Membre du Rouge et Noir pendant deux saisons, l’ancien botteur Chris Milo se retrouve maintenant derrière le volant d’un autobus du Réseau de transport de la Capitale, à Québec.
Membre du Rouge et Noir pendant deux saisons, l’ancien botteur Chris Milo se retrouve maintenant derrière le volant d’un autobus du Réseau de transport de la Capitale, à Québec.

Le bonheur derrière un volant

Ces deux anciens joueurs ont enfilé l’uniforme du Rouge et Noir durant leur longue carrière dans la LCF. Un est maintenant chauffeur d’autobus à Québec, l’autre est pilote d’avion un peu partout au pays.

Récit de deux parcours différents d’une nouvelle vie loin du terrain de football.

Chris Milo l’avoue. Les trois années qui ont suivi son dernier match chez les Eskimos d’Edmonton ont été difficiles. « Surtout l’an dernier. J’étais en dépression », souligne l’ancien botteur qui a gagné deux fois la coupe Grey en sept saisons, dont en 2016 à Ottawa.

« L’été 2019 a été très dur sur ma famille et moi. Tout arrivait en même temps. »

À LIRE AUSSI: Préparer la vie après le Rouge et Noir

> Quand la NFL pige à Ottawa

La maison que Milo possédait en Saskatchewan, où il avait déjà évolué, a subi d’importants dégâts évalués à 30 000 $. Un dossier que le père de famille a dû gérer à distance puisqu’il habite en banlieue de Québec depuis qu’il avait remisé son équipement de joueur.

Ajoutez à cela qu’il n’avait pas encore trouvé un emploi qui lui plaisait jusqu’à tout récemment.

Depuis sa retraite sportive, il avait été dépisteur chez les Eskimos, vendeur d’assurance en plus de travailler chez Labatt de même qu’au sein d’une compagnie d’échafaudages. « J’ai fait pas mal de choses. J’ai aussi été vendeur de chars, souligne le produit de l’Université Laval.

«Je voulais trouver quelque chose qui me motiverait, me donnerait le goût d’aller travailler chaque jour. Le football, ce n’était pas un travail pour moi. J’avais tellement de plaisir. J’ai retrouvé ce feeling en chauffant des autobus.»

Milo a été embauché par le Réseau de transport de la Capitale (RTC) au début du printemps.

Un métier qui a toujours piqué sa curiosité. «L’autobus, je le prenais pour aller à l’école, de la maternelle au cégep. Je m’étais toujours dit que ça serait le fun d’essayer de conduire ça», raconte le père de famille âgé de 33 ans.

Milo a suivi des formations au début de la nouvelle année avant d’obtenir son premier volant. Des débuts qui se sont effectués durant la pandémie.

Ses quarts de travail à titre de recrue commencent en fin d’après-midi pour se conclure tard en soirée.

«J’ai vraiment du fun. Je suis content. C’est ce que je cherchais depuis longtemps. On me traite bien. Puis il n’y a personne qui me court après pour me plaquer !»

De passe-temps à gagne-pain

Une heure après avoir jasé avec Chris Milo, l’ancien maraudeur Eric Fraser appelait à son tour. Il se préparait à se rendre à l’aéroport de Calgary.

Membre de l’édition inaugurale du Rouge et Noir en 2014, l’homme de 33 ans travaille chez le transporteur Canadian North dont le siège social se trouve à Ottawa. Il pilote des Boeing 737. Avant le confinement, il se tapait des vols nolisés avec passagers.

Joueur chez le Rouge et Noir en 2014, Eric Fraser pilote maintenant des avions pour le transporteur Canadian North. Il pose devant son appareil aux couleurs des équipes de la LCF.

«L’an passé, j’ai piloté l’avion qui amenait les Roughriders de la Saskatchewan à Calgary», relate Fraser, qui a disputé sept saisons dans la LCF.

Ces jours-ci, son travail l’amène surtout à transporter de la marchandise vers des entrepôts dans le Nord canadien, dont à Kuujjuaq.

Cette passion de voler était au départ un passe-temps, et non un gagne-pain. Fraser avait suivi quelques leçons avant de se pointer chez le Rouge et Noir.

«Quand j’étais à Ottawa, je m’amusais parfois à amener des amis en avion à Québec, Montréal et Toronto. Quand le Rouge et Noir m’a libéré, je suis retourné à Calgary et j’ai terminé mes leçons. J’avais cette certification qui attendait dans ma poche arrière une fois ma carrière terminée au football.»

Ce qu’il adore de sa nouvelle vie en tant que pilote depuis 2017 ?

«C’est comme le football. Chaque journée est différente même si le même parcours t’attend. Les conditions de vol seront différentes, que ce soit en raison du vent ou de la visibilité. Tu dois toujours te présenter bien préparés.»