William Powell (29) a franchi le cap des 1000 verges au sol pour une seconde saison de suite. Son avenir avec le Rouge et Noir est loin d’être assuré.

La fin d’un chapitre approche

EDMONTON — Le receveur Greg Ellingson refuse d’y penser. Le porteur de ballon William Powell aussi.

Le match de la coupe Grey disputé dimanche soir à Edmonton pourrait s’avérer leur dernière sortie en carrière dans l’uniforme du Rouge et Noir. Même chose pour le quart-arrière Trevor Harris, le bloqueur SirVincent Rogers, le secondeur Kyries Hebert et le spécialiste des retours de botté Diontae Spencer.

Tous ces joueurs étoiles verront leur contrat prendre fin en février. Les demandes salariales et l’âge influenceront notamment leur retour ou non en 2019, si saison il y a. La convention collective liant la Ligue canadienne à ses joueurs doit être renouvelée.

Ce qui fait dire à plusieurs observateurs qu’un chapitre important de la jeune histoire du Rouge et Noir risque d’être tourné contre les Stampeders de Calgary lors de la 106e finale de la LCF.

« Moi, je me concentre sur le chapitre actuel. Nous n’avons pas encore terminé de l’écrire. Il reste quelques paragraphes, a lancé Powell, qui a franchi le cap des 1000 verges au sol pour une seconde saison de suite.

«J’étais blessé il y a deux ans quand nous avions gagné la coupe Grey. J’essaie de profiter de la présente semaine et surtout de bien me préparer pour aider l’équipe à obtenir un deuxième titre.»

Powell fêtera ses 31 ans en mars. Son coéquipier Ellingson atteindra le cap de la trentaine dans un mois, lui qui termine sa quatrième saison chez le Rouge et Noir. Quatre saisons durant lesquelles il a franchi la barre des 1000 verges de passes captées.

Le week-end dernier en finale de l’Est, l’Américain de la Floride a été la cible favorite de Harris, qui lui a lancé le ballon huit fois pour 144 verges et un touché. Il s’agissait de sa 100e partie en carrière dans la LCF.

«Je voulais aider l’équipe à participer au match de la Coupe Grey à nouveau, a dit Ellingson, qui s’avère un habitué des joutes éliminatoires.

«C’est la cinquième fois en six ans que je participe au match de la Coupe Grey. Mais je n’ai gagné qu’une fois.»

Harris l’a vanté à plusieurs reprises depuis son arrivée à Edmonton.

«À l’entraînement, on dirait que Greg pratique comme un gars qui se bat pour gagner un poste», a-t-il dit.

«Moi, je répondrais que Trevor est en feu cette semaine lors de nos séances d’entraînement, a répliqué Ellingson. Tu devrais voir ses passes et la façon dont il se comporte. C’est plaisant de voir ça. Il est prêt.»

Un autre joueur de longue date qui pourrait enfiler l’uniforme rouge et noir une dernière fois, c’est Jon Gott.

Le barbu fait partie de l’organisation depuis le repêchage de 2014. Ottawa avait cédé le premier choix au total afin d’obtenir ses services.

Nommé deux fois au sein de l’équipe d’étoiles de l’Est, en 2005 puis 2006, Gott a été relégué à un rôle de réserviste pendant une partie de la saison. Il n’était pas en uniforme en finale de l’Est.

«Ça serait super si je peux jouer dimanche. Je roule ma bosse dans cette ligue depuis une décennie et ne pas participer au match de la coupe Grey, ça ferait mal. Mais si je dois me retrouver sur les lignes de côté, je vais encourager mes coéquipiers.»

Son contrat vient à échéance en février et rien ne laisse croire que le Rouge et Noir lui offrira un nouveau pacte.

Mais Gott, qui fêtera ses 34 ans à la fin de l’hiver, n’a pas l’intention de prendre sa retraite à l’instar de son ami Henry Burris. Il estime être encore en mesure de jouer en tant que partant dans la LCF.

«Je testerai le marché des joueurs autonomes s’il le faut et on verra ce qui se produira.»

Jason Lauzon-Séguin, Nolan MacMillan et Rico Murray font partie de la quinzaine d’autres membres du Rouge et Noir pouvant devenir joueurs autonomes.

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UNE RECRUE DU ROUGE ET NOIR INSPIRÉE PAR SON FRÈRE PARALYSÉ

Devin Bulter fera un appel téléphonique important quelques heures avant le match de la Coupe Grey. Il parlera à son frère confiné à un fauteuil roulant après avoir été tiré par erreur à quatre reprises par un malfaiteur.

« C’est mon meilleur ami, mais aussi mon inspiration, a expliqué la recrue du Rouge et Noir, vendredi, après la séance d’entraînement. Nous nous parlons chaque jour. Je lui dis chaque fois à quel point je l’aime. Lui, il me dit à quel point il est fier de moi. »

Darius Butler a perdu l’usage de ses jambes en 2008. « Quand il s’est retrouvé carrément à la mauvaise place au mauvais moment, a précisé son jeune frangin.

«Il a reçu trois balles dans le dos. Il se trouvait alors à 10 minutes de marche de notre maison à Washington. Il avait 18 ans et avait été recruté pour jouer au basketball universitaire.»

Devin Butler, lui, a fait carrière dans les rangs universitaires au football. D’abord chez le Fighting Irish de Notre-Dame pendant trois saisons où il s’est retrouvé devant la justice. Il a plaidé coupable pour avoir résisté à son arrestation. Un policier avait dû décharger son pistolet électrique contre lui.

Cet épisode l’a mené à se joindre à l’université Syracuse en 2017. Puis en mai, les Stampeders de Calgary l’ont invité à leur camp d’entraînement. Ils l’ont promu au sein de leur équipe d’entraînement avant de le libérer en juillet. Le Rouge et Noir l’a embauché deux mois plus tard. À quel point ses nouveaux patrons l’aiment-ils ?

Butler pourrait être un des demis de coin partant au match de la Coupe Grey, remplaçant Sherrod Baltimore qui a pourtant réussi des interceptions dans trois des quatre dernières parties. «Je serai prêt si on fait appel à moi», a dit le principal intéressé qui a disputé les quatre derniers matches de la saison régulière, réussissant 14 plaqués.

Une blessure l’avait tenu à l’écart de la finale de l’Est. «Même si je suis arrivé ici vers le dernier tiers de la saison, les joueurs m’ont accueilli à bras ouverts. On me traite comme si je fais partie de l’organisation depuis le premier jour du camp d’entraînement. C’est la marque d’une équipe championne», a-t-il souligné.