Marco Dubois (89) s’amuse à sa première année dans la LCF. Un peu tout le monde le croyait destiné à un rôle au sein des unités spéciales, mais le Rouge et Noir l’a transformé en ailier rapproché.

Le Rouge et Noir encore snobé

Jamais une équipe de la LCF à Ottawa n’a connu une aussi bonne première moitié de saison depuis 40 ans. Mais malgré ses récents succès, le Rouge et Noir s’avère encore snobé ailleurs au pays.

« Quoi de neuf ? C’est comme ça depuis que je suis ici. Nous aurions pu gagner nos neuf premières parties et les gens douteraient de nous », a soutenu le demi de coin Jonathan Rose, qui dispute sa troisième saison dans la capitale nationale.

Au même moment où le volubile joueur s’exprimait, la Ligue canadienne de football (LCF) dévoilait les résultats d’un sondage de mi-saison mené auprès de 50 membres des médias. Un seul a choisi le Rouge et Noir comme éventuel gagnant de la coupe Grey.

Les Blue Bombers de Winnipeg (5-5) et les Tiger-Cats de Hamilton (4-5) ont aussi obtenu un vote chacun...

Pourtant, Ottawa montre une fiche de 6-3. Il faut remonter jusqu’en 1978 pour avoir vu mieux dans la région.

Les défunts Rough Riders avaient alors gagné sept de leurs neuf premières parties.

Le Rouge et Noir trône en ce moment au premier rang de la division Est. Son dossier aurait pu être meilleur s’il n’avait pas laissé filer une avance de 24 points contre Toronto plus tôt en août.

« Tout commence à cliquer, a reconnu Rose. Je pense que nous pourrions gagner tous nos matches d’ici la fin de la saison. »

Ce qui porterait la fiche de l’équipe à 15-3.

Depuis son retour dans la LCF en 2014, Ottawa a connu une seule saison régulière gagnante, remportant 12 de ses 18 parties en 2015. Il avait participé au match de la coupe Grey, s’inclinant contre Edmonton.

L’année suivante, il avait gagné la finale contre Calgary avoir avoir conservé pourtant un dossier décevant de 8-9-1.

Est-ce qu’il pourrait s’agir en ce moment de la meilleure mouture du Rouge et Noir ? L’entraîneur-chef Rick Campbell se montre prudent.

« Je n’aime pas effectuer des prédictions... Il reste encore beaucoup de temps pour écrire l’histoire de cette édition-ci, a-t-il fait valoir.

«Cela dit, nous sommes assez bons pour écrire une histoire intéressante.»

Ce que Campbell sait ?

«Depuis le début du camp d’entraînement, je dis sans cesse que j’aime ce groupe-ci. J’aime l’attitude et la combativité de nos joueurs. C’est un groupe très uni.»

À preuve, le Rouge et Noir n’a pas hésité à se débarrasser de joueurs dont l’attitude hors du terrain ne lui aurait pas plu. Le secondeur Loucheiz Purifoy et le demi défensif Josh Johnson l’ont appris à leurs dépens malgré leur bon rendement durant les parties.

Le rendement de l’équipe détonne par rapport à pareille date l’an dernier.

C’était la panique à Ottawa. Le Rouge et Noir n’avait déjà plus le droit à l’erreur après avoir gagné seulement un seul de ses huit premiers matches.

«Il faut demeurer alerte car n’importe qui peut te battre dans cette ligue», a rappelé Campbell.

À preuve, ses joueurs ont eu besoin de tout leur petit change, il y a trois semaines, pour vaincre le pire club de la LCF, les Alouettes de Montréal. Un touché de William Powell dans la dernière minute de jeu a fait la différence dans le gain de 24-17.

+

DUBOIS FAIT SA PLACE À L'ATTAQUE

Marco Dubois a passé la semaine de relâche à Québec. Il a rendu visite à ses anciens coéquipiers du Rouge et Or de l’université Laval qui complétaient leur camp d’entraînement.

Ses amis lui ont demandé comment se passait sa saison recrue à Ottawa. Comment il trouvait la vie dans la LCF.

Un petit deux qu’on lui a aussi jasé de ce jeu qui a bien failli se conclure par un premier touché en carrière chez les pros, il y a trois semaines, lors de la dernière visite des Alouettes de Montréal à la Place TD. Le quart substitut Dominique Davis a tenté de l’atteindre avec une passe dans la zone des buts sur le dernier jeu de la première demie, mais le ballon a été rabattu par un joueur adverse au dernier instant.

«Le demi de coin a fait le jeu intelligent sur la séquence», a analysé Dubois.

Le choix de deuxième ronde du Rouge et Noir au dernier repêchage ne s’en fait pas. Ce n’est que partie remise. «C’est sûr que j’aurai d’autres occasions», a-t-il dit, assis dans le vestiaire de sa nouvelle équipe.

Ce dernier s’amuse à sa première année dans la LCF. Un peu tout le monde le croyait destiné à un rôle au sein des unités spéciales.

Sauf que le Rouge et Noir l’a utilisé ici et là en attaque, le mutant en ailier rapproché. Ce qui fait visiblement l’affaire du joueur québécois.

«On m’envoie sur le terrain pour 10 ou 15 jeux offensifs par match. Je pense que j’ai joué plus souvent à l’attaque ici en huit parties qu’en quatre ans à Laval.»

Marco Dubois passe une partie de chaque entraînement à peaufiner ses techniques de bloc en compagnie des centres-arrière Jean-Christophe Beaulieu et Anthony Gosselin. Et il démontre de plus en plus à l’entraînement que ses mains de receveurs s’avèrent fiables.

«Je crois dans mes habiletés à jouer à l’offensive dans cette ligue. De semaine en semaine, le jeu devient plus lent et plus facile pour moi.»

+

LEONARD PAGAIE SUR LE CANAL RIDEAU

A.C. Leonard rêve de taquiner le poisson en Outaouais. En attendant, il s’amuse à terroriser les quarts adverses.

Ça tombe bien. C’est pour ça que le Rouge et Noir l’a embauché à fort prix durant l’hiver.

Après un début de saison timide, l’ailier défensif natif de la Floride a réussi des sacs dans chacun des quatre derniers matches de l’équipe, portant son total à cinq. Ce qui égale sa production de la saison précédente à Régina en 17 parties.

A.C. Leonard

L’entraîneur-chef Rick Campbell ignorait ces statistiques. «Mais ça ne me surprend pas. On l’a remarqué sur bande vidéo. A.C. est de plus en plus actif dans le champ-arrière ennemi. Il est très explosif, a-t-il analysé.

«Quand il ne frappe pas le quart arrière adverse, il le force à bouger et précipiter sa passe, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour nous, a-t-il ajouté.

«Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas poursuivre sur cette lancée en deuxième moitié de saison.»

Leonard, 26 ans, disait avant le début de la saison qu’il aimerait bien doubler sa production de l’année précédente. Ces jours-ci, il affirme être en bonne santé après une semaine de repos passée en compagnie de sa copine à Ottawa.

«J’ai fait du canot pour la première fois de ma vie», a raconté le gaillard de 6’2’’ et 250 livres.

Les amoureux ont pagayé sur le canal Rideau.

À quel point il adoré?

«Je pourrais bien m’acheter un canot, a avoué Leonard, qui pêche beaucoup durant la saison morte en compagnie de ses enfants au sud de la frontière.

«Ce n’est que partie remise pour la pêche ici. Il nous reste une semaine de congé plus tard cette saison», a-t-il rappelé.