Le quart partant du Rouge et Noir, Jonathon Jennings, affrontera les Lions de la Colombie-Britannique, vendredi soir, dans le stade où il a joué pendant quatre ans.

Jennings affrontera son ancien club

Jonathon Jennings ne le cache pas. Son retour à Vancouver sera rempli d’émotions.

Le nouveau quart-arrière partant du Rouge et Noir affrontera son ancienne équipe, les Lions de la Colombie-Britannique, vendredi soir, au BC Place. Un stade dans lequel il a joué lors des quatre années précédentes.

« Je suis excité pour plusieurs raisons. C’est là que tout a commencé pour moi, que ma vie a changé », a-t-il rappelé.

Jennings s’était pointé chez les Lions à l’âge de 22 ans en 2015. Le natif de Columbus n’avait pas joué au football la saison précédente.

« C’est devenu mon chez-moi. Je suis devenu un quart-arrière partant dans cette ligue. J’ai de bons souvenirs... et aussi de moins bons », a-t-il avoué.

Jennings était un candidat au titre de joueur par excellence en 2016 après avoir complété 371 passes pour 5226 verges et 27 touchés. Il avait aussi mené les Lions à la finale de l’Ouest contre Calgary.

« Mon plus beau souvenir est la demi-finale de l’Ouest. Nous avions gagné ce match dans la dernière minute de jeu. »

Jennings avait effectué une course spectaculaire pour le touché victorieux contre Winnipeg.

Les choses se sont gâtées les deux années suivantes, particulièrement la saison dernière. Le nouveau directeur général Ed Hervey l’a critiqué ouvertement dans les médias.

L’agent du joueur s’en est mêlé. Un divorce entre Jennings et les Lions était prévisible.

« J’ai vécu beaucoup plus de choses positives que négatives là-bas », a pris soin de préciser le principal intéressé.

Embauché durant l’hiver par Ottawa, Jonathon Jennings est devenu le nouveau partant la semaine dernière contre Toronto. Il n’a pas été extraordinaire, ni mauvais dans le revers de 46-17, complétant 33 de 42 passes pour 327 verges, un touché et une interception.

« Je crois que j’ai pris de bonnes décisions. J’avais bien lu le jeu sur la séquence qui a mené à l’interception. Ce fut tout simplement une passe de mauvaise qualité de ma part. »

Le nouveau papa sait que des partisans en ont déjà le ras-le-bol avec le Rouge et Noir et leurs quarts. Il a saisi au fil des ans l’importance de développer une solide carapace pour affronter les critiques.

« Quand tu es jeune, on ne te remet pas en question. On dit que tu as du potentiel. Mais plus tu vieillis, ça prend le bord. On demande plutôt ce que tu as fait dernièrement pour l’équipe. Même un quart comme Matt Nicholls est critiqué à Winnipeg. Pourtant, il joue bien et son équipe montre une fiche gagnante, a-t-il souligné.

«Personne ne peut comprendre à quel point c’est une position qui n’est pas facile à jouer. Tu as des gars de 6’8’’ devant toi qui veulent t’achever sur chaque séquence à l’attaque. Ce n’est pas le même jeu que les gens peuvent voir à partir de leur siège dans les estrades.»

Jonathon Jennings et ses coéquipiers ont participé à une dernière séance d’entraînement à la Place TD, mercredi midi. Un vol d’avion les attendait plus tard dans la journée vers la côte du Pacifique.

Il s’agira du 12e match d’une saison 2019 à oublier.

Ottawa s’accroche à de minces espoirs de participer aux éliminatoires pour une cinquième année de suite. Il se trouve au troisième rang de la division Est avec une fiche de 3-8.

«Il nous reste sept parties. On ne se le cachera pas. Ça ne sera pas facile. Mais j’ai déjà vu des équipes faire le coup dans le passé», a lancé Jennings.

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COURIR VITE ET... TRAVAILLER AVEC LES MORTS

Stefan Logan croyait bien avoir marqué son plus long touché sur un retour de botté en carrière dans la LCF.

Mais deux pénalités écopées par ses coéquipiers Randall Evans et Darius Jackson ont annulé ce jeu spectaculaire de 99 verges lors du dernier match du Rouge et Noir. «C’est clair que c’est frustrant, a avoué le vétéran âgé de 38 ans.

«Mais tu sais, ce genre de choses fait partie du football. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive.»

Logan en était à un troisième match samedi dernier dans l’uniforme du Rouge et Noir. Il a été embauché afin de remplacer le spectaculaire DeVonte Dedmon, à nouveau blessé.

Auparavant, le natif de la Floride a évolué cinq saisons chez les Alouettes de Montréal.

Ses débuts dans la LCF ont eu lieu en 2008 en Colombie-Britannique. Les quatre années suivantes, il les a passées dans la NFL. D’abord une saison complète à Pittsburgh puis les trois autres chez les Lions de Détroit.

Logan a notamment été nommé réserviste en vue du match du Pro Bowl en 2010. Une saison durant laquelle il avait marqué un touché sur un retour de botté d’envoi de 105 verges.

«Je m’amuse toujours autant à jouer à ce sport. Et je pense que j’ai démontré qu’il reste encore pas mal d’essence dans mon réservoir, a soutenu l’athlète de 5’6’’ et 180 livres.

«Mon père m’a toujours répété que l’âge, ce n’est qu’un chiffre parmi tant d’autres dans la vie.»

Son papa en sait quelque chose. Il est un ancien directeur de pompes funèbres qui a longtemps travaillé aussi à la faculté de médecine à l’Université de Miami.

Ce dernier a notamment embauché fiston durant deux étés afin de l’aider avec les corps morts dans le laboratoire.

«Tu fais tout, et tu en vois de tout. Des têtes détachées du reste du corps... de la peau qui tombe des bras, a-t-il dit.

«Je me souviens de ma première journée. Mon père m’a invité à aller prendre le lunch. J’avais tellement le ventre à l’envers que j’ai été incapable de manger», a-t-il ajouté.

Mais Stefan Logan remercie son père pour la leçon. «D’avoir une attitude de col bleu, de toujours travailler sans relâche, peu importe les conditions. De tout faire pour mettre de la nourriture sur la table pour ta famille», a-t-il soutenu.

Le numéro 5, lui, a six enfants. Ça fait beaucoup de bouches à nourrir. Une raison de plus aussi pour  lui de continuer à jouer au football et tenter de marquer un touché ou deux sur des retours de botté.