«Moi, je n'ai aucun problème avec des gens qui manifestent de façon pacifique», a affirmé SirVincent Rogers.

Le Rouge et Noir a «honte»

Le bloqueur afro-américain SirVincent Rogers disait avoir honte. Un mot répété par la recrue Kevin Brown et le vétéran Ryan Lindley.
Les joueurs du Rouge et Noir sont estomaqués par ce qui se passe depuis quelques jours dans leur pays natal. Le président des États-Unis, Donald Trump, a alimenté de vives tensions dans le monde du football en multipliant des propos virulents au sujet des joueurs de la NFL qui mettent un genou au sol ou qui restent assis pendant l'hymne national afin de protester contre l'inégalité raciale.
L'homme d'affaires devenu politicien a utilisé l'expression «fils de pute» dans une de ses sorties pour qualifier ces athlètes qui «manquent de respect» à ses yeux. «J'ai juste le goût de rabattre mon chandail par-dessus ma tête, me cacher et disparaître, a lancé Rogers, un natif du Texas qui évolue à Ottawa depuis trois saisons. 
«J'ai honte chaque fois que j'entends des non-sens de la sorte qui proviennent de la bouche de la personne qui est supposée être le leader du monde libre... Moi, je n'ai aucun problème avec des gens qui manifestent de façon pacifique comme c'est le cas avec ces joueurs-ci.»
C'était un des sujets de discussion après la première séance d'entraînement de la semaine du Rouge et Noir, mardi, à la Place TD. Quarante-deux des 71 joueurs des champions de la coupe Grey ont vu le jour au sud de la frontière.
Lindley, un joueur de race blanche de la Californie, a applaudi la réponse d'une centaine de joueurs de la NFL lors des 16 matches du week-end dernier. Certains se sont tenus par les bras, d'autres sont restés dans le vestiaire pendant l'hymne américain afin de faire un pied de nez au président Trump.
«J'ai aimé la réaction de la NFL. Cela dit, il y a peu de choses que nous pouvons faire ici. Tu ne verras aucun joueur faire pareil geste durant l'hymne canadien. Nous n'avons aucun problème avec le premier ministre Trudeau ou le Canada, a dit le quart-arrière qui a joué 10 parties dans la NFL entre 2012 et 2015.
«Je dois admettre que c'est fou comment les choses sont devenues. C'est comme si un très mauvais roman-savon est devenu réalité.»
Un peu plus loin, le secondeur Kevin Brown se disait insulté par les propos tenus par le président américain. «C'est honteux. Cet homme parle au nom de tous les Américains. Nous paraissons tous comme des idiots en ce moment, a dit l'athlète originaire de l'Indiana.
«C'est de notre faute. Nous avons élu cette personne. Nous lui avons donné cette tribune face au reste du monde.»
Brown dispute sa première saison complète au Canada. Un pays qu'il dit avoir adopté rapidement.
«Je n'en reviens pas comment il y a une belle diversité ethnique ici. Différentes cultures se côtoient dans le respect. Tu te sens le bienvenu. C'est ce que je veux pour mon pays, a soutenu le jeune homme âgé de 23 ans.
«J'ai des amis et des membres de ma famille qui sont venus me rendre visite dans les dernières semaines. Ils ont tiré les mêmes conclusions. J'ai d'autres copains qui s'en viennent me voir. Je suis sûr qu'ils tiendront des propos similaires.»
Le numéro 31 ne manifestera pas avant un match de la LCF. Il préfère se servir des médias sociaux pour décrier les inégalités raciales.
«Car le racisme est un problème. Mon grand-père l'a vécu. Son père à lui aussi, a soutenu Kevin Brown. S'il y a un élément positif à tirer de tout ça, c'est que les propos du président mettent plus que jamais en lumière cette triste réalité.»
Le Rouge et Noir ne prévoit aucun geste d'éclat en vue de son prochain match prévu vendredi à Ottawa. Du même souffle, l'équipe n'a pas l'intention de museler ses joueurs.
«Chaque individu a le droit de s'exprimer comme il le veut», a répété le directeur général Marcel Desjardins.
Le mystère plane au poste de quart-arrière
Ryan Lindley, qui a complété seulement 16 de 36 passes pour 151 verges vendredi à Winnipeg, dirigeait la première unité offensive à l'entraînement.
Qui sera le quart-arrière partant du Rouge et Noir, vendredi, lors de la visite des Roughriders de la Saskatchewan ? Est-ce qu'il s'agira de Ryan Lindley, qui en arraché lors de son premier départ en carrière dans la LCF ? Ou est-ce que les blessés Trevor Harris et Drew Tate auront guéri suffisamment de leurs blessures respectives pour effectuer un retour au jeu ?
« Je ne sais pas, a commencé par dire l'instructeur-chef Rick Campbell, mardi, après la séance d'entraînement.
«Je n'essaie pas d'esquiver la question. Ça pourrait autant être Lindley que Tate ou Harris. Il faudra voir qui sera en santé ou non. Par la suite, il faudra décider.»
Lindley, qui a complété seulement 16 de 36 passes pour 151 verges vendredi à Winnipeg, dirigeait la première unité offensive à l'entraînement. Par contre, Tate a eu droit à son lot de répétitions.
Quant à Harris, qui se remet d'une dislocation de l'épaule droite, il lançait le ballon avec vigueur le long des lignes de côté. Ses passes n'ont jamais été si impressionnantes depuis son arrivée à l'infirmerie, il y a trois semaines.
«La personne qui obtiendra la majorité des répétitions mercredi sera probablement notre quart partant», a soutenu Campbell.
«Par le passé, j'ai essayé de vous cacher des choses. Mais ce n'est pas le cas cette fois-ci. Vous aurez votre réponse demain.»
Lindley a promis d'être meilleur que lors de sa sortie précédente si le coach opte pour lui. Quant à Tate, il a répété se sentir «nettement mieux que la semaine dernière». «Je suis prêt à jouer si l'entraîneur fait appel à moi», a-t-il dit.
- Donc, tu veux jouer ?
«Absolument. Mais si ce n'était que de moi, je deviendrais aussi astronaute», a-t-il répondu, sourire en coin, à la question du journaliste du Droit.
Un joueur qui semble assuré d'effectuer un retour au jeu s'avère le receveur format géant Juron Criner. Il s'était blessé à un genou lors de la deuxième semaine de la saison régulière à Calgary.
Criner avait capté cinq passes pour 44 verges et un touché en une partie et demie d'action.