Paul LaPolice et Marcel Desjardins tenteront de remettre le Rouge et Noir sur le bon chemin.
Paul LaPolice et Marcel Desjardins tenteront de remettre le Rouge et Noir sur le bon chemin.

La deuxième fois fut la bonne pour LaPolice

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Tôt ou tard, Paul LaPolice devait aboutir sur les lignes de côté à Ottawa, une ville avec laquelle le coach américain du New Hampshire possède plusieurs liens intéressants.

L’homme âgé de 49 ans a été présenté officiellement lundi en tant que nouvel entraîneur-chef du Rouge et Noir à la Place TD. Un poste qu’il a failli obtenir en 2013.

« J’avais obtenu une entrevue à l’époque », a confié LaPolice en point de presse.

« Je m’en souviens encore très bien, a-t-il ajouté par la suite en entrevue au Droit. J’avais rencontré la direction de l’équipe dans un hôtel d’Ottawa, car elle n’avait pas encore de bureaux. Les travaux au stade n’étaient pas terminés. »

Le Rouge et Noir avait finalement préféré la candidature de Rick Campbell, qui aura mené l’organisation à trois participations au match de la coupe Grey, dont une conquête.

Six ans plus tard, voilà que LaPolice succède à Campbell après avoir été coordonnateur offensif chez les Blue Bombers de Winnipeg lors des quatre dernières saisons. Il avait été entraîneur-chef de cette même formation de 2011 à 2013, la menant à la finale de la LCF à une reprise.

Aboutir à Ottawa lui permettra de renouer avec ses racines familiales francophones.

« J’ai des descendants qui proviennent de la région. Lesquels exactement, je l’ignore. Mais j’ai hâte de pouvoir démêler tout ça durant mon séjour ici », a raconté Paul LaPolice.

Ses trois jeunes enfants étudient en immersion française à Winnipeg. Ils le suivront à Ottawa, tout comme sa femme Tina.

« Ils pourront m’aider à communiquer en français quand j’irai à Gatineau », a lancé en riant le nouveau coach du Rouge et Noir, qui ne maîtrise pas la langue de Molières.

LaPolice avait une autre confidence. Son meilleur ami, Eric Gagné, est originaire d’Ottawa.

« Il est né ici, mais sa famille a déménagé au New Hampshire quand il était jeune. Nous avons étudié à la même école secondaire. Ses deux gars fréquentent même en ce moment l’Université d’Ottawa », a-t-il relaté.

« Il m’a déjà texté en me disant qu’il va venir voir un de nos matches en rendant visite à ses fils. Le monde est petit, hein ? »

Paul LaPolice a parlé aussi de sa relation avec l’excentrique John Jenkins, qui devait être entraîneur-chef des défunts Renegades d’Ottawa en 2006. Mais la franchise avait fermé ses portes deux mois avant le camp d’entraînement.

« J’ai eu l’occasion de travailler par le passé avec John. Je me souviens de sa conférence de presse ici. Il avait porté un veston rouge écarlate », a lancé en riant LaPolice.

Ce dernier est moins flamboyant que Jenkins. Il avait opté pour le classique veston noir avec une discrète épinglette aux couleurs du Rouge et Noir pour sa première sortie publique.

Un gars positif

Mais à l’image de son ami, Paul LaPolice aime jaser de tout et de rien. Et il déborde de positivisme.

Sa personnalité et sa capacité à assembler des attaques redoutables lui ont gagné la faveur de ses nouveaux patrons.

Desjardins a avoué avoir gardé LaPolice à l’œil après leur rencontre en 2013.

« C’est toujours le fun de voir les gens évoluer. Ce fut impressionnant ce qu’il a pu réussir à Winnipeg », a-t-il dit.

Les Bombers ont aligné une des meilleures offensives, ce qui leur a permis de gagner la coupe Grey le mois dernier.

« C’est un gars aussi qui aime avoir du plaisir, qui comprend qu’il doit faire de longues heures au stade, qu’il faut toujours rester positif même si ça va moins bien », a relaté le DG du Rouge et Noir.

« J’ai aimé son slogan : communiquez, communiquez, communiquez et communiquez encore, a ajouté Desjardins. C’est essentiel selon moi. »

L’architecte du Rouge et Noir dit avoir rencontré certains des vétérans de l’équipe avant de passer en entrevue les sept candidats au poste d’entraîneur-chef. Trois critères d’embauche ont vite ressorti, dont l’accent sur la communication et la préparation en vue des matches, deux éléments qui auraient fait défaut en 2019.

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Imiter Jones et Dickenson

Le nouvel entraîneur-chef du Rouge et Noir a donné un aperçu de l’édition 2020 qui aura la tâche de renouer avec la victoire après avoir conservé une fiche de 3-15 la saison dernière.

Paul LaPolice veut aligner une équipe rapide et physique. Un club qui cessera de donner le ballon à répétition à l’adversaire comme si c’était des bonbons à l’Halloween.

« Tu ne peux pas gagner des matches quand tu es moins 17 au chapitre des revirements », a-t-il dit.

Ottawa a été victime de 27 interceptions en plus d’échapper le ballon à 26 reprises en 18 parties en 2019.

« Une des premières choses que je veux corriger, c’est notre façon de protéger le ballon à l’attaque. Et il faut être plus agressif pour récupérer le ballon en défensive. »

LaPolice aura un gros mot à dire dans l’embauche du futur quart-arrière numéro un du Rouge et Noir en février prochain. Le DG de l’équipe a été clair à ce sujet.

Desjardins a aussi donné carte blanche à son nouvel entraîneur pour le choix de ses adjoints.

« Je compte assembler mon personnel d’instructeurs assez rapidement. Ça commence dès aujourd’hui », a soutenu le principal intéressé.

Des discussions étaient prévues avec les coordonnateurs actuels du Rouge et Noir. On s’attend à plusieurs changements.

On connaît déjà qui sélectionnera les jeux offensifs. « Ce sera moi », a confirmé Paul LaPolice, qui ne sera pas le premier entraîneur-chef de la LCF à porter aussi le chapeau de coordonnateur à l’attaque.

Dave Dickenson et Khari Jones en ont fait de même la saison dernière, respectivement à Calgary et Montréal.

Départs

Par ailleurs, LaPolice pourrait voir certains joueurs clés du Rouge et Noir ne pas être de retour en 2020. Desjardins a confirmé au Droit que le demi défensif Randall Evans et l’ailier défensif Avery Ellis avaient obtenu la permission de l’équipe pour participer à un essai dans la NFL, respectivement chez les Giants et les Jets de New York.

Le secondeur Kevin Brown s’est entraîné lundi devant des dirigeants de Bears de Chicago. Le botteur Lewis Ward doit en faire de même prochainement à Cincinnati chez les Bengals.