Trevor Harris

Le Rouge et Noir «ne peut pas perdre» Harris

Les amateurs du Rouge et Noir sont nerveux. Il ne reste qu’une semaine à leur équipe pour s’entendre avec Trevor Harris dont l’avenir à Ottawa semble plus nébuleux que jamais.

Les finalistes de la coupe Grey pourraient bien perdre leur quart-arrière vedette lorsque le marché des joueurs autonomes de la Ligue canadienne de football (LCF) ouvrira ses portes le 12 février sur le coup de midi. L’Américain âgé de 32 ans sera alors un des noms les plus convoités après avoir dépassé le cap des 5000 verges pour la première fois de sa carrière, la saison dernière ;

Ce qui inquiète ces partisans ?

Le clan Harris se montre discret depuis la fin novembre. Le principal intéressé n’a accordé aucune entrevue depuis qu’il a clamé son désir de compléter sa carrière à Ottawa. Son agent, lui, n’a pas donné suite aux demandes du Droit dans les derniers jours.

Les négociations semblent au neutre. Le DG Marcel Desjardins ne déborde pas d’enthousiasme quand vient le temps de discuter de ce dossier depuis un mois.

À travers la LCF, on suit attentivement ce qui se passe dans la capitale.

L’organisation ayant participé à la finale à trois reprises lors des quatre dernières années pourrait encaisser un dur coup. Harris a réussi 52 passes de touché tout en étant victime de seulement 22 interceptions à ses deux premières saisons en tant que quart arrière partant numéro un.

« Oui, je serais nerveux être eux, avoue l’ancien joueur devenu analyste à RDS, Mathieu Proulx, en parlant des dirigeants du Rouge et Noir.

«Ils ne peuvent pas se permettre de perdre Harris. Certains partisans l’aiment, d’autres non. Il ne fait pas l’unanimité. Sauf que c’est un des meilleurs quarts de la ligue quand il se trouve dans la "zone".»

Proulx rappelle à quel point la position de quart-arrière s’avère cruciale. Surtout dans la LCF où l’accent est mis sur le jeu aérien depuis quatre ans.

«Quand tu as un bon quart, tu possèdes une chance de gagner chaque match, souligne-t-il.

«Tu l’as vu ces dernières années avec les équipes qui ont eu de la difficulté... Quand Montréal n’a pas été capable de remplacer Anthony Calvillo... Quand Toronto a perdu Ricky Ray.»

Ajoutez à cela que les solutions de rechange ne s’avèrent nullement alléchantes sur le marché des joueurs autonomes. Les Travis Lulay et Zach Collaros ont connu du succès, mais ils passent plus de temps à l’infirmerie que sur un terrain de football depuis trois ans. Quant à Jonathon Jennings, il a oublié comment lancer un ballon.

Il y a bien Mike Reilly et Bo Levi Mitchell, deux autres quarts étoiles, qui peuvent devenir joueurs autonomes.

Mais on dit que le premier serait tenté de quitter Edmonton pour Vancouver afin de renouer avec ses anciens patrons passés des Eskimos aux Lions. Puis le second espère se dénicher un emploi dans la NFL.

Proulx croit que Harris attend de voir combien touchera Reilly avant de signer son prochain contrat. Puis il y a le fait que la convention collective de la LCF vient à échéance.

Le rehaussement du plafond salarial pourrait signifier plus d’argent pour les vedettes du circuit.

Reilly a gagné plus de 500 000 $ la saison dernière. En coulisses, on dit que Harris veut empocher plus d’un demi-million à son tour en 2019.

«Ça ne me dérangerait pas de payer plus cher en tant que DG pour garder un joueur chez nous à la position de quart», soutient Matthieu Proulx.

Quitte à verser moins d’argent par exemple à des receveurs.

«Je me fierais ensuite à l’équipe de dépisteurs pour trouver de bons morceaux moins chers à d’autres positions», fait valoir l’ancien maraudeur des Alouettes de Montréal.

Et si jamais Trevor Harris quitte Ottawa ? Où pourrait-il aboutir ? Edmonton et Régina viennent en tête.

Les Eskimos sont dirigés par Jason Maas qui a été l’entraîneur des quarts de 2012 à 2014 à Toronto quand Harris s’est pointé chez les Argos. Les Riders, eux, viennent de nommer Jeremy O’Day en tant que directeur général. Harris et lui partagent le même alma mater dans les rangs collégiaux, Edinboro University.

Des liens qui n’ont pas échappé à ces amateurs nerveux du Rouge et Noir.