Louis-Philippe Bourassa entame sa troisième saison chez le Rouge et Noir. Vendredi soir, il tentera de gagner devant sa mère, elle qui a fait le trajet de Shawinigan-Sud à Ottawa pour voir jouer son fils.

Jouer et gagner devant maman

Quand il sautera sur le terrain vendredi soir, Louis-Philippe Bourassa jettera un coup d’œil vers la rangée F des estrades situées sur le côté nord de la Place TD. Puis le spécialiste des longues remises du Rouge et Noir saluera sa maman.

Agathe Brière sera fidèle au poste. Elle n’a raté aucune partie locale du plus jeune de ses deux garçons depuis ses débuts dans la LCF en 2017.

Il était hors de question de manquer ce prochain match contre les Blue Bombers de Winnipeg, un duel entre deux équipes invaincues en deux sorties cette saison.

« Elle fait le voyage chaque fois entre Shawinigan-Sud et Ottawa. Elle porte toujours mon chandail », relate Bourassa, visiblement ému.

C’est 353 km de route. C’est presque quatre heures derrière le volant.

« Elle est bonne de faire ça. Rien ne me fait plus chaud au cœur que de voir ma mère dans les estrades, de savoir qu’elle est là. J’ai toujours le même rituel. Je vais la pointer en embarquant sur le terrain. Puis rien ne bat de la voir s’en venir vers moi après le match sur le terrain avec un gros sourire pour me faire un câlin. »

L’athlète de 6’3’’ et 231 livres a la gorge nouée en parlant de la femme âgée de 58 ans.

« C’est normal. C’est la personne la plus chère à mes yeux. Je lui dois pas mal tout. Tu sais, nous sommes aussi émotifs les joueurs de football, même si nous le cachons parfois très bien. »

Ses parents sont séparés depuis plusieurs années. Bourassa, qui entame sa troisième saison chez le Rouge et Noir, a été élevé par sa mère durant son adolescence.

« Elle a eu le pire, lance le colosse âgé de 27 ans en riant. Ça n’a pas toujours été facile. Disons que j’ai vécu plein d’affaires avant d’arriver ici. J’ai pris parfois de moins bonnes décisions comme un peu tout le monde. Ma mère m’a toujours sorti du trouble. Elle a été très patiente et aimante. »

Le voilà qu’il disputera son 37e match consécutif en saison régulière en tant que morceau essentiel des unités spéciales du Rouge et Noir.

Dire qu’il a commencé à pratiquer le football sur le tard au Cégep de Trois-Rivières après avoir pris une pause de deux ans dans ses études à sa sortie de l’école secondaire. Il a percé l’alignement des Diablos après s’être présenté comme joueur invité au camp d’entraînement.

Louis-Philippe Bourassa était alors utilisé comme un centre-arrière. Un concours de circonstances l’a mené au rôle de spécialiste des longues remises.

« J’étais blessé à une cheville à ma première année au cégep. J’étais sur les lignes de côté avec les autres joueurs blessés. Je les voyais faire des remises. J’ai décidé d’essayer pour le plaisir. »

Ce fut le début de sa carrière à cette position qu’il a apprise sur le tas. Sans l’aide d’entraîneur. Parfois, il jetait un coup d’œil sur des vidéos.

« C’était par essais et erreurs que j’ai appris. À l’université, je pouvais changer ma prise trois fois par année. Je suis un gars perfectionniste. J’ai passé beaucoup de temps chez moi à snapper le ballon dans les airs. J’en ai sué un coup pour me rendre jusqu’ici. Je pense que je m’en suis sorti pas trop pire ! »

Le Rouge et Noir est bien heureux de miser sur lui. Bourassa complète un trio intéressant avec les botteurs Lewis Ward et Richie Leone.

Ward a réussi ses 57 dernières tentatives de placement en saison régulière tandis que Leone montre une moyenne de 53,6 verges par dégagement, la plus élevée en 2019. Ils n’ont jamais eu droit à une mauvaise remise de la part de leur coéquipier natif de la Mauricie.

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Absence de Klassen, retour de Feoli-Gudino

Le Rouge et Noir sera privé de deux, et non un, de ses quatre joueurs réguliers au sein de la ligne défensive.

On savait déjà que l’ailier Danny Mason, blessé sérieusement à une jambe, n’affronterait pas les Blue Bombers de Winnipeg. Sa saison est compromise.

On ignorait toutefois que le plaqueur canadien Michael Klassen, un brin amoché, raterait cet affrontement contre des puissances de la LCF. La nouvelle est tombée jeudi matin à la veille de la visite des Bombers. Le plaqueur américain George Uko prendra sa place. Ce n’est pas le seul changement.

Le receveur québécois Julian Feoli-Gudino obtiendra un premier départ en 2019, prenant la relève de la recrue Seth Coate. Il sera réuni au quart-arrière Dominique Davis avec lequel il était aussi coéquipier pendant deux saisons à Winnipeg. «Nous nous connaissons très bien», a rappelé Feoli-Gudino, qui pourrait être une cible de choix vendredi.

Reste à voir quelle version de Davis se présentera lors de ce match. Est-ce que ce sera le quart qui a été victime de quatre interceptions contre Calgary ou le joueur qui a lancé trois passes de touché face aux Roughriders?

Les vétérans et membres des unités spéciales, Brendan Gillanders et Nicolas Boulay, seront aussi laissés de côté. Le jeune Mickaël Côté effectuera un retour dans l’alignement après avoir été rayé de l’alignement, il y a une douzaine de jours.