Le débat concernant l’interprétation de l’hymne national rend SirVincent Rogers profondément mal à l’aise.

Heureux loin des querelles

SirVincent Rogers l’a souvent dit. Il est heureux au Canada en général et à Ottawa en particulier.

Ces jours-ci, quand il regarde ce qui se passe chez lui, aux États-Unis, il se trouve encore plus chanceux.

Le débat concernant le code de conduite à adopter durant l’interprétation de l’hymne national le rend profondément mal à l’aise.

Les dirigeants de la NFL ont proposé de nouvelles mesures pour la saison à venir. Désormais, les joueurs qui refuseront de se lever debout, avant les matches, durant le Star Spangled Banner, devront rester au vestiaire.

« C’est le genre de décision qui risque de créer davantage de frictions entre les joueurs, les propriétaires d’équipe, les fans », estime-t-il.

À 32 ans, Rogers est un des joueurs les plus expérimentés chez le Rouge et Noir. Il a été choisi à deux occasions au sein des équipes d’étoiles de la Ligue canadienne de football, à titre de bloqueur. Quand il prend la parole, dans le vestiaire, on le respecte.

Il est surtout originaire du Texas, en plein cœur de la Bible Belt américaine. Il est fort sensible aux inégalités sociales qui existent chez lui.

« Toute cette histoire a commencé à cause d’un homme. Au départ, quand Colin Kaepernick s’agenouillait durant l’hymne national, il voulait dénoncer des situations qui affectent tout le monde. Les gens de partout, dans la société, devraient s’unir pour que les choses changent. Les inégalités sociales affectent tout le monde. Les principales victimes sont les membres d’un groupe ethnique bien précis, mais tout le monde finit par en souffrir. »

Rogers croit que tous les joueurs de la NFL devraient avoir le droit de s’exprimer, pacifiquement, en posant le genou au sol durant l’hymne national.

« Je me demande surtout pourquoi on adopte de nouveaux règlements quand les hymnes nationaux ne font même pas partie de notre sport. On le chante avant chaque partie, c’est une tradition. Mais ça ne fait quand même pas partie du sport ! Un joueur qui pose un genou au sol ne manque pas de respect envers notre hymne national, notre drapeau ou notre pays, si vous voulez mon avis. »

Alors que la première semaine du camp d’entraînement s’achève, à Ottawa, Rogers se sent bien. Il est heureux de gagner sa vie dans un pays où il peut se concentrer exclusivement sur le football.

« Je suis heureux, ici. Les partisans sont vraiment super. Le Canada est un magnifique pays. J’ai été accueilli à bras ouverts. Tous les joueurs américains sont les bienvenus dans la LCF. »

À l’aube de sa quatrième saison avec le Rouge et Noir, il croit ses collègues de la ligne à l’attaque capables de grandes choses.

« Les gars qui étaient des recrues il y a quelques années ne sont plus si jeunes, maintenant. Ils ont gagné de l’expérience. Ils sont plus confiants. Si nous pouvons éviter les blessures, tout va bien aller. »

Un reporter de CBC a contacté le bureau du commissaire de la LCF, jeudi. Randy Ambrosie a indiqué qu’il n’empêcherait jamais un joueur de s’agenouiller, avant un match, durant l’hymne national canadien.

Les Canadiens ont le droit de s’exprimer, s’ils le font pacifiquement, a-t-il répondu.

Ça ne risque pas d’arriver, selon Rogers. « Tout le monde connaît les paroles de Ô Canada. Nous aimons les chanter. »

Kilométrage élevé
Le Rouge et Noir a tenu une séance d’entraînement légère, jeudi. Un nouveau-venu n’a pas manqué d’attirer les regards. Il s’agit du plaqueur américain Bruce Gaston.

Le gaillard de 26 ans, qui pèse plus de 300 livres, a fait partie de pas moins de 10 organisations, dans la NFL, entre 2014 et 2017.

Il a pris part à neuf matches, en tout, en saison régulière : deux avec les Packers de Green Bay et sept avec les Bears de Chicago.