Jon Gott s’habitue à une nouvelle routine chez le Rouge et Noir. Le vétéran évolue maintenant à la position de garde à droite.

Le barbu du Rouge et Noir se fâche

Il était de retour à l’entraînement et il était de mauvaise humeur. Un de ses jeunes coéquipiers l’a appris à ses dépens.

Le barbu Jon Gott a été impliqué dans une altercation avec la recrue Harold Brantley, lundi matin, à la Place TD. Le vétéran joueur de ligne offensive du Rouge et Noir a repoussé plus d’une fois ce plaqueur américain qui a déjà passé quatre mois dans un fauteuil roulant après un accident de la route.

C’était la première fois du camp d’entraînement que la chicane éclatait entre des joueurs.

«Je vais être honnête. Je suis surpris qu’il ait fallu attendre si longtemps avant que quelque chose de la sorte se produise. Ça fait déjà une semaine et demie que nous nous entraînons», a soutenu Gott avant d’y aller d’une autre confidence.

«J’étais déjà fâché en mettant les pieds sur le terrain. Je ne cherchais pas à sacrer une volée à un coéquipier... C’est simplement que j’étais frustré», a-t-il ajouté d’un ton grognon.

Ah oui? Comment ça?

«On m’a laissé de côté pendant quelques journées dernièrement afin que je me repose...»

Gott a dû se contenter d’un rôle de spectateur dimanche lors du match simulé. L’équipe disait qu’il traînait des petits bobos. Lui, il se dit en santé.

Ce dernier se prépare à entamer sa 10e saison dans la Ligue canadienne de football (LCF). Mais pour la première fois de sa carrière, il évoluera à la position de garde à droite après avoir campé le rôle de centre.

Peut-être que ça le rend aussi de mauvaise humeur.

«On a décidé de me placer là. C’est correct. J’apprends en ce moment. Je me sens de plus en plus à l’aise», a commencé par dire Gott, qui fêtera ses 33 ans en octobre.

«Je suis un vieux routier. J’ai tout vu. Rien ne me surprend. Je vais m’adapter et je vais m’amuser.»

Le Rouge et Noir l’a muté en garde à droite afin de faire de la place à Alex Mateas. Ce dernier a brillé l’an dernier quand il a remplacé un Gott blessé au centre. Il a tellement épaté que la LCF l’a nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la division Est.

«J’ai déjà joué en tant que garde à gauche à mes débuts à Calgary. Ça reste que c’est un peu différent de garde à droite. Comme je disais, je vais finir par m’y habituer.»

Ce n’est pas le seul changement à survenir dans la vie de l’un des visages les plus connus de l’histoire du Rouge et Noir.

Gott s’est lancé en affaires durant l’hiver avec sa conjointe Nicole. Ils ont ouvert leur studio de «spinning» au centre-ville d’Ottawa.

SPINCO Ottawa est situé près des nombreux édifices du gouvernement fédéral. Ce qui le rend accessible aux nombreux fonctionnaires désirant garder la forme.

«C’était le rêve de ma blonde. Moi, je vis mon rêve de jouer au football depuis presque 10 ans», a expliqué Gott.

Ce dernier a grimpé quelques fois sur un des vélos stationnaires. «C’est exigeant. J’ai arrêté rapidement quand j’ai réalisé que je perdais trop de poids», a lancé, sourire en coin, le gaillard de 6’3’’ et 297 livres.

Un autre truc qui a trouvé le moyen de lui arracher un sourire?

Il a été question de ce bout de barbe perdu par la vedette des Sharks de San Jose, Joe Thornton, durant un match de la LNH l’hiver dernier. Les images de l’incident sont devenues virales.

«Oui, ça m’est déjà arrivé. Je me suis déjà retrouvé avec un morceau ou deux dans les mains... Certains gars vont me tirer la barbe… Ce n’est pas plaisant.»

Une chance que Harold Brantley n’a pas tiré sa barbe lundi...

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LE ROUGE ET NOIR EN BREF

Qui sera le substitut de Trevor Harris ?

Sa famille qui habite en banlieue de Philadelphie doit se pointer dans les prochaines heures. Tout ça afin de l’encourager lors du premier match hors-concours du Rouge et Noir, jeudi, contre les Alouettes de Montréal. Les parents et oncles de Danny Collins ne sont pas les seuls qui ont hâte de le voir en action. Ses patrons aussi. Le quart-arrière âgé de 6’3’’ et 214 livres commence à mêler les cartes au camp d’entraînement.

Non pas pour le poste de numéro un. Trevor Harris s’avère bien en selle.

Ce n’est peut-être pas le cas toutefois du mobile Dominique Davis, embauché durant l’hiver, afin d’être le substitut de Harris. Il a éprouvé des difficultés ici et là, notamment dimanche lors du match simulé. En revanche, Collins a épaté avec son bras puissant, réussissant deux longues passes de touché.

« Il n’a pas peur de lancer le ballon dans des espaces restreints, ce qui est une belle qualité chez un quart. Il prend aussi des décisions rapides, a dit l’entraîneur-chef Rick Campbell. Dominique a été mis sous contrat pour être le quart substitut, mais je suis toujours ouvert à d’autres possibilités. Oui, nous avons une idée à quoi pourrait ressembler l’alignement. Mais il y a toujours des gens qui vont surprendre durant un camp. C’est le message véhiculé aux joueurs. »

Un pari payant pour Duncan

Kieren Duncan a décidé de miser sur lui, il y a deux semaines, à Las Vegas. Le Rouge et Noir tenait un camp d’essai ouvert au public. Moyennant une centaine de dollars américains, il a tenté sa chance. Le voilà maintenant à Ottawa portant le numéro 81.

Mieux ? Il fait partie des trois joueurs encore en lice pour effectuer des retours de botté aux côtés du spectaculaire Diontae Spencer. Il a eu droit à sa large part de répétitions depuis quelques jours en compagnie de RJ Shelton et Dejaun Butler.

« Je ne peux pas être plus heureux en ce moment d’être ici », a dit Duncan, qui a grandi en Arizona. Ce dernier avait participé au camp d’entraînement des Blue Bombers de Winnipeg en 2017 en plus d’être invité par les Lions de la Colombie-Britannique à leur mini-camp en avril. Mais chaque fois, on l’a libéré.

Courir vite, il connaît ça. Sa maman Deirdre était une sprinteuse dans sa Jamaïque natale. « Elle a failli se tailler une place au sein de l’équipe nationale », souligne le joueur de 5’11’’ et 175 livres. Son père Jason a aussi pratiqué l’athlétisme en plus de jouer au football en Grande-Bretagne. « Tu peux dire que j’ai eu le meilleur des deux au chapitre de l’ADN », lance Kieren Duncan qui porte fièrement des tresses africaines.