Le visage de l’attaque du Rouge et Noir sera méconnaissable en 2019. Trevor Harris, William Powell, Greg Ellingson et SirVincent Rogers joueront dorénavant dans la division Ouest, ayant quitté Ottawa mardi.

Hécatombe chez le Rouge et Noir

Le Rouge et Noir a encaissé un dur plaqué mardi lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes de la Ligue canadienne de football (LCF). En l’espace de deux heures, il a perdu quatre des cinq morceaux les plus importants de son attaque, dont Trevor Harris.

La dangereuse attaque du Rouge et Noir a été démantelée en l’espace de deux heures, mardi, lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes de la LCF.

L’équipe a perdu non seulement son quart-arrière numéro un, mais également son receveur étoile, son bloqueur le plus dominant et le deuxième porteur de ballon le plus productif du circuit en 2018. Trevor Harris, Greg Ellingson et SirVincent Rogers poursuivront leur carrière chez les Eskimos d’Edmonton tandis que William Powell s’est joint aux Roughriders de la Saskatchewan.

«Ce n’était pas nécessairement le scénario que nous voulions, a concédé le directeur général Marcel Desjardins durant une conférence téléphonique.

Mais c’est un divorce auquel ses adjoints et lui s’attendaient tout de même depuis un certain temps. Des rumeurs envoyaient notamment Harris dans la ville albertaine où il retrouve son ancien entraîneur des quarts à Toronto.

«Ce n’est rien de surprenant du tout, a soutenu Desjardins.

«La seule chose que je peux dire, c’est que certains joueurs ne voulaient pas être de retour pour une raison ou une autre. Dans d’autres cas, c’était une question soit d’argent ou l’organisation avait décidé d’aller dans une direction différente.»

Harris, qui a mené le Rouge et Noir au match de la Coupe Grey, a accepté un pacte de deux ans évalué à 1,1 million $. Il venait de connaître la meilleure saison de sa carrière, dépassant pour la première fois le cap des 5000 verges par la passe.

Est-ce que ça aurait coûté trop cher pour garder Trevor Harris à Ottawa? Il avait touché un salaire de 450 000 $ en 2018.

«Oui», a répondu Desjardins. Il était hors de question pour lui de déroger de son échelle salariale.

Le DG franco-ontarien avait déjà une bonne idée du sort de Harris à la fin janvier, a-t-il dit. Plus précisément au moment où l’équipe a mis sous contrat le substitut Dominique Davis.

Harris, lui, confirme avoir convaincu Ellingson, sa cible favorite, de le suivre chez les Eskimos. «Je l’ai appelé», a-t-il expliqué aux médias d’Edmonton.

Les Eskimos ont facilité la décision du receveur en lui offrant 250 000 $ par année, une augmentation de salaire importante. Ajoutez à cela que le Rouge et Noir n’était plus aussi amoureux de lui.

Quant à Rogers, la lune de miel était aussi terminée. Il jonglait avec l’idée de jouer ailleurs depuis la fin de la saison.

Dans un gazouillis, le vétéran a fait allusion au «traitement offert à d’autres vétérans de l’équipe» pour expliquer en partie son départ. Il n’a pas aimé que son ami Powell soit écarté des deux derniers matches réguliers, ce qui lui a coûté des bonis reliés aux performances.

Parlant de Powell, il ne faisait tout simplement plus partie des plans du Rouge et Noir, a appris Le Droit.

Tous ces départs ont piqué au vif les amateurs. Ils rêvaient de conserver intact le noyau de l’attaque dans l’espoir d’une quatrième participation en cinq ans au match de la Coupe Grey.

«Je peux comprendre. Ce sont des joueurs à des positions populaires», a lancé Marcel Desjardins à ce sujet. Mais il a rappelé que l’organisation a été capable de dénicher de nouveaux joueurs d’impact par le passé. Qu’il a confiance d’aligner à nouveau «une équipe qui sera compétitive et excitante à regarder» en 2019.

«L’équipe sera plus jeune. Ça ne sera pas une mauvaise chose», a-t-il précisé.

Harris, Ellingson, Powell et Rogers étaient âgés dans la trentaine.

«Je ne sais pas si reconstruction est le terme approprié, mais ça sera différent», a reconnu Desjardins.

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DOMINIQUE DAVIS SERA LE QUART-ARRIÈRE NUMÉRO UN... POUR L'INSTANT

Trevor Harris parti chez les méchants Eskimos, qui sera maintenant le nouveau général de l’attaque à la Place TD ?

Non, le futur membre du Temple de la renommée, Henry Burris, ne sortira pas de la retraite à l’âge de 43 ans pour reprendre le poste de quart-arrière numéro un. Même si son bon ami Damon Allen a déjà joué jusqu’à ses 44 ans dans la LCF.

Le Rouge et Noir va se tourner pour l’instant vers Dominique Davis pour assumer la relève de Harris. Il était le substitut l’an dernier.

De quoi inquiéter des amateurs puisque le mobile Davis, 29 ans, n’a tenté que 93 passes pour 750 verges en trois saisons au Canada.

« Nous sommes à l’aise avec Dominique en tant que notre quart-arrière, a assuré le directeur général Marcel Desjardins.

«Il a démontré dans les quelques matches qu’il a joué pour nous l’an dernier qu’il est capable de faire ce que nous lui demandons. J’aime la nouvelle dimension qu’il peut amener à notre attaque. Il peut créer des jeux avec ses pieds.» Il reste que le Rouge et Noir avoue «explorer aussi différentes options en ce moment.»
Plus précisément, l’équipe aimerait attirer Jonathon Jennings, 26 ans, jadis étiqueté en tant que quart-arrière de l’avenir dans la LCF. Il avait amassé 5226 verges par la passe en plus de récolter 363 verges au sol en 2016. Une saison durant laquelle il avait complété 27 passes de touché chez les Lions.

Sauf que les deux dernières années ont été pénibles, ce qui a poussé son ancien club à embaucher le vétéran Mike Reilly au coût de 700 000 $ en 2019, une fortune dans la LCF.

À l’image de Davis, Jennings est mobile.

Qui seront maintenant les receveurs avec le départ de Greg Ellingson et celui de Diontae Spencer plus tôt en janvier ? Desjardins a fait allusion aux jeunes, dont RJ Harris pour entourer le vétéran Brad Sinipoli. Et pour porter le ballon à la place de Powell ? Le Rouge et Noir a prolongé le contrat du réserviste Mossis Madu. Ce fut la seule embauche confirmée mardi. Une situation qui devrait changer dans les prochaines heures. «Nous pensons annoncer quelque chose demain matin, si ce n’est pas ce soir», a affirmé Desjardins.