La recrue John Crockett vivra son baptême de feu de la LCF samedi après-midi alors que le Rouge et Noir affrontera les Alouettes samedi après-midi.

Le Rouge et Noir plus vite que les Oiseaux ?

Le Rouge et Noir d’Ottawa a remporté une quarantaine de matches, depuis 2014. Près de 25 % des victoires ont été acquises aux dépens des Alouettes de Montréal.

Il n’existe pas une seule recette, au football, pour dominer un adversaire.

Pour ajouter à sa longue liste de succès contre le club québécois, samedi après-midi, Rick Campbell misera sur la vitesse.

L’entraîneur-chef d’Ottawa utilisera deux demis à l’attaque.

La recrue John Crockett, une des révélations du dernier camp d’entraînement, vivra son baptême de feu de la Ligue canadienne de football (LCF).

Il devrait porter le ballon au même titre que le vétéran Mossis Madu.

« Nous allons les utiliser tous les deux. Nous sommes bien contents d’avoir trouvé assez de place pour deux porteurs de ballon américains dans notre formation », expliquait Campbell au terme de la dernière séance d’entraînement de la semaine, vendredi midi.

« J’étais prêt à donner à John sa chance depuis le tout début de la saison. Mais vous savez, comme moi, que la préparation d’une formation dans la LCF, c’est souvent un exercice de jonglerie. Il n’est pas toujours évident de trouver de la place pour tout le monde. »

« Vous avez raison. Il s’est fort bien débrouillé durant les matches préparatoires. Nous sommes très contents de lui offrir cette nouvelle opportunité. »

Crockett s’est adressé les médias avant de quitter le terrain.

Une courte conversation qui a pris fin quand il a poussé un grand cri de joie.

Il n’est pas facile pour un porteur américain de se trouver une niche. Ce n’est pas simple au Canada. C’est tout aussi difficile aux États-Unis.

Après avoir connu une saison mémorable de 1994 verges gagnées, à l’Université du Dakota du Nord, il a tenté sa chance dans la NFL. Il y a passé trois saisons. Au total, il a participé à deux matches. Il a touché au ballon neuf fois.

Il croyait bien que l’Alliance of American Football (AAF) lui ouvrirait des portes. Il a réussi à se tailler une place chez les Hotshots de l’Arizona, au terme de leur premier camp d’entraînement. Il s’est cependant blessé. Il n’a pas eu le temps de guérir, la ligue a cessé ses activités.

« La vie a le don de nous lancer des balles courbes. Il faut savoir s’adapter. Il faut contrôler ce qu’on peut contrôler. Pour le reste, il faut faire face aux défis avec la meilleure attitude possible. Il faut travailler fort », dit-il.

Campbell croit que Crockett ressemble un peu à Madu, dans la mesure où la polyvalence constitue son principal atout.

« Nous pouvons lui demander de bloquer, de capter des ballons dans le champ arrière, de courir... »

« Mais ce que j’aime particulièrement, de John, c’est qu’il est affamé », complète-t-il.

À 27 ans, il attend toujours de vraiment débuter sa carrière dans le football professionnel.

On peut comprendre sa hâte.

« C’est un cliché, mais pour survivre dans ce monde, il faut pratiquement être un chien affamé. Tout le monde veut jouer, mais il n’y a qu’un ballon. Si tu n’es pas un peu en rogne quand tu sautes sur le terrain, quelqu’un prendra ta place. »

Crockett jure qu’on ne lui a pas trop parlé du rôle qu’il va jouer.

« Peu importe. Je vais essayer de bousculer un peu les choses. »

Coup de fil de Diontae

Parlant de vitesse...

On s’inquiète un peu de R.J. Harris, parce qu’il aura un emploi du temps plutôt chargé.

En plus d’agir à titre de receveur éloigné, il devra effectuer les retours de botté contre Montréal.

Ceux qui pensent que c’est trop de travail pour un seul homme oublient que Diontae Spencer a cumulé les deux rôles, l’été dernier.

« Diontae m’a passé un coup de fil, justement. Je vous épargne les détails de notre conversation, mais il m’a dit que j’étais capable de le faire aussi », a révélé Harris.