Jean-Christophe Beaulieu n’aime pas les blagues qu’il entend au sujet du Rouge et Noir d’Ottawa. « Ne commencez pas avec ça », répond-il quand on compare son équipe aux Alouettes de Montréal.

Le Rouge et Noir ressemble aux Alouettes... de 2018

Pas facile d’être un joueur du Rouge et Noir ces jours-ci. Jean-Christophe Beaulieu en sait quelque chose. Il se fait taquiner en raison des insuccès du Rouge et Noir.

Les finalistes de la coupe Grey ont perdu six de leurs sept dernières parties après avoir entamé le calendrier régulier avec deux victoires impressionnantes. Ils occupent le troisième rang de la division Est avec une fiche de 3-6 derrière les Tiger-Cats de Hamilton et les Alouettes de Montréal.

Les mêmes Alouettes qui étaient la risée de la LCF lors des quatre saisons précédentes.

«C’est la blague en ce moment. Je me fais dire : coudonc, est-ce que vous êtes devenus les Alouettes à Ottawa», a relaté le centre-arrière québécois du Rouge et Noir.

La réponse qu’offre Beaulieu du tac au tac ?

«Ne commencez pas avec ça. Nous avons une meilleure équipe que ça. Nous avons de bons joueurs, de bons coaches. Il ne manque que la colle pour réunir tous les éléments. Il faut trouver la bonne... Nous allons pouvoir remonter la pente.»

Directions opposées

Ça commence samedi soir à Régina où deux équipes qui vont dans des directions opposées s’affronteront.

Si ça va mal chez le Rouge et Noir, les Roughriders de la Saskatchewan, eux, ont gagné quatre matches de suite. Ils ont subi une seule défaite à leurs six dernières sorties.

Les deux clubs s’étaient affrontés en juin à la Place TD. Ottawa avait gagné un festival offensif par la marque de 44-41.

Beaulieu s’en souvient encore bien. Il avait marqué un touché.

Tout allait alors bien chez le Rouge et Noir. Tout le monde vantait l’attaque qui avait inscrit 76 points lors des deux premiers matches. Depuis les six dernières parties, la même attaque a produit 85 points.

«C’est sûr qu’il y a quelque chose qui ne marche pas», a soutenu Beaulieu.

«Je ne sais pas si nous donnons trop d’indices à l’adversaire sur les jeux que nous apprêtons à faire ou si l’autre équipe lit simplement très bien les jeux... Ce que je sais par contre, c’est que nous commettons trop d’erreurs. Quand ce n’est pas une interception, nous échappons le ballon. Nous avons commencé trop souvent les parties en donnant rapidement le ballon à l’autre équipe.»

Le vétéran de six saisons insiste sur le fait que le moral demeure «bon» au sein de l’équipe malgré l’été difficile vécu par le Rouge et Noir.

«Il y a des choses que nous faisons bien. Nous protégeons bien le quart-arrière», a-t-il noté.

«Puis ce sont des parties serrées. C’est tout le temps un ou deux qui fait la différence entre la victoire et la défaite.»

Ce fut le cas notamment dans les revers contre Edmonton et Calgary.

«Il faut juste trouver une façon de marquer un touché ou deux de plus», a reconnu l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Ce dernier a préparé l’attaque en vue de la foule bruyante qui l’attendra à Régina dans les prochaines heures. L’équipe s’est entraînée en écoutant de la musique à tue-tête au stade dans la dernière semaine.

À un certain moment, on a entendu la chanson Zombie du groupe The Cranberries lorsque l’attaque a pris le ballon...

«Nous sommes prêts pour l’environnement hostile que tu retrouves dans ce stade-là. Moi, j’adore jouer quand il y a du bruit», a assuré Jean-Christophe Beaulieu.

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AMOCHÉ PLUS QUE JAMAIS

Le Rouge et Noir est débarqué amoché, vendredi après-midi, dans les Prairies.

L’équipe sera privée de 17 joueurs en raison de blessures, dont 14 se retrouvent sur la liste des blessés pour un minimum de six parties. Le nom du secondeur Shaheed «Diesel» Salmon est le plus récent à se joindre au groupe. «Je n’ai jamais rien vu de la sorte... et ce sont des blessures assez majeures», a reconnu l’entraîneur-chef Rick Campbell à la veille du match des siens contre les Roughriders de la Saskatchewan.

La saison du demi de coin Jonathan Rose et Danny Masson serait notamment terminée. Il faudra patienter aussi avant de revoir les Lauzon-Séguin et Tindal. Ce sont 70 joueurs qui ont disputé au moins une partie dans l’uniforme du Rouge et Noir en 2019. Il s’agit d’un sommet dans la LCF. L’équipe a fait appel à 41 partants différents.

Cette fois-ci, deux autres joueurs effectueront leurs débuts dans l’uniforme rouge et noir. La recrue Wesley Lewis, un receveur canadien de 6’5’’ et 218 livres repêché en cinquième ronde en mai, évoluera au sein des unités spéciales. Même scénario pour le secondeur canadien Brandon Calver, embauché lundi par l’organisation.

«Tu ne peux jamais te servir des blessures comme excuse», a soutenu Campbell en faisant allusion aux insuccès des siens.

«Tu te sens mal pour ces joueurs qui se blessent après avoir fait tant d’efforts. Mais toutes ces blessures, ça nous empêche d’avoir de la stabilité au sein de l’alignement. Quand il y a toujours des changements, tes unités ne peuvent pas s’améliorer aussi vite que tu l’aimerais.»