Candidat au poste de bloqueur chez le Rouge et Noir, Stéphane Nembot s’avère un homme à multiples talents. Ce franco du Cameroun a déjà été un espoir de premier plan en basket-ball, étant recruté par UCLA avant d’opter pour le football. Il parle aussi 13 dialectes différents.

Le Rouge et Noir a son linguiste

Un moment, Stéphane Nembot passe de l’anglais au français pour échanger avec les membres de la « French Mafia » du Rouge et Noir. Plus tard, il discute en espagnol avec les trois joueurs mexicains repêchés par l’équipe.

Faites la connaissance du bloqueur de 6’6’’ et 318 livres qui possède l’histoire la plus captivante depuis le début du camp d’entraînement. Celle d’un homme de 27 ans qui a grandi au Cameroun, d’un type qui parle 13 dialectes différents.

Le récit d’un athlète francophone qui rêvait de jouer au basket-ball comme ses bons amis Pascal Siakam et Joel Embiid, devenus des vedettes de la NBA chez les Raptors de Toronto et les 76ers de Philadelphie. Il avait lui-même obtenu une bourse d’études à UCLA, alma mater des Kareem Abdul-Jabbar, Reggie Miller, Russell Westbrook et Lonzo Ball.

« Je suis arrivé aux États-Unis à l’âge de 16 ans. Puis à 18 ans, à ma dernière année au lycée, j’ai décidé d’essayer le football », a raconté Nembot, jeudi, après la séance d’entraînement des finalistes de la coupe Grey.

Les Buffaloes du Colorado l’ont attiré chez eux dans la NCAA. Puis la NFL l’a invité à son camp d’évaluation en 2016, ce qui lui a valu plus tard d’être embauché par les Ravens de Baltimore.

« J’ai passé deux ans dans la NFL avant qu’on mette fin à mon contrat en raison d’une blessure. Ça se passe comme ça là-bas. »

Du cartilage a été endommagé sévèrement dans son genou droit.

« Ça devait prendre au moins un an pour guérir. Ils (Ravens) n’avaient pas de temps pour attendre. Ils ont trouvé quelqu’un d’autre. »

À la Place TD, Nembot se retrouve sur un terrain de football pour la première fois depuis qu’il a été opéré en avril 2018.

« On m’avait dit que je ne jouerais peut-être même plus en raison de cette blessure. Mais j’ai réussi à trouver un bon chirurgien qui a inventé une méthode pour réparer ce genre de problème, il y a six ans. »

Le hic ? La patience serait de mise.

« Et je ne suis pas une personne trop patiente », a avoué le principal intéressé.

Son passage dans la LCF mettra à nouveau à l’essai sa patience. Il doit apprendre des règles différentes.

Puis il a toujours évolué en tant que bloqueur à droite. À Ottawa, on tente de le muter à gauche où un poste s’avère vacant.

« Il y a une grande différence. C’est comme toi. Tu es habitué de tout faire avec ta main droite et subitement, on te demande de tout faire maintenant avec ta main gauche. Ça demande une période d’adaptation. »

Stéphane Nembot apprend toutefois vite. Il s’avère une véritable éponge comme le démontrent ses talents de linguiste.

« Dans mon pays, chaque tribu a sa propre langue... Il y en a 260, a-t-il expliqué. Ma mère et mon père ne sont pas de la même tribu. C’est la même chose avec certains de mes cousins. »

À ses yeux, il devait maîtriser tous ces nouveaux dialectes. Ça évite notamment de possibles malentendus !

« Si tu ne veux pas qu’on dise du mal de toi dans tu vas visiter par exemple la tribu d’un oncle », précise-t-il en riant.

Tous ses proches demeurent encore au Cameroun. Il a dû se débrouiller seul à son arrivée en Amérique du Nord.

« Je suis retourné l’an dernier dans mon pays lorsque mon père est décédé. En ce moment, j’essaie de trouver une façon d’amener ma petite sœur au Canada pour ses études », a relaté le cadet de la famille Nembot.

Entre deux actitivés au camp d’entraînement du Rouge et Noir, ce dernier garde un œil sur le parcours de Siakam et des Raptors en finale de l’Association Est.

« Nous avons eu le même entraîneur de basket (...) On se parle encore. En fait, tous les athlètes professionnels qui sont originaires de Douala se connaissent bien. »

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L’ancien des Alouettes, Nicolas Boulay, se plaît dans son nouveau nid

Une autre journée au camp d’entraînement, une autre séance qui prend fin plus tôt que prévu à la Place TD. Ça fait l’affaire des nouveaux venus qui découvrent que l’instructeur-chef Rick Campbell n’aime pas s’éterniser sur un terrain de football.

«L’équipe gagne depuis plusieurs années. Tu ne peux pas dire que la formule ne marche pas», a fait valoir le secondeur Nicolas Boulay, qui a passé les six saisons précédentes à Montréal. Tanné de perdre chez les Alouettes, il a décidé de se joindre ce printemps au Rouge et Noir qui a participé au match de la coupe Grey à trois reprises depuis quatre ans.

«Plusieurs choses ont motivé ma décision. Je m’en vais déjà sur ma septième saison. Le temps avance. Ottawa était l’équipe qui m’offrait la meilleure occasion de connaître du succès tout de suite.»

Considéré un des meilleurs joueurs de la LCF au sein des unités spéciales, Boulay croit avoir visé juste en optant pour la capitale. «C’est ma cinquième journée ici et je me sens déjà chez moi. Ça se passe super bien. J’ai beaucoup de plaisir», a-t-il précisé.

À Ottawa,  l’athlète âgé de 29 ans a retrouvé avec son ami Jean-Christophe Beaulieu qui a été son coéquipier pendant quatre ans à l’Université de Sherbrooke puis cinq autres années chez les Alouettes. Les deux joueurs partageront un logement pendant les six prochains mois.

Ajoutez à cela que le coordonnateur défensif Noel Thorpe l’a déjà dirigé à Montréal. Même chose pour l’entraîneur des secondeurs, Mark Nelson.

«L’organisation a tout fait pour que je me sente le bienvenu. Elle est tellement professionnelle, du haut jusqu’en bas.»

Un truc a vite retenu son attention.

«Nous aurons quatre à cinq physiothérapeutes à temps plein durant la saison. C’est énorme. Les joueurs peuvent tous se faire traiter sans devoir attendre des heures. Tout est axé sur les joueurs ici. On s’occupe de nous. C’est le fun de faire partie d’une organisation de la sorte.»

Il n’y a pas que son uniforme qui a changé  en 2019. Sa vie personnelle aussi. Boulay s’est marié deux semaines avant le début du camp.