Le Rouge et Noir a demandé à Ryan Lankford de ramasser ses choses dans le vestiaire. «Ryan possédait une certaine expérience du football au Canada. C’est pourquoi (sa) gaffe nous a un peu pris de court», a expliqué l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Lankford n’aura pas la chance de se racheter avec le Rouge et Noir

On aime se répéter que chacun a droit à une deuxième chance. Au football, ce n’est malheureusement pas toujours vrai.

Ryan Lankford vient d’apprendre que certaines bourdes sont impardonnables.

L’Américain de 27 ans a gaffé au pire moment, vendredi soir, sur le terrain de la Place TD.

Spécialiste des retours de botté, il a choisi de ne pas capter un ballon dégagé par les Blue Bombers de Winnipeg.

Le ballon est resté là, complètement libre, à la porte des buts d’Ottawa. Il a été libre juste assez longtemps pour que le botteur de Winnipeg, Justin Medlock, réussisse à le récupérer lui-même.

Dans les secondes qui ont suivi, les Bombers ont inscrit le touché qui a scellé l’issue du match.

Une grosse, grosse bourde, disait-on.

Lankford en fait les frais, maintenant.

Quelques heures après avoir été responsable de la première défaite de la saison du Rouge et Noir d’Ottawa, il s’est retrouvé au chômage.

On lui a demandé de ramasser ses effets personnels et de prendre le large, lundi.

L’entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell, a débuté sa semaine de travail en rendant visite aux animateurs du matin de la station radiophonique TSN 1200.

Il n’a pas trop voulu casser de sucre sur le dos du pauvre Lankford. Il a néanmoins reconnu que sa gaffe a coûté cher.

Il n’a pas du tout respecté la directive qui lui avait été transmise.

« À ce moment-là, il fallait absolument prendre le contrôle du ballon. Nous devions remonter le terrain le plus rapidement possible », a-t-il expliqué.

Même si la défensive des Bombers dominait l’attaque ottavienne, tous les espoirs étaient permis. L’écart n’était que de huit points.

« Nous avions beaucoup de mal à inscrire des points. Nous ne pouvions donc pas vraiment nous permettre de nous retrouver dans une position où les Bombers menaient par plus d’un touché », explique Campbell.

En étudiant la séquence, sur vidéo, on a l’impression que Lankford attendait que le ballon bondisse jusque dans la zone des buts.

« Nous devions courir avec ce ballon. Il n’était même pas question, pour nous, d’allouer un simple », assure Campbell.

« Nous prenons le temps de bien expliquer les subtilités du football canadien à tous nos joueurs américains. Parfois, il arrive que les nouveaux joueurs commettent des erreurs, dans le feu de l’action, quand ils se fient un peu trop à leurs instincts. Ryan possédait une certaine expérience du football au Canada. C’est pourquoi cette gaffe nous a un peu pris de court... »

Lankford vient effectivement d’entreprendre sa cinquième saison dans la Ligue canadienne. Il a passé deux saisons en Saskatchewan et deux autres à Winnipeg avant de passer à l’est.

En trois matches, avec Ottawa, il aura eu la chance d’effectuer une trentaine de retours.

Knox fils sous contrat

Deux autres joueurs ont suivi Ryan Lankford jusqu’aux portes de sortie, lundi. Deux autres membres de la brigade défensive, Ranthony Texada et Blaine Woodson, ont aussi été congédiés.

Le directeur général Marcel Desjardins a également mis deux joueurs sous contrat. On retiendra surtout l’embauche de Jeff Knox fils.

Le secondeur originaire de Pittsburgh a connu une saison du tonnerre, chez les Riders de la Saskatchewan, en 2015. Cette année-là, il s’est retrouvé au sein de l’équipe d’étoiles de la division Ouest, après avoir complété 112 plaqués.

Il a passé les trois dernières années à essayer, sans succès, de faire sa place dans la NFL.

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DAVIS N'A RIEN À CRAINDRE

Contrairement à Ryan Lankford, Dominique Davis n’a rien à craindre. Il ne risque pas de se retrouver au chômage sous peu. 

Il n’est même pas en danger de perdre son poste de quart-arrière numéro un dans un avenir rapproché. Rick Campbell n’a jamais songé à le retirer du match, vendredi dernier. 

« Notre équipe peut l’aider à mieux paraître, a dit le coach, sur TSN 1200. Nous devons continuer à travailler dans le but de l’aider. Je sais que les statistiques sont importantes. Il ne faut pas trop lui en vouloir pour la deuxième interception, vendredi. Il essayait de créer quelque chose. Il était désespéré. » 

Davis sera donc d’office, samedi, contre les Alouettes de Montréal. « Je l’aime beaucoup. Je sais qu’il peut faire mieux. »