Le centre-arrière Jean-Christophe Beaulieu et ses coéquipiers du Rouge et Noir ont participé à un premier entraînement, mercredi à Edmonton, en vue du match de la coupe Grey.

Le Rouge et Noir passe au confessionnal

EDMONTON — Confidences, sourires et trémolos dans la gorge étaient au menu du Rouge et Noir après sa première séance d’entraînement, mercredi matin, en vue de la 106e édition du match de la coupe Grey.

Trevor Harris a raconté comment il a failli accrocher ses épaulettes à deux reprises en 2012 puis en 2014. « Pour devenir coordonnateur à l’attaque à mon alma mater à Old Dominion où j’aurais dirigé mon frère qui allait être quart-arrière, a-t-il relaté.

« J’étais alors tanné de passer dans la machine à laver du football professionnel. Ça faisait six équipes pour lesquelles j’avais joué en seulement quelques années. Puis j’ai décidé de me donner une dernière nuit de sommeil pour y penser. »

Harris s’avère maintenant un des meilleurs quarts de la LCF et pourrait mener son équipe à un deuxième titre en trois ans, dimanche, contre les Stampeders de Calgary.

Un peu plus tôt dans la journée, Sherrod Baltimore disait savourer sa première présence en carrière à un match de championnat.

Auteur de trois interceptions lors des quatre derniers matches, le demi de coin américain de 5’10’’ et 175 livres a grandi dans un quartier violent de Washington. Il a déjà été giflé à la bouche durant son adolescence avec un pistolet tenu par un étranger. « L’adversité, elle ne se trouve pas sur le terrain, a-t-il lancé à une poignée de journalistes.

« Je l’ai vécu plus jeune. C’est de ne pas savoir si tu auras quelque chose à manger sur la table, si tu seras en sécurité. »

Le vétéran secondeur Kyries Hebert a dû répondre à des questions au sujet de sa réputation de joueur salaud. Un de ses plaqués a blessé sérieusement en 2014 l’ancien porteur de ballon des Stampeders de Calgary, Jon Cornish.

Ce qui a mené les partisans des Stampeders à le huer lors de chacune de ses parties contre leurs favoris. Ça ne devrait pas changer dimanche au stade du Commonwealth.

Hebert conservera son style de jeu agressif. « On ne m’appelle pas l’Oiseau heureux. Je dois jouer fâcher. C’est pourquoi on me surnomme l’Oiseau fâché », a-t-il dit.

Puis il a été question de ses performances encore relevées malgré ses 38 ans. Il a réussi sept plaqués en finale de l’Est.

Son secret ? Du fast food. Plus précisément les produits de Ronald McDonald.

« Je pourrais peut-être obtenir une commandite pour ça ! Honnêtement, c’est la seule chose qui n’a pas changé dans ma diète au fil des ans. Sûrement que j’ai hérité de bons gènes aussi ! Mais je dois dire que je travaille fort. Mon entraîneuse personnelle ne m’a jamais imposé le même exercice deux séances de suite en six ans. »

À ses côtés sur le podium aménagé par la Ligue canadienne de football (LCF), le plaqueur Michael Klassen s’est dit excité à l’idée d’affronter son ancienne équipe. Il a participé au match de la Coupe Grey chez les Stamps en 2017.

« Je ne le cacherai pas. J’étais déçu quand l’équipe a décidé de ne pas renouveler mon contrat au début de l’année, a raconté le joueur de ligne défensive. Mais une porte s’est ouverte à Ottawa. Je suis heureux chez le Rouge et Noir. »

Puis le dossier Jonathan Rose est revenu sur le tapis. Le demi de coin se retrouve dans l’actualité depuis quatre jours après avoir bousculé un officiel en finale de l’Est.

Ce geste lui a valu une suspension d’un match, mais tout indique qu’il pourra quand même jouer contre Calgary.

« Il [Rose] possède la meilleure coupe de cheveux de l’équipe. J’adore ses dents plaquées d’or, a lancé à la blague Kyries Hebert au sujet de son jeune coéquipier plongé dans la controverse.

« C’est un sapré bon demi de coin, a-t-il enchaîné plus sérieusement. Ça serait bien de miser sur lui sur le terrain ce dimanche. »

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EN BREF

Devenu une distraction, Rose s’excuse

Jonathan Rose le sait bien. Ses coéquipiers ont dû répondre ces derniers jours à des questions au sujet de sa suspension d’une partie pour avoir bousculé un officiel. Le demi de coin a pris le soin de s’excuser à l’équipe une fois de plus dans les dernières heures. «Je ne voulais pas devenir une distraction cette semaine. Je leur ai dit que la dernière chose que je tenais à faire, c’est compromettre nos chances de succès», a-t-il soutenu, mercredi, après avoir participé à l’entraînement des siens. Il s’est aligné au sein de la première unité défensive du Rouge et Noir. «S’il est admissible, il va jouer», a répété l’entraîneur-chef Rick Campbell. Rose a fait appel de la décision de la LCF. Reste à voir quand sa cause sera entendue. En coulisse, on doute que ce soit dans les prochains jours, ce qui lui permettrait de jouer dimanche au match de la Coupe Grey. «J’espère obtenir une réponse vendredi, mais ça pourrait aller au matin de la partie... En fait, je n’ai aucune idée comment ça se passe tout ce processus», a indiqué Rose. Ce dernier a dû admettre que ce n’est pas la première fois qu’il est suspendu. Il a été puni dans la NCAA pour avoir violé des règlements d’équipe chez les Cornhuskers du Nebraska en 2015, quelques mois avant de s’amener à Ottawa.

Promotion pour un joueur gatinois des Stamps

William Langlais termine déjà sa quatrième saison en carrière dans la LCF, mais le centre-arrière natif de Hull s’avère toujours à la recherche de son premier touché en carrière. Pourquoi pas ce dimanche lors de la partie la plus importante de l’année? «Je l’espère», a avoué le joueur des Stampeders de Calgary, qui participera au match de la coupe Grey pour une troisième année de suite. Est-ce qu’il se sent privilégié de participer aussi souvent à la finale de la ligue? Oui et non. «Ce n’est jamais plaisant de finir deuxième. Le but, c’est de gagner. De passer si près, ça fait mal», a-t-il rappelé, faisant allusion aux défaites des siens en 2016 puis 2017. Plus que jamais, les champions de l’Ouest font appel à Langlais à l’attaque. Jadis confiné dans un rôle au sein des unités spéciales, il a remplacé le retraité Rob Cote en tant que centre-arrière partant. Il a capté six passes pour 105 verges en 16 parties en 2018, étant surtout utilisé pour bloquer et protéger le quart-arrière Bo Levi Mitchell. Il a toutefois échappé une passe en finale de l’Ouest contre les Blue Bombers de Winnipeg. «C’est le genre de petits jeux que nous devons faire en fin de semaine pour gagner», a dit Langlais.