Marco Dubois, Anthony Gosselin et le reste de l’équipe du Rouge et Noir ont poursuivi l’entraînement en vue du match de la Coupe Grey.

La coupe Grey en cadeau de fête

EDMONTON — Le gros gâteau de fête attendra pour Louis-Philippe Bourassa. Et si tout va bien, son cadeau sera gros, pesant, vieux et très brillant.

Le spécialiste des longues remises du Rouge et Noir aura 26 ans samedi, la veille de la partie la plus importante de sa carrière. Il participera au match de la Coupe Grey contre les Stampeders de Calgary.

« Gagner la coupe serait le plus beau cadeau qu’on pourrait me faire depuis que je suis jeune. J’échangerais n’importe quoi pour un championnat », a soutenu le joueur natif de Shawinigan, qui termine sa deuxième saison dans les rangs pros.

Sa copine Catherine de même que sa mère Agathe doivent se pointer à Edmonton dans les prochaines heures. Aucune sortie de famille pour souligner son anniversaire n’est prévue.

« Je vais attendre après le match de la Coupe Grey », a-t-il lancé.

Deux de ses coéquipiers connaissent très bien les émotions vécues par le jeune Bourassa ces jours-ci.

« Il y a deux ans, nous avions gagné le jour de ma fête, a souligné le joueur de ligne offensive Jason Lauzon-Séguin.

«C’était spécial de souligner ma fête de cette façon», a ajouté le centre-arrière Brendan Gillanders.

Le duo est né le 27 novembre 1990.

Cette année, ça tomberait le jour d’une potentielle parade de la coupe Grey dans les rues d’Ottawa.

«Je me souviens de la parade en 2016. C’était pluvieux. Ce n’était pas trop beau, mais le monde s’est déplacé en masse sur la rue Bank.»

Une foule qui était estimée à 40 000 personnes par les autorités municipales. Certains partisans se trouvaient sur les toits de commerces lorsque les joueurs ont défilé.

«C’était écœurant de voir tous ces gens nous encourager de la sorte. Mais ce n’était pas surprenant quand tu vois 23 000 à 24 000 spectateurs à la Place TD lors de chacune de nos parties. Nous sommes tellement bien appuyés.»

C’était à l’époque la première conquête de la coupe Grey par une équipe d’Ottawa depuis... 1976.

Gillanders, qui a grandi à Ottawa, ne veut pas que les partisans de football des deux côtés de la rivière des Outaouais attendent 40 autres années. «Ils méritent que nous ramenions la coupe», a-t-il soutenu.

Ce dernier file le bonheur ces semaines-ci. Il a disputé toutes les parties du Rouge et Noir pour une deuxième année de suite, lui dont les trois premières saisons dans la LCF ont été ralenties par les blessures.

Gillanders a même inscrit son premier touché en carrière en finale de l’Est, captant une passe de 29 verges de Trevor Harris.

«Ça faisait tellement de bien de contribuer à l’attaque, surtout lors d’un match si important, a-t-il dit, lui qui est surtout utilisé au sein des unités spéciales. Ça faisait 76 matches que j’attendais ce moment. En espérant ne pas devoir patienter un autre cinq ans pour mon prochain !» Quant à Lauzon-Séguin, tout indique qu’il devra se contenter d’un rôle de réserviste cette fois-ci à la finale de la Coupe Grey après avoir été partant il y a deux ans. «Ça restera un privilège de jouer dans ce match, a-t-il dit.

«Personnellement, je suis prêt à tout faire pour cette équipe. Je suis même prêt à aller porter les bouteilles d’eau au milieu du terrain lors des arrêts de jeu pour la télé.»

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ERIC ROGER, LE RECEVEUR QUI A ÉCHAPPÉ À OTTAWA

Il fut un des joueurs que le Rouge et Noir a laissé filer après le premier mini-camp de son histoire. Est-ce que le receveur Eric Rogers viendra hanter son ancien club ?

« Ça fait longtemps ça », a avoué la vedette des Stampeders. 

Il avait été mis sous contrat par Ottawa dans les premières semaines de 2014.

« Mais l’équipe préférait miser sur des vétérans receveurs pour leur première saison dans la LCF. J’ai l’impression qu’elle ne voulait pas développer des jeunes. Je peux comprendre. »

Rogers s’est dirigé vers l’Arena Football League où il a disputé quelques parties avant d’être embauché par Calgary. Il a passé la majeure partie de la saison 2014 au sein de leur équipe d’entraînement.

Puis l’année suivante, le receveur de 6’3’’ et 215 livres a éclot, dominant la LCF avec 87 passes captées pour 1448 verges et 10 touchés. « Il aurait dû gagner le titre du joueur par excellence », a dit le quart-arrière Bo Levi Mitchell.

Son rendement lui a valu un contrat dans la NFL. Mais des ligaments déchirés à un genou l’ont empêché de se faire valoir chez les 49ers de San Francisco.

Le revoilà cette saison chez les Stampeders où il a été limité à neuf parties, 36 réceptions, 499 verges et cinq touchés en raison d’une nouvelle blessure à un genou qui l’embête encore.

Rogers a toutefois marqué trois touchés, dimanche dernier, en finale de l’Ouest. Ce qui a fait passer son total à sept touchés en cinq matches éliminatoires en carrière dans la LCF. Ce qui lui a aussi valu dans les derniers jours le surnom de « Mister November ».

« Je vais toujours chercher à aider mon club à gagner dans ces parties les plus importantes », a dit Rogers qui participera au match de la coupe Grey pour la première fois de sa carrière.

« J’ai vu les deux derniers à la télé. C’était difficile de voir mes amis perdre », a-t-il ajouté.