Le quart-arrière Dominique Davis et l’attaque du Rouge et Noir ont été hués par leurs partisans samedi dans une défaite face aux Tiger-Cats à la Place TD.

La patience des partisans s’effrite à la Place TD

La déception des partisans du Rouge et Noir a été entendue et vue par Antoine Pruneau, Ettore Lattanzio et leurs coéquipiers, samedi après-midi, à la Place TD.

Ils étaient plus de 23 000 spectateurs à assister à un autre revers des finalistes de la coupe Grey, qui se sont inclinés 21-7 aux mains des Tiger-Cats de Hamilton. 

Une partie marquée encore par l’incapacité de l’attaque à marquer un touché. 

Les sept points de l’équipe ont été l’affaire du botteur Lewis Ward avec deux placements et un simple.

C’était la cinquième fois en neuf parties que le Rouge et Noir était limité à 16 points ou moins.

Ça semble que ce fut une fois de trop au goût des amateurs qui paient le gros prix pour assister aux joutes locales. 

Ils ont hué le quart-arrière Dominique Davis et les autres acteurs de l’offensive.

Plusieurs des mordus de l’équipe ont même commencé à quitter le stade avec plus de neuf minutes à écouler au match lorsque les Ti-Cats ont gonflé leur avance à 18-7. 

Du jamais vu lors des cinq saisons précédentes.

« Je comprends leur frustration. Nous les avons habitués à un certain standard. Et en ce moment, nous ne jouons pas à la hauteur de leurs attentes », a reconnu Pruneau, auteur d’une des deux interceptions du Rouge et Noir dans la défaite contre Hamilton.

« Nous aussi nous sommes frustrés de ne pas être capables de gagner. »

Plus loin, Lattanzio disait aussi comprendre les amateurs.

« Mais nous travaillons fort, nous sacrifions notre corps chaque match dans l’espoir de gagner. Plusieurs gars jouent blessés. Donc, imaginez à quel point nous aussi nous sommes frustrés de perdre. »

Ce qui agace encore plus les amateurs du Rouge et Noir ?

La défensive de l’équipe a été dominante lors des deux derniers matches contre Edmonton et Hamilton. Mais chaque fois, l’attaque n’a pas fait sa part. 

Elle n’avait récolté que 97 verges en première demie...

« Ce n’est pas facile de rester positif, a reconnu Lattanzio, membre de l’organisation depuis 2016. Mais la pire chose qui peut se produire à l’interne, c’est de commencer à montrer du doigt des gens et dire que ce n’est pas de notre faute. Tout le monde tente de leur mieux. »

La réalité, c’est que le Rouge et Noir se trouve dans le pétrin déjà à la mi-saison. Il occupe le troisième rang de la division Est avec une fiche de 3-6 derrière Hamilton (7-2) et Montréal (4-4).

Le scénario d’une exclusion des éliminatoires pour seulement une deuxième fois de son histoire semble réaliste.

« Il reste encore une demi-saison à disputer. Nous avons déjà gagné la coupe Grey en jouant du football parfois peu étincelant », a rappelé Lattanzio en rappelant la conquête de 2016.

Ses coéquipiers et lui avaient seulement gagné huit parties durant le calendrier régulier.

« À ce que je sache, la coupe Grey n’a jamais été remise à une équipe au mois d’août », a soutenu pour sa part Davis.

Parlons du quart-arrière américain. Est-ce qu’il sera encore quart partant du Rouge et Noir lors du prochain match, samedi, à Régina.

L’entraîneur-chef Rick Campbell a laissé entendre sur les ondes de TSN 1200 qu’il pourrait y avoir des changements importants. 

Est-ce qu’il a parlé sous le coup de l’émotion ?

Les solutions de rechange s’avèrent peu nombreuses, que ce soit au chapitre des quarts ou des receveurs de passes. 

Peut-être que l’équipe changera d’entraîneur responsable d’appeler les jeux à l’attaque ? 

Une responsabilité assumée jusqu’ici par l’instructeur des receveurs Winston October.

Et si c’était dorénavant Joe Paopao, ancien entraîneur-chef des défunts Renegades d’Ottawa qui prenait la relève ?

Ce qu’on sait, Ottawa doit gagner rapidement. 

Sinon, les amateurs choisiront tout simplement de ne pas se pointer à la Place TD cet automne. 

Ce sera alors très silencieux dans ce coin de la rue Bank.

La séquence historique de placements consécutifs en saison régulière de Lewis Ward s’est arrêtée à 69 quand sa tentative de 31 verges a abouti à la droite des poteaux des buts lors du premier quart, samedi, contre Hamilton.

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FINI LA PERFECTION POUR WARD

Lewis Ward savait que tôt ou tard, il allait rater son coup.

Ça n’empêche pas que le jeune botteur du Rouge et Noir était un brin triste. Sa séquence historique de placements consécutifs en saison régulière s’est arrêtée à 69 quand sa tentative de 31 verges a abouti à la droite des poteaux des buts lors du premier quart, samedi, contre Hamilton.

« J’étais déçu. Je ne le cacherai pas, a-t-il avoué après le match. Mais c’était carrément un mauvais botté de ma part, même s’il ventait un peu. »

Ce qui a suivi l’a toutefois ému.

« De voir cette ovation de la part de la foule, c’était spécial. Les gens ici m’ont appuyé depuis le début. C’est fou les encouragements que j’ai reçus. Maintenant, je retourne à la table à dessin. »

Ward a justement réussi ses deux tentatives suivantes sur des distances de 26 et 40 verges. 

Pense-t-il être en mesure de battre son propre record ?

« Je vais essayer », a répondu le botteur de deuxième année, sourire en coin.

La dernière fois qu’il avait raté une tentative de placement en saison régulière, c’était en juin 2019 contre les Roughriders de la Saskatchewan. La marque précédente de perfection dans la Ligue canadienne de football était de... 39.

Ward en aura réussi 30 de plus.

« Ce fut une séquence remarquable. Il n’a pas seulement battu la marque précédente. Il l’a anéanti », a noté l’entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell.

Sa réaction quand le petit botteur a envoyé le ballon un peu trop à droite samedi ?

« Ça prouve que Lewis n’est finalement pas un robot, qu’il est bel et bien un être humain », a lancé Campbell.

Lewis Ward a été consolé après la partie par sa famille et de nombreux partisans qui sont allés à sa rencontre sur le terrain. 

Il y avait une file d’enfants et d’adultes portant les couleurs du Rouge et Noir.

Même une mordue des Tiger-Cats a demandé une photo en compagnie de Ward.

« Je fais ça chaque semaine. C’est important pour moi d’échanger avec les gens qui m’ont appuyé depuis mes débuts. Puis si ça peut faire la journée de certains, c’est encore mieux. »