Le Rouge et Noir a encaissé une cuisante défaite de 21-11 contre les Alouettes, vendredi.

Le Rouge et Noir humilié

Il faut croire que la semaine de repos n’aura pas été profitable au Rouge et Noir d’Ottawa.

Après avoir été impitoyable contre les Blue Bombers de Winnipeg il y a deux semaines dans une victoire sans équivoque, il est rentré à la maison pour offrir une prestation gênante contre la pire équipe de la Ligue canadienne de football.

Les Alouettes ont signé une deuxième victoire consécutive en l’emportant 21-11 devant 25 132 spectateurs qui sont restés sur leur appétit à la Place TD vendredi soir. Jamais ils n’ont pu applaudir un touché de leurs favoris. Quant aux Montréalais (3-8), ils ont probablement trouvé un quart-arrière numéro un.

Pour un deuxième match de suite, c’est la recrue Antonio Pipkin qui a mené l’attaque des Oiseaux. Ceux-ci avaient pourtant payé le gros prix pour aller chercher l’énigmatique Johnny Manziel dans une transaction avec les Tiger Cats de Hamilton. Victime d’une commotion cérébrale à son dernier match contre Ottawa il y a trois semaines, Johnny Football était prêt à reprendre l’action vendredi, mais Pipkin ne lui a pas laissé la chance de fouler le terrain.

Il a complété 18 de ses 27 passes pour un total de 242 verges, mais il a aussi été victime de deux interceptions et trois sacs du quart. Une controverse de quarts-arrière à Montréal se pointe-t-elle à l’horizon ?

Pipkin a lui-même inscrit le seul touché du match à la toute fin du troisième quart. Brad Sinopoli croyait avoir été le premier à se rendre dans la zone payante avec le ballon dans les mains pour créer l’égalité 10-10 au troisième quart, mais la révision vidéo a déterminé que la passe de Trevor Harris avait touché le sol avant d’être captée. Le Rouge et Noir (6-4) n’a pas été capable de reproduire le touché à la reprise.

D’ailleurs, Harris n’a jamais été l’ombre de lui-même dans la défaite où il n’affichait pas sa même maîtrise qu’à ses derniers matches. Habituellement à son meilleur contre les Alouettes, il a subi un deuxième revers en dix matches contre les Oiseaux. Menotté toute la soirée par la défensive adverse, il n’a complété que 53 % de ses passes (25 en 47 pour 270 verges).

L’offensive ottavienne n’a rien fait qui vaille de la partie. Elle avait même trouvé le moyen d’endormir les partisans par son manque d’énergie, d’entrain et de dynamisme. Les visiteurs semblaient beaucoup plus motivés par la victoire. Quand les locaux ont eu besoin de l’appui de la foule, les joueurs sur le terrain ont été obligés de leur demander de faire du bruit pour les encourager... Jamais un bon signe.

Seul le festival des pénalités des visiteurs a tenu les locaux dans le coup. À la fin, fidèle à l’image du match, Trevor Harris n’a pu compléter trois passes de suite alors qu’il était à la porte des buts. Le stade s’est vidé après cette séquence avec deux minutes à jouer. Il y avait des limites à endurer un aussi triste spectacle.

Sur une bonne note, le botteur recrue Lewis Ward a conservé sa séquence intacte de placements réussis. Il en a réalisé trois dans la défaite pour porter sa séquence à 27 de suite. Le record de la LCF est de 30. Malheureusement, ses coéquipiers ont mis du temps à le placer en position de marquer des points. Il a pu faire son premier placement à la fin de la première demie.

« Nous avons laissé notre défensive trop longtemps sur le terrain. Ç’a affecté notre rythme tout au long de la partie », a d’ailleurs indiqué le receveur de passe Greg Ellingson.

Autre fait à noter, pour la première fois depuis l’arrivée du Rouge et Noir dans la LCF, le joueur de ligne défensive Jon Gott n’a pas été employé par ses entraîneurs alors qu’il était en parfaite santé.

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CAMPBELL GARDE SON CALME

L’entraîneur-chef du Rouge et Noir aurait pu se morfondre après avoir vu ses équipiers s’enliser contre les Alouettes de Montréal à leur retour à la Place TD vendredi soir.

Il a préféré attendre de visionner la bande du match avant de jeter la pierre à qui que ce soit.

« Nous avons joué trois fois contre Montréal cette année. Nous avions gagné les deux premiers matches. Ils avaient été très serrés. À la fin, ce n’est qu’une couple de jeux qui ont fait la différence. Ils les ont faits. Pas nous. Il faut leur rendre crédit. Ils ont fait le travail dans les moments clés », a dit Rick Campbell.

Appelé à expliquer la lamentable prestation de ses joueurs contre les Alouettes par rapport à leur match sans faille contre Winnipeg deux semaines plus tôt, Campbell a simplement répondu qu’il demandait toujours à ses joueurs de ne pas tenir compte des commentaires trop élogieux quand ça va bien et de ne pas trop s’en faire avec les commentaires destructeurs quand ça va mal.

« La vérité se trouve habituellement quelque part entre les deux. Il nous reste huit matches à jouer. Nous sommes en bonne position avec six victoires et quatre défaites. Nous avons encore beaucoup de travail à faire, mais il reste huit matches pour y arriver. Toutes les équipes de notre ligue ont perdu au moins quatre matches sauf Calgary. Les autres équipes sont bonnes aussi. Ce soir, nous n’avons pas été assez bons pour gagner. J’avais pourtant aimé notre semaine d’entraînement. »

Capteur de huit passes dans la défaite, Greg Ellingson demeurait aussi posé que son entraîneur.

« Nous sommes toujours premiers dans la division est. Il reste encore beaucoup de football à jouer. Nous avons frappé un obstacle sur la route. Nous allons faire les ajustements et rebondir. C’est dur à expliquer pourquoi nous n’étions pas aussi alertes qu’à Winnipeg. Nous sommes sortis à plat, surtout en première demie. Nous avons eu nos chances en deuxième demie. Il fallait être meilleur près de la zone payante. Nous n’avons pas complété le travail quand c’était le temps. »