Le Rouge et Noir a appris une mauvaise nouvelle lundi : Moton Hopkins ne sera pas de retour avec l'équipe. « Tu en rencontres très peu des gens comme lui dans la vie », regrettait Patrick Lavoie.

Le Rouge et Noir perd un de ses joueurs les plus populaires

Le ciel était gris. Il y avait déluge, lundi matin, sur la Place TD. Et surtout, les vétérans du Rouge et Noir pleuraient le départ d'un membre de l'édition originale.
Le plaqueur Moton Hopkins a annoncé sa retraite avant cette deuxième journée du camp d'entraînement. Il avait fêté ses 30 ans lors de la victoire de l'équipe en finale de l'Est, le 20 novembre, contre les Eskimos d'Edmonton.
Une semaine plus tard, un Hopkins amoché par les blessures versait des larmes en soulevant la coupe Grey pour la première fois de sa carrière à Toronto.
« C'est dur de perdre un gars comme lui qui était aimé par tout le monde, qui apportait beaucoup d'énergie positive dans le vestiaire. Déjà que nous avons perdu Henry Burris, qui a pris sa retraite durant l'hiver », a soutenu le centre-arrière Patrick Lavoie, qui a côtoyé le joueur américain lors des cinq dernières saisons. D'abord pendant deux ans à Montréal chez les Alouettes.
Puis depuis ce jour de décembre 2013 lorsque le Rouge et Noir a réclamé la paire au repêchage d'expansion.
« Moton, c'est une personne que tu veux comme ami, a témoigné Lavoie. Tu en rencontres très peu de gens comme lui dans la vie. Il est toujours prêt à t'aider, et non seulement au football. Même si tu as un problème à la maison, il est là aussi pour toi. Il y a une raison pourquoi il était un de nos capitaines et aussi notre représentant au sein de l'Association des joueurs. Tout le monde avait confiance en lui. »
Hopkins, qui fait 6'2'' et 277 livres, a disputé 35 parties en trois saisons chez le Rouge et Noir, dont 17 en 2015 lorsqu'il a réussi 25 plaqués dont cinq sacs. « C'était un dude puissant sur le jeu. Il n'était jamais agréable de jouer contre lui, a souligné Connor Williams, qui évoluait à ses côtés au sein de la ligne défensive.
«Mais surtout, il avait un impact encore plus important dans la communauté. Tu le voyais partout, sourire aux lèvres, dans diverses activités. Il a donné tellement de son temps. C'est pourquoi les amateurs l'aimaient aussi. Il s'avère l'exemple à suivre pour tous les joueurs de cette équipe-ci.»
Hopkins était actif notamment dans une chorale d'Ottawa. Il a aussi participé à des campagnes de sensibilisation pour l'autisme, qui affecte son jeune frère.
Remiser épaulettes et casque «n'est pas facile», a reconnu le principal intéressé. La décision a été prise dimanche au lendemain des tests médicaux annuels menés par le Rouge et Noir.
Hopkins n'a pas voulu dire s'il avait échoué à ces examens. Il a répété que son corps a été malmené au fil des ans. «Que ça fait déjà un bout que je réfléchis à mon avenir, a-t-il précisé.
«Ma mère sera contente que j'arrête», a avoué en riant le natif de la Floride. Ce dernier n'avait pas joué en 2012 en raison d'un caillot de sang.
L'an dernier, une fracture à un poignet avant le début de la saison régulière lui a coûté plusieurs parties. Puis il y a cette double hernie sportive qui l'a fait souffrir à l'automne et nécessitée une intervention chirurgicale durant l'hiver.
«À la fin, je jouais avec l'équivalent de deux trous dans mon abdomen», a-t-il expliqué.
Pour l'instant, Moton Hopkins restera à Ottawa, patelin de sa copine Rebecca. Puis le Rouge et Noir le mettra à l'essai en tant qu'aide-entraîneur au sein de la ligne défensive.
L'organisation économisera peu d'argent à la suite de cette retraite. Le joueur avait accepté une nouvelle entente en mars qui lui aurait rapporté moins d'argent que la saison précédente, dit-on en coulisses.