Antoine Pruneau et ses coéquipiers du Rouge et Noir tenaient à donner un coup de main aux sinistrés de l'Outaouais.

Inondations: un coup de main du Rouge et Noir

Pelle à la main, Antoine Pruneau était assis dans les gradins de l'aréna Campeau. Quatre de ses coéquipiers du Rouge et Noir aussi.
Il était 11 h 40. Le quintette attendait impatiemment depuis plus de 90 minutes pour le feu vert afin de commencer à remplir des sacs de sable.
Ces joueurs des champions de la coupe Grey tenaient à épauler les sinistrés des inondations qui plaquent l'Outaouais. Pourtant, personne à Gatineau n'avait fait appel à ces bûcherons des temps modernes.
Ces derniers ont tout simplement décidé la veille qu'ils devaient participer à ce front commun face à la crue printanière. Un employé de l'équipe, Mark Sluban, s'est chargé de les guider vers Templeton.
« Nous faisons toujours beaucoup de bénévolat. Là, il y a des familles en détresse. Ça n'aurait pas de bons sens de ne pas être ici, surtout quand nous tentons toujours d'être un bon exemple dans la communauté, a commencé par expliquer Pruneau.
«Nous sommes des gars jeunes. Des gars forts et en forme. Nous pouvons pelleter longtemps, a ajouté le demi défensif Jean-Philippe Bolduc, sourire en coin.
«C'est à nous de prendre le relais, a-t-il poursuivi plus sérieusement. Il y a des gens fatigués physiquement et émotionnellement. Ça nous fait plaisir de donner un coup de main aux gens. Il y en a plusieurs de ces personnes qui viennent même à nos matches.»
Bolduc a été épargné par les inondations, mais pas ses anciens copains de classe à Rigaud où il a étudié durant son adolescence. «J'ai des amis là-bas dont la maison est remplie d'eau», a-t-il souligné.
L'athlète âgé de 26 ans a déjà été un sinistré en 1998 lors de la tempête du verglas. «Je me rappelle d'avoir dû passer au moins une semaine à l'hôtel. Nous étions cinq ou six dans une chambre avec mes cousins et mes grands-parents», a-t-il relaté.
C'est pourquoi Bolduc n'a pas hésité à se déplacer lundi matin vers Templeton. Même chose pour le centre-arrière Brendan Gillanders et les colosses Jon Gott et Connor Williams.
«Cette communauté-ci a fait tout un travail pour nous appuyer depuis nos débuts. C'est la moindre des choses pour nous de l'aider à notre tour, surtout durant une période si éprouvante, a noté le barbu Gott du haut de ses 6'3'' et 297 livres.
«Et je suis pas mal convaincu que mes coéquipiers et moi serions ici même si nous ne faisions pas partie de l'équipe de football. C'est juste normal d'être ici et aider.»
C'est que Gott connaît ça se retrouver les pieds dans plusieurs pouces d'eau. Il était à Calgary lorsque la métropole albertaine a été inondée en 2013.
Quant à Williams, il n'a pas oublié un désastre naturel qui avait secoué la communauté dont il était membre pendant trois ans durant son enfance.
«J'ai habité à Saskatoon à un certain moment. Et une tornade avait traversé la ville. C'était épeurant. C'était désolant de voir tous ces gens perdre leur maison. Si je peux aider des gens à protéger leur maison aujourd'hui, ça serait au moins ça de bien.»
Sur cette dernière phrase, le joueur surnommé «Connor Le Barbare» en raison de son gabarit impressionnant s'est levé. Le temps était enfin venu de commencer à remplir ces nombreux sacs fraîchement livrés aux employés de la Ville de Gatineau.