Le secondeur Kevin Brown et le demi défensif Sherrod Baltimore seront deux des partants du Rouge et Noir en 2019. Ils ont vécu leur premier hiver canadien dans les derniers mois, loin de leur patelin aux États-Unis.

Kevin Brown et Sherrod Baltimore: du pelletage au patinage

Kevin Brown et Sherrod Baltimore ont pris une décision importante après le match de la Coupe Grey. Les deux joueurs américains du Rouge et Noir ont décidé de passer l’hiver dans la capitale nationale et non au sud de la frontière.

« J’ai choisi la mauvaise année pour rester ici. Il n’a pas arrêté de neiger », a lancé Brown en riant.

C’est sans compter le froid. On était bien loin du temps doux d’Indianapolis, le patelin du secondeur partant.

Sa copine et lui ont élu domicile à Gatineau. Plus précisément dans le quartier du Plateau.


«  Malgré le froid et la neige, il y a tellement de choses que tu peux faire ici. J’adore cette diversité.  »
Sherrod Baltimore

« Le seul temps que la barrière de la langue fût un problème, c’est lorsque je suis allé à l’épicerie les premières fois. J’ai découvert rapidement l’application Google Traduction », a-t-il relaté après avoir terminé une autre journée au camp d’entraînement du Rouge et Noir à la Place TD.

Brown, 26 ans, se consolait. Il n’a pas eu à pelleter durant son premier hiver canadien.

« Quelqu’un venait toujours déblayer chez moi », a-t-il noté.

Baltimore, lui, n’a pas eu cette chance dans le sud d’Ottawa. Il a dû sortir la pelle souvent. Pas qu’il s’en plaint trop.

« J’ai aimé mon hiver ici. Ce fut extraordinaire », a soutenu le demi défensif, qui a grandi à Fort Washington. Sa famille habite encore au Maryland.

L’idée de rester à Ottawa lui trottait déjà depuis quelques mois en tête. Son amie de cœur d’origine marocaine avait déjà vécu ces dernières années à Winnipeg. Elle l’a convaincu de se taper l’aventure hivernale canadienne.

« Ça me permettait de m’entraîner avec certains coéquipiers au stade et non seul si j’étais retourné chez moi. Puis j’ai eu l’occasion de vivre des expériences exceptionnelles. »

Baltimore est devenu accroc au hockey. On l’a vu souvent aux parties des 67’s. Il possède même son chandail des finalistes de la Ligue de hockey de l’Ontario.

Le joueur de 5’8’’ et 175 livres a même tenté sa chance sur une glace. « J’ai pu découvrir qu’on peut patiner sur le canal Rideau quand ça gèle », a-t-il lancé.

Le petit Sherrod a aussi goûté aux plaisirs de la glissade. « Il y a un endroit exceptionnel avec des tubes à Gloucester, a-t-il souligné.

«Malgré le froid et la neige, il y a tellement de choses que tu peux faire ici. J’adore cette diversité.»

Est-ce que la paire serait prête à répéter l’expérience l’hiver prochain ?

«Oh que non ! Tu peux l’écrire. Je ne resterai pas ici. Je vais aller en Floride, a lancé Brown, sourire en coin.

«Cela dit, je recommanderais à mes coéquipiers de vivre l’aventure d’un hiver canadien au moins une fois durant leur carrière. Ça te permet de mieux découvrir la région. Durant la saison, nous n’avons pas le temps de visiter ici et là. Nous sommes toujours au stade de football. Même s’il a fait très froid et il a beaucoup neigé, je suis content d’avoir tenté l’expérience.»

Un de ses coéquipiers qui ne va pas imiter Baltimore et lui ? Jonathan Rose.

«J’ai passé l’hiver à appeler Sherrod pour dire que je priais pour lui», a lancé le demi de coin originaire de l’Alabama.

Ces trois joueurs seront des morceaux importants de la défensive du Rouge et Noir en 2019.

Baltimore a terminé l’année précédente en ayant réussi quatre interceptions dans les cinq dernières parties.

Rose a été le co-meneur de la Ligue canadienne de football au chapitre des interceptions avec cinq en 2018 tandis que Brown a réussi 55 plaqués et deux sacs.

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Un accident de la route qui a marqué une recrue du Rouge et Noir

Kain Anzovino pensait à sa sœur Kelly en se tapant mardi les sept heures de route qui séparent Fort Erie et Ottawa.

Cette dernière est décédée, il y a presque 10 ans, dans un accident sur la route provinciale 3. Plus précisément le lendemain de Noël en 2009.

« Elle serait fière de moi en ce moment », a raconté la recrue du Rouge et Noir. Le jeune homme âgé de 26 ans a participé à une première séance d’entraînement, mercredi matin, à titre de spécialiste des longues remises.
L’équipe aimerait bien avoir un plan B en cas de blessure à Louis-Philippe Bourassa, un des meilleurs à cette position dans la LCF.

« J’ai eu l’appel du Rouge et Noir ce lundi... trois jours après m’être fiancé. Je peux te dire que j’ai l’impression de me retrouver dans des montagnes russes d’émotions. »

Sa belle Hannah lui a dit oui, vendredi soir. La grande demande s’est effectuée dans leur patelin de Fort Erie.

« Devant le banc de parc que nous avions fait ériger en mémoire de ma sœur. J’ai déposé la boîte avec la bague sur le banc. Ma copine l’a vite remarquée », a relaté Anzovino, visiblement fier de son coup. Sa frangine a toujours été importante dans sa vie. Seulement 14 mois séparaient la paire.

Anzovino lui avait rendu hommage à la suite de son décès en portant le numéro 25 lors de sa dernière saison de football à l’école secondaire. Parce que le 25 décembre, c’est Noël. C’était la journée favorite de la disparue.

À Ottawa, Kain Anzovino a hérité du dossard 91 qui était libre depuis le renvoi du plaqueur américain Zaycoven Henderson en début de semaine. Il s’agit de sa deuxième opportunité dans la LCF.

Les Argonauts de Toronto l’avaient repêché en 2018, mais l’avaient libéré après une seule semaine au camp d’entraînement.

« Je crois que je suis un meilleur joueur que l’an dernier. J’ai appris de cette expérience et je compte le démontrer », a dit le produit de Kent State University.

Anzovino est réaliste. « Les emplois de spécialiste des longues remises sont peu nombreux. Tu as un poste par équipe. Et souvent quand tu fais bien ton travail, tu vas demeurer en place pendant huit à 10 ans », a-t-il souligné.