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Les sept joueurs locaux qui ont abouti dans quatre organisations rivales lors du repêchage de la LCF, mardi soir.
Les sept joueurs locaux qui ont abouti dans quatre organisations rivales lors du repêchage de la LCF, mardi soir.

Le Rouge et Noir a pigé ailleurs pour une rare fois

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Le Rouge et Noir a modifié les ingrédients de sa recette habituelle, mardi soir, en ne sélectionnant aucun joueur local ou du Québec lors du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF).

C’était seulement la troisième fois depuis 2013 que l’équipe levait le nez sur des produits d’Ottawa-Gatineau. Il a opté mardi soir pour cinq joueurs ontariens de la région de Toronto et un espoir des Prairies.

«Ce n’est pas comme si c’était notre intention», s’est défendu le directeur général Marcel Desjardins au Droit, au lendemain de l’encan annuel des joueurs universitaires.

Ce sont sept joueurs locaux qui ont abouti dans quatre organisations rivales, dont les joueurs de ligne offensive Patrick Davis et Chris Fournier à Montréal. Toronto a choisi Luiji Vilain et Trevor Hoyte tandis que Liam Dobson et Patrice René ont été sélectionnés par Winnipeg.

L’ailier défensif Alain Cimankinda se retrouve maintenant chez les Roughriders de la Saskatchewan.

«Certains d’entre eux, nous aurions aimé les repêcher, mais ce n’était pas un bon timing quand venait notre tour», a ajouté Desjardins.

En première ronde, Dobson a été choisi dès le troisième rang par les Bombers. En coulisses, on dit qu’il était dans la mire du Rouge et Noir, qui parlait trois rangs plus tard.

Il y a l’exemple du troisième tour. Le Rouge et Noir a mis la main sur le joueur de ligne offensive Connor Berglof, des Huskies de la Saskatchewan. Fournier et Davis étaient alors toujours disponibles.

L’équipe a jugé que Berglof, malgré des problèmes de dos, possède un potentiel supérieur. Seul son état de santé a fait en sorte que les équipes étaient frileuses à le repêcher plus tôt.


« Si c’est proche dans notre évaluation entre deux joueurs, c’est sûr que nous prenons le joueur local. Mais des fois, ce n’est pas proche. D’autres moments, c’est aussi une question de position. »
Marcel Desjardins

À ses yeux, ça ne pourrait être que partie remise pour certains de ces joueurs locaux.

«D’ici trois ou quatre ans, on va peut-être retrouver de ces gars-là ici», a lancé le DG franco-ontarien sur une pointe d’humour. Mais il y avait aussi un peu de sérieux dans tout ça.

«Regarde ce qui s’est passé cette année avec Evan Johnson», a noté Desjardins.

Le premier choix du Rouge et Noir en 2017 a décidé de retourner dans son patelin en février, signant un contrat chez les Riders à titre de joueur autonome. C’est un peu la réalité de la LCF.

Plusieurs joueurs finissent par revenir à la maison, à un moment ou l’autre de leur carrière. Il suffit de penser aux Sinopoli et Gillanders.

Quant au bilan de ce plus récent repêchage du Rouge et Noir, plusieurs pseudo-experts ont vanté le travail de Desjardins et son équipe. À TSN, on a notamment applaudi ses deux premiers choix, le secondeur Deshawn Stevens et le demi défensif Alonzo Addae, qui pourraient devenir deux partants d’impact en défensive. Avec la sélection d’un autre demi défensif en Adam Auclair l’an dernier au premier tour, l’organisation prépare la relève au vétéran maraudeur Antoine Pruneau dans la tertiaire.

Le choix de Berglof «était un petit risque que nous étions prêts à prendre». Le gaillard de six pieds trois pouces et 300 livres a joué malgré des maux de dos en 2019. L’an dernier, il a pu se reposer en raison de la pandémie.

«Nous avons fait nos devoirs auprès de son agent, son médecin et son entraîneur-chef là-bas. Il se dirige dans la bonne direction, même s’il était incapable pour l’instant de se présenter à notre camp d’entraînement si ça devait commencer demain.»

Le Rouge et Noir a surtout misé sur l’avenir et non une aide immédiate à ce repêchage. Seuls deux des six espoirs sélectionnés, Stevens et Berglof, pourraient peut-être jouer à Ottawa en 2021. Les autres choix disputeront une dernière saison dans les rangs universitaires.

C’est le cas de Jake Julien, le premier botteur choisi par le Rouge et Noir au repêchage depuis ses débuts. L’Ontarien de Barrie s’occupe des bottés d’envoi et de dégagement à Eastern Michigan.

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Se préparer en vue d’un camp en juillet
D’autres décisions importantes attendent le Rouge et Noir dans les prochaines semaines.

Selon la convention collective de la LCF, chaque formation pourra inviter seulement 100 joueurs sous contrat à leur prochain camp d’entraînement. Plusieurs organisations, dont Ottawa, risquent de devoir libérer certains joueurs afin de respecter la limite imposée.

«Nous avons 117 joueurs sous contrat en ce moment», a confirmé Marcel Desjardins.

Le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins

Reste à voir s’il y aura vraiment une saison 2021.

Le DG du Rouge et Noir, lui, s’avère plus optimiste que jamais.

«J’y crois sincèrement. Est-ce que la saison va commencer le 5 août comme prévu? On verra. Moi, je me fie à nos propriétaires. C’est absolument leur intention de jouer. Ce qui va se produire chez les autres équipes, c’est difficile à prédire. La seule chose, c’est qu’on ne sait jamais ce qui peut survenir dans une pandémie. On peut toujours se retrouver devant quelque chose que personne n’a pu anticiper.»

Son équipe se prépare en vue du 10 juillet, date ciblée afin de lancer des camps d’entraînement d’une durée de trois semaines.

«Il semblerait qu’il n’y aura pas de camp pour les recrues. Ça risque de changer beaucoup la dynamique. Les recrues auraient moins de répétitions. Nos coaches n’auraient pas autant d’occasions pour les évaluer puisqu’il faudra aussi déterminer en même temps qui seraient nos partants et qui sont les joueurs les plus aptes à nous aider. Ça risque de nous rendre la vie plus compliquée.»

Ajoutez à cela que toutes les neuf équipes auront à suivre des règles sanitaires plus strictes.

Ça risque de modifier notamment la tenue des séances vidéo.

Mais le Rouge et Noir a déjà songé à quelques idées différentes pour accommoder de larges groupes de joueurs. Elle pourrait se servir de l’écran géant de la Place TD pendant que des joueurs sont assis un peu partout sur le terrain ou dans les gradins.

«On y a pensé, a confirmé Desjardins. On pourrait faire aussi la même chose dans l’aréna. Mais ça pourrait être un peu plus compliqué si l’équipe de basket-ball doit jouer un match.»