Les Eskimos d'Edmonton partagent le premier rang du classement grâce à deux remontées tardives.

La métamorphose des Eskimos

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas dans la Ligue canadienne de football.
L'été dernier, les Eskimos d'Edmonton étaient mauvais. Une victoire par quatre petits points, obtenue dans un match sans grande signification au tout dernier jour de la saison, leur a permis de terminer à l'avant-dernier rang du classement général.
Cet été, tout est différent.
Les Esks partagent le premier rang du classement général. Deux remontées tardives leur ont permis de remporter leurs deux premières parties de la saison.
Une surprise ?
Pas vraiment.
Keith Shologan connaît assez bien les Eskimos, pour les avoir affrontés à maintes reprises depuis le début de sa carrière.
Il commence aussi à bien connaître la LCF, puisqu'il évolue dans cette ligue depuis maintenant six ans.
« Ça se passe comme ça dans cette ligue. Je me souviens très bien de ma pire saison avec les Roughriders de la Saskatchewan. C'était en 2011. Nous avons gagné seulement cinq parties. L'année suivante, nous avons réussi à participer au tournoi éliminatoire. Puis, l'an dernier, nous avons remporté la coupe Grey », raconte-t-il.
Bien sûr, toutes les équipes n'ont pas le potentiel pour passer du pire au meilleur en seulement deux ans.
Shologan est originaire de Rochester, un tout petit village albertain situé à une centaine de kilomètres au nord d'Edmonton. Il connaît donc très bien les Eskimos. Il a bien l'impression qu'ils pourraient passer la saison au complet à flirter avec le sommet du classement.
« Ils ont changé leur personnel d'entraîneurs. La mentalité de l'équipe est donc entièrement différente. Ils ont apporté quelques changements à leur formation mais ils n'ont pas eu besoin de tout chambarder. Ceux qui ont survécu peuvent maintenant évoluer dans un environnement plus calme », indique-t-il.
Le calme, c'est important.
Shologan et ses coéquipiers du Rouge et Noir d'Ottawa ont rejoint les Eskimos à Edmonton, hier.
Les deux formations croiseront le fer ce soir au Commonwealth Stadium.
La semaine dernière, à son premier match officiel, les joueurs de la capitale fédérale n'ont pas été capables d'imiter ceux de la capitale albertaine. Ce sont plutôt eux qui ont été victimes d'une remontée tardive. Ils ont échappé la belle avance qu'ils s'étaient forgée dans la première demie pour finalement s'incliner à Winnipeg.
Une leçon à tirer ?
« Pour gagner dans cette ligue, ça prend du caractère. Le caractère, ça se développe. Avec le recul, je me dis qu'un ou deux mauvais jeux nous ont mis dans le trouble la semaine dernière. Les Bombers ont profité de ces jeux pour s'emparer du momentum. Ils ne l'ont jamais lâché par la suite. Est-ce que nous avons perdu notre premier match parce que nous manquons d'expérience ? Je l'ignore. La seule chose que je sais, c'est que nous devons grandir. Et vite. »
Donner aux Eskimos leur troisième victoire ce soir ne serait pas catastrophique. Ça ne gâcherait certainement pas la saison.
Sauf que les joueurs de l'équipe d'expansion préféreraient ne pas trop attendre avant d'empocher leur première victoire.
Ils aimeraient idéalement l'obtenir avant de rentrer à la maison pour disputer leur tout premier match à la Place TD, la semaine prochaine.
« La première victoire, c'est toujours très important. Mieux vaut goûter rapidement à cette victoire. Je vous le dis, moi. Une fiche de 1-1 après deux semaines, c'est beaucoup mieux qu'une fiche de 0-2 », croit Shologan.