Le Rouge et Noir perd les services de son coordonnateur offensif Jaime Elizondo.

Le Rouge et Noir encaisse un autre dur coup

Non, ce n’était pas un poisson d’avril. Le Rouge et Noir avait le goût de tout faire lundi, sauf rire.

Dans un communiqué de presse, l’équipe a annoncé « l’abandon » de son coordonnateur offensif Jaime Elizondo, qui a démissionné à un mois et demi du début du camp d’entraînement à la Place TD. Un départ qui a eu l’effet d’un plaqué sournois aux yeux de la direction, qui n’a jamais vu venir le coup.

« J’ai l’impression d’avoir été trompé », a déploré l’entraîneur-chef Rick Campbell, visiblement frustré en entrevue au Droit.

Ce dernier a appris la nouvelle, vendredi après-midi, de la bouche même de son adjoint des trois dernières saisons. Elizondo se joindra à la future équipe de Tampa Bay de la XFL où il sera réuni à son ancien patron chez les Alouettes de Montréal, Marc Trestman.

« On venait de finir une autre journée de travail durant laquelle on préparait notre prochaine saison avec nos autres adjoints, a relaté Campbell. Rien ne me laissait présager cette annonce. Il m’a placé devant le fait accompli. Je n’ai même pas été contacté par l’autre équipe. Habituellement, une organisation va faire un appel de courtoisie afin de laisser savoir qu’elle s’intéresse à un de tes entraîneurs. »

Elizondo s’était joint au Rouge et Noir à la suite du départ de Jason Maas en décembre 2015, parti vers Edmonton dans la controverse. Sous son règne, l’attaque a été une des plus menaçantes, aidant l’organisation à gagner la coupe Grey en 2016.

Ce dernier était en demande l’hiver dernier. Les Lions de la Colombie-Britannique et les Argonauts de Toronto l’avaient courtisé en décembre au sujet de leur poste d’entraîneur-chef vacant.

Puis en janvier, les Roughriders de la Saskatchewan voulaient aussi lui jaser afin de remplacer Chris Jones. Mais le Rouge et Noir leur avait refusé la permission.

Une décision qui a miné la relation entre Elizondo et la direction, dit-on en coulisses.

Le démantèlement spectaculaire de l’attaque n’a sûrement pas aidé par la suite. L’équipe a perdu les services de son quart étoile, son porteur de ballon étoile, son bloqueur étoile de même que deux receveurs vedettes sur le marché des joueurs autonomes.

Le Rouge et Noir misait sur l’expertise d’Elizondo pour rebâtir cette attaque autour de deux jeunes quarts mobiles, Dominique Davis et Jonathon Jennings. Maintenant, qui relèvera ce défi ?

« C’est rare que tu voies un coach partir pour un autre emploi à six semaines d’un camp d’entraînement (...) Mais en même temps, je ne veux pas avoir des gens autour qui ne veulent pas travailler ici », a soutenu Rick Campbell.

Plus tard, l’entraîneur-chef a avoué que le « timing n’est pas bon ». Que « la façon dont tout ça s’est déroulé, ça ne sent pas bon ».

Campbell a passé les trois derniers jours au téléphone. D’abord pour rassurer ses joueurs puis afin de trouver un remplaçant.

« Une tâche pas facile à ce temps-ci de l’année puisque plusieurs entraîneurs ont déjà un emploi (...) C’est à moi de trouver le bon homme. »

Le nom de l’ancien entraîneur-chef des Gee Gees de l’Université d’Ottawa, Marcel Bellefeuille, a commencé à circuler à travers la LCF comme solution de rechange. Il était en lice pour devenir coordonnateur offensif à Toronto. Poste qui a été octroyé à Jacques Chapdelaine.

Bellefeuille habite à Ottawa. Il a longtemps été coordonnateur offensif dans la LCF, que ce soit à Régina, Montréal, Hamilton et Winnipeg.

Rick Campbell a soutenu que le remplaçant d’Elizondo devra être « un expert en quart-arrière ». Que le candidat choisi devra « s’adapter à nous et non le contraire ».

Le Rouge et Noir compte conserver le même cahier de jeux et « la même terminologie » que lors des dernières saisons. Surtout que certains de ses nouveaux joueurs avaient déjà commencé à se préparer en vue du camp d’entraînement.