes en perdront. Les pertes seront substantielles pour certaines. Je me demande où elles iront chercher l’argent pour éponger ça. Je pense aux clubs qui sont détenus par leur communauté locale. Ils perdront des millions de dollars.»

Ce dernier croit que la LCF a pris un pas dans la bonne direction pour assurer sa survie en imposant des compressions de 20 % dans les dépenses reliées aux opérations football des neuf formations.

«Nous avons grossi peut-être un peu trop quand je compare aux personnels d’entraîneurs que les organisations avaient il y a 20 ans. Nous sommes un circuit professionnel qui roule sur un budget serré. Il ne faut pas l’oublier et vivre selon nos moyens.»