Choix de cinquième ronde du Rouge et Noir au dernier repêchage, le receveur Wesley Lewis ne passe pas inaperçu à 6’6’’. Il a laissé tomber ses affaires fructueuses dans le domaine de la construction au Texas avec l’espoir de faire carrière comme joueur de football professionnel.

Le pari géant du Rouge et Noir

Wesley Lewis a été comparé à « une girafe avec des épaulettes » avant le repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF).

On comprend maintenant un peu mieux à la conclusion du camp d’entraînement des recrues du Rouge et Noir. Ce choix de cinquième ronde des finalistes de la coupe Grey s’avère de loin le plus grand receveur sur le terrain de la Place TD.

« J’ai de longs bras, une longue portée aussi », a précisé Lewis du haut de ses 6’6’’ et 218 livres.

Et il peut capter le ballon. Il a multiplié les attrapés vendredi matin. Ça semblait facile par moments.

« Je suis capable de créer de l’espace pour moi par rapport aux demis défensifs », a-t-il noté.

Le Rouge et Noir espère avoir déniché une perle rare. Un peu comme il l’a fait l’an dernier en sélectionnant le maraudeur Justin Howell sur le tard en septième ronde.

Lewis a grandi au Texas. Plus précisément à Austin, à trois heures de route de Houston.

Mais il possède la citoyenneté canadienne. « Depuis peu de temps. Depuis que j’ai réalisé que je pourrais jouer dans cette ligue-ci », a-t-il avoué.

Sa maman Samantha est née à Sarnia, à 700 kilomètres d’Ottawa.

Fiston a capté l’attention du Rouge et Noir lors d’un essai public tenu en avril au stade de l’équipe universitaire de Houston Baptist. « Un terrain que je connais bien. J’ai joué quatre ans là-bas », a souligné Wesley Lewis.

« Je me sentais à l’aise cette journée-là », a-t-il ajouté.

Ce dernier avait aussi participé durant le même mois à des essais des Alouettes de Montréal et des Blue Bombers de Winnipeg.

Quand le Rouge et Noir l’a repêché, il a pris une décision qui s’avère tout sauf banale.

« Je possède un baccalauréat en affaires. Après l’école, je suis revenu dans mon patelin à Austin et j’ai démarré un commerce dans le domaine de la construction. Les choses allaient bien. Mes poches étaient pleines », a-t-il commencé par expliquer.

« Mais j’ai décidé de laisser tomber ça. J’aime le football. J’ai décidé de tout miser sur ceci, de pousser tous mes jetons au milieu de la table », a-t-il ajouté en regardant le terrain de football.

Un commentaire qui ne surprend pas l’entraîneur des receveurs du Rouge et Noir, Winston October.

« C’est un gars qui veut être ici, qui veut tout faire pour jouer dans cette ligue. Ça se voit », a soutenu l’ancien joueur des Alouettes de Montréal devenu instructeur depuis une dizaine d’années.

« Il me fait penser à Brad Sinopoli, qui possède encore cette attitude », a-t-il ajouté.

Un an sans jouer

October était visiblement émerveillé par le gabarit de Wesley Lewis. « Il fait presque deux fois ma grandeur », a blagué le père de famille, qui ne mesure que 5’8’’.

« Mais il n’est pas juste grand. Il saute haut. Je l’ai vu sauter et ses crampons arrivaient à la hauteur de mon nez ! »

Winston October a rendu hommage aux dépisteurs du Rouge et Noir. « Qui continuent de trouver des gars comme ça », a-t-il précisé.

La patience sera toutefois de mise avec Lewis, qui n’a jamais joué au football à trois essais. Il est habitué aux règles américaines.

Puis sa dernière saison sur un terrain remonte à 2017 chez les Rams d’Angelo State University.

« Il ne faut pas oublier qu’il n’a pas joué depuis un an », a plaidé l’entraîneur adjoint du Rouge et Noir.

« Je suis un brin rouillé, a avoué pour sa part Lewis. Je compte aussi apprendre rapidement. Je me sens déjà en confiance sur le terrain. »

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TSHIAMALA PRÉFÈRE LES ÉPAULETTES

L’hiver, Daniel Tshiamala l’a passé en veston, chemise et cravate. Il travaillait à plein temps à Exportation et développement Canada.

« Oui, j’étais fonctionnaire », lance-t-il avec son sourire habituel.

Le secondeur d’origine congolaise obtient un deuxième essai chez le Rouge et Noir, l’équipe de sa ville adoptive. Il avait passé une semaine en octobre à la Place TD. On voulait l’évaluer.

« L’idée, c’était que le club m’invite en vue du camp d’entraînement cette année », a-t-il expliqué.

La direction a tenu parole. « Mes prières ont été exaucées », affirme Tshiamala, qui rêve de jouer à Ottawa où il a passé son adolescence.

L’athlète âgé de 25 ans a retrouvé un ami d’enfance en Tyrone Pierre, ces derniers jours au camp des recrues. Le receveur franco-ontarien tente aussi de percer l’alignement.

« Je connais Tyrone depuis l’âge de 14 ans. Nous avons joué ensemble à l’école secondaire et au football civil chez les Panthers de Cumberland », souligne-t-il.

Jusqu’ici, la paire s’amuse et progresse. « C’est plus mon terrain... mon bureau ici », dit-il en parlant de la surface de la Place TD. Il profite d’un congé au gouvernement afin de tenter sa chance chez le Rouge et Noir. « J’ai un bon patron. On va voir comment ça se passe ici. Peut-être que je vais devoir prendre une décision. »

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Zaycoven Henderson (gauche)

HENDERSON A APPRIS SA LEÇON

Ses démêlées avec la justice américaine, Zaycoven Henderson n’avait pas le goût d’en parler. C’était clair, vendredi, après la séance finale du camp d’entraînement des recrues du Rouge et Noir.

« C’est un malentendu. C’est pourquoi je suis ici. Sinon, je n’aurais pas pu passer (la frontière) », a dit le plaqueur originaire du Texas.

En décembre 2017, il avait été arrêté sur le campus de l’université Texas A&M où il jouait au football. On lui reprochait d’avoir pointé un fusil en direction de deux personnes, menaçant de les tuer. Les accusations ont fini par tomber.

« La vie te lance parfois des balles courbes. Tu dois continuer d’avancer. Tu ne peux pas en vouloir à des gens de te blâmer », a-t-il ajouté.

Plus tard, le joueur de ligne défensive de 6’1’’ et 298 livres a affirmé avoir « appris sa leçon ». « Je ne veux pas en dire trop... Je me considère chanceux d’être ici », a-t-il soutenu.

Ce qu’on sait exactement sur lui ? Il a reçu 36 offres d’équipe de première division dans la NCAA à sa sortie de l’école secondaire. Henderson, 24 ans, était un morceau important de la défensive à Texas A&M avant de goûter à la NFL l’an dernier, faisant partie des Browns de Cleveland lors des huit premières semaines de la saison régulière avant d’être libéré.