Deux membres du fort contingent francophone du Rouge et Noir, Jean-Philippe Bolduc (20) et Marco Dubois (89), posent aux côtés de la convoitée coupe Grey qui sera disputée dimanche à Edmonton. Le premier est capitaine des unités spéciales, le second s’avère une des nombreuses recrues.

La «French Mafia» zieute la coupe Grey

EDMONTON – Jean-Christophe Beaulieu se tenait en retrait de ses jeunes coéquipiers francophones qui étaient penchés afin d’examiner les noms gravés sur la coupe Grey. Il était hors de question pour lui de les rejoindre près du trophée centenaire.

« Pas de photo pour moi. Ça sera après le match quand nous aurons gagné », a lancé le centre-arrière partant du Rouge et Noir, jeudi matin, lors du déjeuner des champions de l’Est dans un centre de conférence d’Edmonton. Le joueur de cinquième saison participera à la finale de la LCF pour une première fois en carrière contre les Stampeders de Calgary, dimanche, au stade du Commonwealth.

Tout le contraire de son ami Jean-Philippe Bolduc, qui a vécu la joie de la conquête de 2016.

« Je n’ai pas vu la coupe depuis deux ans... je peux te dire qu’elle est toujours aussi belle, a soutenu le capitaine des unités spéciales du Rouge et Noir.

« Je n’ai pas de problème si des gars y touchent, mais disons que je leur dirais de ne pas la lever à bout de bras », a-t-il ajouté en riant.

Sur un ton plus sérieux, Bolduc a rappelé que peu de gens avaient prédit une participation de l’équipe au match de la Coupe Grey. Dans un sondage mené par la LCF avant le début de la saison auprès des médias, Ottawa a été le seul club qui n’a reçu aucun vote comme éventuel champion de 2018.

Une personne leur avait même favorisé les pauvres Alouettes de Montréal.

« Malheureusement, beaucoup de gens avaient des doutes à notre sujet durant la saison. On disait que nous étions incapables de gagner des matches importants. Mais maintenant, on est ici. Et ces mêmes gens disent maintenant après avoir vu notre victoire en finale de l’Est que nous pourrions peut-être battre Calgary dimanche.... Moi, je sais depuis le début de la saison que nous étions capables de nous rendre jusqu’au bout. »

Bolduc croit même que l’édition 2018 s’avère supérieure à celle qui a gagné la coupe, il y a deux ans.

« Nous sommes une équipe nettement plus complète. Il y a moins de lacunes. Si tu regardes l’offensive, la défensive et les unités spéciales, nous sommes parmi les trois meilleurs de la ligue dans toutes les catégories. »

Le Rouge et Noir se pointe au match de la Coupe Grey avec 10 joueurs francophones dans ses rangs, dont sept qui devraient affronter les Stampeders. Seuls Anthony Gosselin, Mikael Charland et Mickael Côté risquent d’être laissés de côté.

Tous les membres de la «French Mafia» du Rouge et Noir, ou presque, ont posé en photo ensemble loin de la coupe Grey. Il manquait Antoine Pruneau et Julian Feoli-Gudino, qui étaient retenus par de nombreuses entrevues à la télé.

Feoli-Gudino a parlé de sa première participation au match de la Coupe Grey en 2012 en tant que membre des Argonauts de Toronto. Il était une recrue au sein de cette formation, tout comme... le quart-arrière Trevor Harris.

Qui aurait dit que les deux amis qui étaient alors réservistes feraient maintenant équipe à Ottawa en tant que partants ? « C’est spécial... six ans plus tard, a lancé le receveur québécois.

« Ça démontre qu’il ne faut jamais arrêter de travailler », a-t-il ajouté.

La journée des médias donne lieu parfois à des moments cocasses. Ou même quelques citations colorées.

Le gagnant de l’édition 2018 du Rouge et Noir ?

Le plaqueur canadien Michael Klassen, qui se déplaçait fièrement en montrant sa coupe Longueuil. « Ce n’est pas juste une coupe de cheveux, mais surtout un mode de vie », a-t-il pris le soin de préciser, lui dont les coéquipiers surnomment «Joe Dirt».

Klassen, Beaulieu, Bolduc et compagnie ont pris le chemin du Foote Field en après-midi afin de tenir une séance d’entraînement privée, loin des caméras et curieux.

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LE ROUGE ET NOIR EN BREF

Le Rouge et Noir veut ravoir son billot de bois

EDMONTON — Jeff Hunt vit ses derniers moments en tant que président du Rouge et Noir. Il aimerait bien ramener non seulement la coupe Grey à Ottawa, mais également un autre truc cher à ses yeux qui se trouve à Edmonton depuis trois ans. Plus précisément ce billot de bois que l’équipe s’est fait dérober lors de la finale de 2015 à Winnipeg. Un billot étampé du logo en forme de « R » qui s’était retrouvé quelques jours plus tard dans le bureau des Eskimos d’Edmonton, le club qui avait vaincu Ottawa. Le président Len Rhodes avait même affiché sur les médias sociaux une photo de lui avec sa nouvelle pièce de collection, narguant au passage le Rouge et Noir. « J’aime Len. C’est un bon gars, mais je lui ai fait clairement savoir que je n’ai pas aimé le geste », a dit Hunt, qui compte bien récupérer le billot en question. Une rivalité était née quelques jours avant la finale lorsque les Eskimos avaient demandé avec succès à la LCF d’interdire les célébrations du Rouge et Noir dans lesquelles un bûcheron coupe un billot avec une scie à chaîne. Cette fois-ci, il n’y aura rien de la sorte. Ottawa a eu le feu vert pour tenir son rituel de la Place TD au match de la Coupe Grey. «J’espère que nos bûcherons seront occupés», a lancé Jeff Hunt.

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Jamais deux sans trois pour le rapide Adeleke ?

Le spécialiste des retours de botté des Stampeders de Calgary connaît bien le botteur du Rouge et Noir. Tunde Adeleke a marqué deux longs touchés sur des tentatives de placement ratées par Lewis Ward dans les rangs universitaires. Chaque fois lors du match Panda. D’abord un de 129 verges en 2013 puis un autre de 120 verges en 2016. Est-ce que ce scénario se reproduira maintenant alors que les deux hommes s’affronteront au match de la Coupe Grey ? « Assure-toi de le demander à Lewis quand tu le verras », a lancé l’ancien des Ravens de Carleton, sourire en coin, au journaliste du Droit. Ward, lui, portait les couleurs des Gee Gees d’Ottawa à l’époque. Ce qu’on sait ? Adeleke est tout aussi dangereux depuis son passage chez les pros en 2017. Tiens le week-end dernier en finale de l’Ouest, il a ramené un botté de dégagement sur 71 verges pour un touché en fin de première demie. Mais le jeu a été annulé en raison d’une pénalité des Stampeders pour avoir retenu. « C’est décevant, mais ça arrive de temps en temps. Je comprends ça. J’ai déjà écopé de pénalités en défensive qui ont coûté cher à mon équipe. Une autre occasion se présentera devant moi », a soutenu le maraudeur canadien.