Le quart de 6’ et 195 livres, Jonathon Jennings, a été embauché par le Rouge et Noir. Le vétéran de quatre saisons dans la LCF bataillera avec Dominique Davis pour le poste de partant à Ottawa en 2019.

Le quart-arrière Jonathon Jennings s'amène à Ottawa

Jadis considéré un futur quart-arrière étoile dans la Ligue canadienne de football, Jonathon Jennings espère relancer sa carrière à Ottawa.

L’Américain âgé de 26 ans a accepté mercredi un contrat d’une saison de la part du Rouge et Noir, qui se cherche un nouveau pivot pour diriger son attaque en 2019. Les finalistes de la Coupe Grey ont perdu la veille les services du vétéran Trevor Harris, qui s’est joint aux Eskimos d’Edmonton.

« J’avais besoin de repartir à zéro. C’est ce qu’on m’offre ici. En prime, je vais travailler avec un coordonnateur à l’attaque qui a fait ses preuves et qui pourrait me permettre de m’épanouir », se réjouissait Jennings au bout du fil.

Ce dernier a passé ses quatre premières saisons dans la LCF chez les Lions de la Colombie-Britannique. Il était le troisième quart le productif du circuit en 2016 derrière Mike Reilly et Bo Levi Mitchell avec 5226 verges par la voie aérienne et 27 passes de touché.

Les choses se sont gâchées par la suite. Il a été victime de 26 interceptions contre 24 passes de touché dans les deux dernières saisons.

« Je me suis blessé à l’épaule droite sur un plaqué encaissé lors du premier jeu du quatrième match en 2017. Sans m’en rendre compte, j’ai modifié par la suite ma façon de lancer le ballon et mes problèmes ont commencé. J’ai finalement réalisé ce qui clochait l’an passé... »

Jennings devra batailler contre le substitut de la saison dernière à Ottawa, Dominique Davis, pour le poste de quart-arrière partant du Rouge et Noir. Ça fait son affaire.

« L’organisation ne m’a fait aucune promesse », a-t-il confirmé lorsque joint par téléphone à Columbus où il passe ses hivers.

Les Argonauts de Toronto tentaient aussi de l’attirer chez eux.

Le Rouge et Noir croit qu’autant Jennings que Davis peuvent diriger son attaque la saison prochaine. « J’ai beaucoup confiance en nos entraîneurs pour sortir le meilleur de ces deux gars-là », a dit le directeur général Marcel Desjardins.

Deux quarts âgés de moins de 30 ans qui, en plus de posséder un bras canon, s’avèrent très mobiles. Jennings a une moyenne de 5,3 verges par jeu au sol dans la LCF.

« Peut-être ce qui nous manquait un peu... si pas beaucoup auparavant », a reconnu Desjardins.

L’embauche de Jonathon Jennings a été applaudie par le futur membre du Temple de la renommée, l’ancien quart Henry Burris.

« Parfois, tu as besoin d’un changement d’air et d’évoluer dans un nouveau système de jeu pour donner un électro-choc à ta carrière. Il est tout aussi talentueux que les autres. C’est maintenant temps pour lui de polir son jeu », a affirmé le seul joueur dont le numéro a été retiré par le Rouge et Noir.

Le secondeur Nicolas Boulay et le garde Philippe Gagnon passent des Alouettes au Rouge et Noir. Ottawa compte maintenant 12 joueurs francophones au sein de son alignement en vue de la saison 2019.

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Place au barbu et à « White Chocolate »

La « French Mafia » prend de l’expansion chez le Rouge et Noir, qui comptera dorénavant 12 joueurs francophones.

Nicolas Boulay et Philippe Gagnon ont quitté le nid des Alouettes de Montréal mercredi en faveur de la Place TD. Le premier est un secondeur qui s’avère surtout un des meilleurs joueurs de la LCF au sein des unités spéciales.

Quant à Gagnon, il a évolué en tant que garde à droite au sein de la ligne offensive québécoise. Le grand barbu de 6’4’’ et 311 livres, qui a des allures de Jon Gott, était dans la mire du Rouge et Noir au repêchage de 2016.

« Jean-Marc Edmé m’avait appelé avant le repêchage pour me dire que j’étais un joueur qui les intéressait », a dit Gagnon en parlant du directeur du personnel des joueurs.

Les Alouettes l’avaient finalement choisi au second rang au total. Ottawa avait dû se rabattre sur son ancien coéquipier à l’université Laval, Jason Lauzon-Séguin. Les deux amis sont maintenant réunis.

En fait, Gagnon va retrouver Julian Feoli-Gudino, Marco Dubois et Jean-Philippe Bolduc avec lesquels il a joué à Québec. « Nous sommes rendus une grosse gang. C’est la preuve que ce qui se fait à l’université Laval, c’est du bon football », a-t-il soutenu.

Blessé à un genou, le joueur âgé de 26 ans a été limité à sept parties en 2017. Il a pris part à 11 matches l’an dernier.

« Ce n’est pas un secret pourquoi j’ai choisi Ottawa. C’est un bon fit pour moi. On m’offre l’occasion de me battre pour un poste. Puis c’est une organisation qui a le bien de ses joueurs à coeur. Tout le monde m’en parle. Les négociations se sont déroulées assez vite. »

Reste à voir quel rôle l’attend. Le Rouge et Noir mise sur plusieurs joueurs de ligne offensive canadiens.

Evan Johnson, Alex Mateas et Nolan MacMillan étaient tous des partants l’an dernier, respectivement en tant que garde à gauche, centre et garde à droite. Jason Lauzon-Séguin devrait retrouver un poste de partant.

C’est sans oublier les recrues Mark Korte, choix de première ronde en 2018, de même que le colosse Andrew Pickett.

Et il y a le bloqueur dominicain Josue Matias, qui pourrait succéder à SirVincent Rogers afin de protéger l’angle mort du quart-arrière.

« On ne peut jamais avoir assez de profondeur à cette position. Il y aura de la compétition à diverses positions », a analysé le directeur général Marcel Desjardins. Il a rappelé que Johnson peut évoluer en tant que bloqueur. Un rôle que MacMillan a aussi rempli par le passé.

« Ça nous donne des options si jamais nous voulons avoir cinq partants canadiens, a lancé Desjardins. Mais je ne dis pas que nous allons nécessairement faire ça. »

Quant à Boulay, il s’avère un joueur durable. Il n’a manqué que trois parties à ses cinq premières saisons dans la LCF à Montréal avant de se blesser à un genou l’an dernier.

Dans une entrevue accordée à La Tribune de Sherbrooke plus tôt cette semaine, Boulay avouait être « tanné de perdre ». « Cette année, je vais m’assurer de faire partie d’une organisation gagnante », a soutenu celui qui était surnommé « White Chocolate » lors de ses années dans une école secondaire en Caroline du Sud. Il était alors un des rares joueurs blancs dans l’équipe.