Joshua Stangby a capté cinq passes lors du premier de la saison vendredi dernier. Ce qui a surtout impressionné, ce sont celles qu'il a réussi à attraper alors qu'on les croyait hors de portée.

Joshua Stangby prêt pour un gros été

Après quelques semaines, Joshua Stangby se sent déjà chez lui dans la capitale du Canada.
Au fond, ce n'est pas vraiment étonnant.
Il a vécu pendant deux ans à Ottawa. Il a même étudié et joué au football pour l'équipe de l'Université d'Ottawa.
On parle cependant d'une différente ville qui s'appelle Ottawa.
Ottawa... au Kansas.
« C'est une petite ville d'environ 4000 personnes. Disons que c'était pas mal plus petit », a-t-il confié en rigolant avec un collègue, mardi après-midi.
La dernière séance d'entraînement du Rouge et Noir venait de prendre fin abruptement à cause de l'orage qui faisait rage dans le Glebe.
« Clairement, la version canadienne d'Ottawa est plus riche, culturellement parlant. Il y a clairement plus de choses à faire. Je crois que je vais bien m'amuser ici », dit-il.
Sur le terrain de la Place TD, en tous cas, c'est bien parti.
Stangby a été la révélation du premier match de la saison. Vendredi dernier, dans un verdict nul de 31-31 contre les Stampeders de Calgary, il a capté cinq passes du quart-arrière Trevor Harris.
Il n'a pas été le receveur le plus occupé sur le terrain. Harris, en fait, a préféré ses vieux complices Greg Ellingson et Brad Sinopoli. Les vétérans ont capté huit passes chacun.
Stangby, verte recrue, s'est surtout démarqué par son sens du spectacle. Il a capté quelques ballons qu'on croyait hors de portée, avec d'impressionnants plongeons.
Il a couronné cette belle soirée d'une manière parfaite, en inscrivant son premier touché en carrière durant le quatrième quart.
« Notre séquence à l'attaque avait été longue. Je me répétais qu'il fallait absolument qu'elle se termine en beauté. Marquer un touché en fin de match, comme ça, c'était quelque chose de gros pour moi », commente-t-il.
Durant ses deux saisons passées au Kansas, chez les Braves de « l'autre » Université d'Ottawa, Stangby a marqué 18 touchés. Il a gagné 1465 verges en captant 84 passes.
Ces performances lui ont valu quelques brefs essais dans la NFL. Il s'est entraîné avec les Falcons d'Atlanta et avec les Colts d'Indianapolis. Il a rebondi à Portland, en Oregon, pour tenter sa chance dans l'Arena Football League.
Rien pour satisfaire sa soif de faire ses preuves.
Sortir de nulle part
Le grand livre d'histoire de la Ligue canadienne est plein de chapitres consacrés à des joueurs qui, comme lui, sont sortis un peu de nulle part pour se faire un nom.
Cette semaine encore, Stangby aura la chance d'écrire le sien. En l'absence du vétéran blessé Kenny Shaw, il occupera une fois de plus un poste important dans la formation partante.
Juron Criner, un autre jeune receveur, sera lui aussi lancé dans la mêlée.
« Ils ont tous les deux fait du très bon travail dans notre match inaugural, croit l'entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell. Avec le temps qui passe, ils se sentiront plus à l'aise. Juron était avec nous l'an dernier et il a eu la chance de jouer en fin de saison. Il se trouve cependant dans une position différente sur le terrain. Il doit s'adapter. »
« Le succès de Stingby ne me surprend pas du tout. Il a connu un excellent camp d'entraînement. Quand il s'habituera au gros terrain et aux autres subtilités du jeu canadien, il pourrait devenir un joueur spécial », ajoute-t-il.
Stangby, qui a grandi plutôt loin de la LCF, à North Hollywood en Californie, ne demande qu'à faire ses preuves.
« J'ai soif de faire mes preuves depuis toujours. Tout cela n'a rien de nouveau pour moi », résume-t-il.
Porteurs de ballon en duo ?
Bonne nouvelle. La blessure de William Powell n'est pas aussi sérieuse qu'anticipée. «Il a même plutôt bonne mine», a déclaré Rick Campbell, lorsqu'on lui a demandé de parler de son porteur de ballon numéro un. Powell, qui s'est blessé dans le premier match de la saison, pourrait accompagner le Rouge et Noir dans son voyage vers Calgary. Il est même question qu'il soit en uniforme, jeudi soir, dans le match revanche contre les Stampeders. «Nous pourrions utiliser Mossis Madu au sein de la première unité offensive. Nous pourrions aussi miser sur William. Nous pourrions utiliser les deux, chacun leur tour. Nous avons suffisamment de place, au sein de notre alignement, pour les utiliser tous les deux», explique Campbell. La saison dernière, Madu a conservé une moyenne de 5,33 verges gagnées par course. Il a porté le ballon 92 fois.
Grande gueule sur le terrain ?
La rivalité entre les Stampeders et le Rouge et Noir est bel et bien en train de gagner de l'ampleur. Le quart vedette des Stamps, Bo Levi Mitchell, a même poursuivi la bataille dans les réseaux sociaux, ce week-end. Dans un tweet, il a nargué le secondeur d'Ottawa Serderius Bryant. «Le seul endroit où ton nom apparaît, sur la feuille de pointage, c'est dans la colonne des pénalités», a-t-il gazouillé. Bryant lui a sagement répondu qu'il évitait les bagarres et les querelles sur Internet. Plus tard, Mitchell a fait comprendre aux gens que son rival avait passé la soirée de vendredi à se faire aller le «mâche patates» sur le terrain. Il a nargué les Stamps durant le match. «Si c'est arrivé, je n'en ai jamais été conscient. J'étais occupé ailleurs», commente Rick Campbell.
Les enfants et la coupe Grey
Le voile sera levé sur la programmation du Festival de la coupe Grey dans les prochaines heures. Mardi, les dirigeants du Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) annonçaient déjà avec fierté que les familles seront à l'honneur, le vendredi 24 novembre. Ce jour-là, les enfants de «partout dans la région profiteront d'une journée pédagogique». Ce ne sera malheureusement pas le cas de plusieurs écoliers du Québec.