Rick Campbell est visiblement fier de sa longévité. Ça veut dire que son message passe encore.

La longévité, une affaire de famille

Un seul autre entraîneur a tenu le coup aussi longtemps que lui jusqu’ici à la tête de la même équipe dans la Ligue canadienne de football (LCF).

Rick Campbell avec le Rouge et Noir
Rick Campbell le sait. Mike O’Shea dirige les Blue Bombers depuis la saison 2014.

« En fait, nous avons été embauchés à trois jours d’intervalle », a noté Campbell, qui s’est joint au Rouge et Noir le 6 décembre 2013. « C’est fou comment le temps passe vite », a-t-il avoué.

Pendant cette période, les Alouettes de Montréal ont misé sur cinq entraîneurs en chef différents, de Tom Higgins à Mike Sherman en passant par Jim Popp, Jacques Chapdelaine et Kavis Reed.

Campbell est visiblement fier de sa longévité. Ça veut dire que son message passe encore.

« Les gars aiment jouer pour lui. C’est une des raisons pourquoi Ottawa est capable d’attirer des joueurs autonomes de qualité, a souligné Brendan Gillanders, qui est passé des Argonauts de Toronto au Rouge et Noir en février 2016.

«Il ne t’engueule pas quand tu commets une erreur. Tu n’as pas à craindre de revenir sur les lignes de côté. Il nous répète que les erreurs, ça fait partie du jeu. Au lieu de nous critiquer, il a une approche très constructive.»

Campbell aime aussi s’amuser avec ses joueurs durant les séances d’entraînement. On le voit fréquemment se taper des push-up à leurs côtés à la fin de jeux simulés.

L’homme âgé de 47 ans se rapproche tranquillement du règne de six saisons que son père Hugh a eues entre 1977 et 1982 chez les Eskimos d’Edmonton. La différence ?

Papa Campbell a gagné la coupe Grey à cinq reprises durant cette période.

Fiston, lui, a participé au match de la coupe Grey à deux reprises lors des quatre premières années du Rouge et Noir. Ce n’est quand même pas vilain.

Rick Campbell est le premier à admettre que la saison dernière a été la plus difficile. Son club a conservé une fiche de 8-9-1.

«Ce fut une longue saison, d’abord en raison de tous ses matches serrés que nous avons perdus tôt durant l’été. Puis le calendrier était bizarre. J’ai toutefois aimé comment l’équipe s’est reprise en deuxième moitié de saison en gagnant sept de ses 10 dernières parties.»

Ajoutez à cela que la pression était forte sur ses épaules. Le match de la coupe Grey se déroulait à Ottawa en novembre dernier.

Ses patrons n’ont jamais songé à le démettre de ses fonctions. Mais un ménage a tout de même été fait chez ses adjoints de longue date. Les Bryan Chiu, Ike Charlton et Travis Moore ont perdu leur emploi tandis que le coordonnateur défensif Mark Nelson s’est vu retirer ses responsabilités.

«La ligue change. Tu dois t’adapter. Tu dois trouver le moyen d’ajouter aussi de nouveaux visages au sein de l’équipe au fil des ans. Parfois, ce sont de nouveaux joueurs. D’autres moments ce sont de nouveaux entraîneurs, a rappelé Rick Campbell.

«Je peux dire que je suis fier d’être membre de cette organisation. Je veux y demeurer le plus longtemps possible.»

Qui sait, peut-être que fiston Campbell pourra gagner quatre autres fois la coupe Grey et rejoindre son père à ce chapitre.

Evans voulait rester, Hebert veut frapper

Ce sera soirée de retrouvailles jeudi à la Place TD.

Le plaqueur Zack Evans, qui a joué les quatre dernières saisons chez le Rouge et Noir, se retrouve maintenant chez les Roughriders de la Saskatchewan. Il affrontera ses anciens coéquipiers.

«Je pourrai enfin poser la main sur le quart-arrière Trevor Harris», a blagué Evans, qui s’est entraîné avec ses coéquipiers mercredi sur la pelouse devant le Parlement.

Ce dernier aurait aimé demeurer à Ottawa durant l’hiver. Mais l’équipe n’était pas prête à lui consentir l’augmentation de salaire qu’il recherchait.

«Il y avait seulement deux endroits où j’étais prêt à poursuivre ma carrière. C’était soit jouer encore à Ottawa ou revenir à la maison», a dit Evans, un natif des Prairies.

Il y aura aussi un peu de nostalgie dans l’air durant cette soirée.

Ce sera le premier match officiel de Kyries Hebert en tant que membre du Rouge et Noir. Il avait effectué ses débuts dans la LCF à Ottawa, il y a 14 ans, dans l’uniforme des défunts Renegades.

«Je peux te dire que j’ai hâte de frapper. Non seulement sur le premier, deuxième et troisième jeu défensif du match, mais aussi jusqu’au 34e jeu», a soutenu Hebert, dont les 110 plaqués étaient le troisième plus haut total l’an dernier dans la LCF.

Le vétéran secondeur était loquace à quelques heures de ses débuts chez le Rouge et Noir. Il a jasé notamment de son ami à la retraite, l’ancien receveur Terrell Owens, dont le nom a été placé mardi sur la liste de négociation des Eskimos d’Edmonton.

Les deux hommes étaient coéquipiers dans la NFL chez les Bengals de Cincinnati. Puis Owens a assisté au mariage de Hebert l’an dernier à Montréal. «Je lui ai justement jasé hier, a soutenu Hebert, 37 ans, assurant que son ami serait capable de jouer dans la LCF malgré ses 44 ans. «Les gens doivent comprendre que le football, c’est son passe-temps. Pour certaines personnes, leur passe-temps est de lire un livre. Terrell aime aller dehors et courir des tracés pour le simple plaisir.»

Owens, dit-il, aurait été intéressée de tenter sa chance à Ottawa. Mais Kyries Hebert n’a jamais approché le DG Marcel Desjardins à ce sujet. «Je suis nouveau ici. Je dois commencer par faire ma place.»