Trevor Harris et William Powell ont eu froid lors de l’entraînement du Rouge et Noir. L’équipe ottavienne participera à la finale de l’Est, dimanche.

Le Rouge et Noir se prépare dans le froid

Le maraudeur Antoine Pruneau avait deux glaçons qui pendaient au bout de ses longs cheveux. Plusieurs de ses coéquipiers, dont les recrues américaines Anthony Cioffi et Avery Williams, portaient une cagoule en dessous de leur casque.

C’est sans compter le porteur de ballon vedette, William Powell, qui a passé beaucoup de temps près de la chaufferette située au banc des joueurs. La plus froide journée depuis la mi-avril dans la capitale nationale attendait le Rouge et Noir, mercredi, à son retour à l’entraînement à la Place TD. Il faisait -10° Celsius.

Le terrain avait été déneigé avant que l’équipe se pointe pour entamer sa préparation en vue de la finale de l’Est, dimanche après-midi, contre les Tiger-Cats de Hamilton. Le gagnant accédera au match de la coupe Grey le week-end suivant à Edmonton contre les Blue Bombers de Winnipeg ou les Stampeders de Calgary.

« Je ne vais pas te mentir. Il faisait froid... Je peux te dire que nous n’avons pas ce genre de conditions météorologiques au Texas, a lancé en riant le vétéran bloqueur Sir Vincent Rogers, qui est natif de Houston.

«La bonne nouvelle, c’est qu’il doit faire plus chaud ici dans les prochains jours», a-t-il enchaîné.

Un peu plus tôt, Pruneau avait rappelé que le Rouge et Noir a excellé auparavant quand dame Nature se déchaîne.

Il y a eu la victoire dans la neige en finale de l’Est en 2016. L’année précédente, le froid n’avait pas empêché la franchise de gagner contre Hamilton à la Place TD. Puis cette saison, l’équipe a écrasé les Ti-Cats dans la pluie et le vent.

«Nous avons une équipe construite pour ce genre de températures. Tu l’as vu dès le début de l’entraînement. L’énergie était au rendez-vous», a fait valoir Pruneau.

Pas question à ses yeux de se plaindre.

«C’est un privilège de jouer au football à ce temps-ci de l’année. Tout le monde est heureux», a assuré le vétéran joueur québécois, qui renouera avec l’action après avoir raté les cinq derniers matches.

Un des capitaines du Rouge et Noir, Antoine Pruneau s’était fracturé le pouce de la main droite. Son retour au jeu va coïncider avec celui du garde Nolan MacMillan.

Les champions de la division Est devraient miser enfin sur un alignement complet pour la première fois de la saison. Ça tombe bien. Ce sera en vue du match le plus important.

Depuis la première partie de 2018, l’équipe a toujours été privée de deux ou trois morceaux importants. «Surtout des joueurs canadiens», a rappelé l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Nolan MacMillan et Ettore Lattanzio avaient entamé le calendrier régulier à l’infirmerie. Même chose pour Jason Lauzon-Séguin qui devait être le bloqueur partant à la droite de la ligne offensive.

Puis Pruneau est tombé au combat. C’est sans compter les absences des Avery Ellis, Anthony Cioffi, Kevin Brown et Kyris Hebert. Tous des joueurs en défensive.

«Pour la première fois de l’année, nous aurons des options à notre disposition, a reconnu le directeur général Marcel Desjardins.

«Ce sera excitant de voir ce que nous pouvons faire avec tout le monde en uniforme», a soutenu le receveur Greg Ellingson.

Quant aux Tiger-Cats, ils se pointeront à Ottawa un brin amochés.

Quatre de leurs cinq receveurs partants ont subi des blessures majeures au fil des dernières semaines, dont les rapides Brandon Banks et Chris Williams.

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LES MÊMES DOUTES QUE BURRIS

Les finales de l’Est se suivent et se ressemblent pour le Rouge et Noir. Plusieurs observateurs expriment des doutes à nouveau au sujet du quart-arrière de l’équipe.

En 2015 et 2016, ils étaient nombreux à rappeler que Henry Burris était autant capable du meilleur que du pire. On sait ce qui s’est produit. Le futur membre du Temple de la renommée a mené les siens à la victoire.

Cette fois-ci, les mêmes personnes jugent que le prochain match déterminera si Trevor Harris, qui a succédé à Burris, s’avère un quart-arrière élite ou non dans la Ligue canadienne de football (LCF). Est-il capable de gagner quand ça compte ?

Le principal intéressé, qui en sera seulement à un deuxième match éliminatoire en carrière, se fout bien de cette discussion.

«Vous [les médias] pouvez devenir rapidement une source de distraction, a soutenu Harris, qui a présenté le plus haut pourcentage de passes complétées dans la LCF en saison régulière.

«Je n’aborde pas la finale de l’Est de façon différente. Je me prépare toujours le mieux possible. Rien n’a changé cette semaine.»

Le receveur Brad Sinopoli a insisté sur le fait que le numéro 7 ne lésine jamais sur la préparation. Il a vanté à quel point le quart-arrière américain investit des heures pour décortiquer l’adversaire dans les jours qui précédent une partie.

«Je ne me considère pas le quart le plus talentueux. Donc, je mise sur une bonne préparation, sur une bonne précision dans mes passes et mes instincts pour réussir sur le terrain, a expliqué Trevor Harris, entouré de journalistes.

«Je ne suis pas inquiet, a ajouté le demi William Powell.

«Trevor va livrer une grosse performance. Il fait preuve de confiance. Tu le vois en ce moment. Il est si concentré et si bien préparé. Ça sert d’exemple aux autres joueurs.»