Le commissaire de la LCF, Mark Cohon.

Le commissaire de la LCF Mark Cohon a gagné son pari

Ce fut sa première décision majeure à titre de commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), un an après son embauche.
Dans une salle vieillotte d'un édifice du parc Lansdowne, Mark Cohon était flanqué de quatre hommes d'affaires locaux. Il était débarqué en ville par un après-midi de mars 2008 pour accorder une nouvelle franchise à Ottawa.
Une seule condition avait été posée. Il fallait bâtir un nouveau stade.
Six ans et une pile de millions de dollars plus tard, le domicile du Rouge et Noir est prêt en bordure du canal Rideau et de la rue Bank. Un premier match de la LCF sera disputé, demain soir, dans la capitale depuis 2005.
Et Cohon y sera.
«Ces dernières semaines ont été excitantes, a-t-il avoué au bout du fil.
«J'ai toujours cru que de ne pas avoir un club à Ottawa était un trou béant dans le coeur de la ligue. Maintenant avec un groupe solide de propriétaires locaux, une équipe compétitive sur le terrain et un nouveau stade, la table est mise pour plusieurs années.»
Le commissaire l'avoue.
«La route a été plus longue pour se rendre à ce jour-ci. Il y a eu des hauts et des bas», a-t-il dit.
Le Rouge et Noir devait initialement disputer une première partie en 2010. Puis en 2012 et 2013. Des débuts repoussés chaque fois en raison des délais afin de démarrer les travaux de revitalisation du parc Lansdowne.
«Mais j'ai toujours cru en OSEG (Ottawa Sports and Entertainment Group), a assuré Cohon. L'attente en aura valu la peine. Il suffira de regarder le sourire de plus de 20000 personnes dans le stade. C'est sans compter ailleurs au pays.»
Car le Rouge et Noir servira d'exemple si jamais la LCF décide d'ajouter une dixième franchise, possiblement dans les Maritimes. Le circuit a tenu des matches à Moncton ces dernières années.
Un modèle qui épate
«Le modèle de partenariat public-privé utilisé à Ottawa pour la construction du stade est intéressant. Il pourrait être utilisé ailleurs, a avoué Cohon, qui a visité la Place TD le mois dernier.
«Ce que j'aime de ce stade, c'est son environnement et son concept ouvert. On y retrouve des logements, des restaurants et des commerces autour. La table est mise pour une vie sociale dynamique avant, pendant et après les parties.»
Avant de mettre fin à l'entrevue, le grand patron de la LCF avait une anecdote à raconter. Il a grandi en suivant ici et là des parties des défunts Rough Riders d'Ottawa. «Une de mes idoles était Tony Gabriel, a-t-il précisé, en faisant allusion à l'attrapé spectaculaire de l'ailier rapproché lors de la conquête de la coupe Grey en 1976. Évidemment, les gens de la Saskatchewan l'ont trouvé moins drôle quand ils ont entendu cette histoire la première fois!»