Le Rouge et Noir n’a pas l’intention de libérer Kyries Hebert, après un nouveau plaqué douteux de la part de ce dernier.

Hebert encore suspendu

Aussitôt revenu au jeu, aussitôt suspendu... encore. Kyries Hebert s’est fait punir par la Ligue canadienne de football (LCF) pour une deuxième fois cette saison.

Le secondeur étoile du Rouge et Noir ratera les deux prochains matches des siens en raison d’un plaqué effectué durant la défaite de 21-11, vendredi dernier, contre les Alouettes de Montréal à la Place TD. La décision du commissaire Randy Ambrosie a été annoncée lundi après une audience téléphonique la veille avec le joueur fautif.

Hebert a frappé le receveur B.J. Cunningham sur le côté de la tête alors qu’il se dirigeait à l’extérieur des lignes de côté au deuxième quart. Les arbitres lui avaient décerné une pénalité de 15 verges pour rudesse sur la séquence.

La LCF, elle, estime que le vétéran âgé de 37 ans a agi de façon «téméraire» et «insouciante».

Un verdict qui n’a pas surpris le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins. Hebert avait déjà été suspendu pour un match en juillet après avoir plaqué de façon dangereuse un joueur des Stampeders de Calgary.

«C’est frustrant, mais c’était clair la dernière fois. La ligue estime que c’est une récidive», a noté Desjardins.

Ce dernier a rencontré son joueur lundi avant l’entraînement.

«Nous avons eu une discussion. C’est sûr qu’il est déçu. Il tentait de réussir un jeu. Il ne va pas sur le terrain avec l’intention de briser des règles.»

Le Rouge et Noir n’a pas l’intention de libérer le finaliste au titre de joueur défensif par excellence en 2017.

Hebert effectuait un retour au jeu vendredi dernier après avoir raté trois parties en raison d’une blessure à une jambe. Il a fait sentir sa présence rapidement, réussissant sept plaqués et un sac.

Le Rouge et Noir ne l’a pas rendu disponible pour des entrevues, lundi, après la séance d’entraînement. Impossible de savoir les états d’âme du joueur surnommé l’Oiseau fâché.

Ce qu’on sait ?

L’équipe se tournera vers Avery Williams afin de le remplacer, vendredi soir, contre les Lions de la Colombie-Britannique, à Vancouver. La recrue avait bien fait lorsqu’appelée en relève les quatre matches auparavant.

«Il (Williams) peut courir et il peut frapper. Mais en même temps, il apprivoise encore le style de jeu dans la LCF. Il n’a pas l’expérience de Kyries», a soutenu Desjardins.

«Nous avons gagné avec Williams dans l’alignement. Donc je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas à nouveau !»

Les statistiques ne mentent pas. Le Rouge et Noir montre une fiche de 3-1 avec Williams et non Hebert.

«Pas prêts»
Desjardins a aussi parlé longuement de la défaite contre les Alouettes. Un revers subi contre le pire club du circuit.

Montréal n’avait que deux victoires en dix matches avant de se pointer dans la capitale.

«Quand on regarde ça comme ça, c’est sûr que ça ne paraît pas bien», a avoué le DG franco-ontarien.

«En aucun temps, nous n’avons manqué de respect envers eux (Alouettes). Nous savions qu’ils avaient bien joué la semaine précédente. Nous savions que nous devions nous méfier d’eux. Nous n’avons tout simplement pas assez bien joué. C’est décevant surtout que nous avions profité d’un congé la semaine précédente. Nous n’étions tout simplement pas prêts en vue de ce match.»

Le grand patron du Rouge et Noir n’a pas voulu montrer du doigt certains joueurs ou entraîneurs.

Les deux journalistes sur place lui ont souligné que le receveur Diontae Spencer avait encore échappé une passe cruciale, qu’il est l’ombre du joueur dominant de la saison précédente.

«Nous avons besoin de mieux de sa part et il le sait», a laissé tomber Desjardins.

«Mais encore une fois, ce n’est pas juste l’affaire d’un seul joueur.»

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Le Rouge et Noir tient à oublier son humiliante défaite

Presque trois jours plus tard, les amateurs du Rouge et Noir ont encore une crotte sur le cœur.

Ils avaient rempli la Place TD le vendredi afin d’encourager leur équipe qui avait gagné trois de ses quatre dernières parties. Un club qui trônait en tête de la division Est. Une formation qui ressemblait de plus en plus comme une aspirante à la Coupe Grey.

Puis bang. Cette humiliante défaite aux mains des Alouettes de Montréal.

Certains blâment le quart-arrière qui n’a complété aucune passe de touché. D’autres en veulent au coordonnateur à l’attaque pour avoir remis le ballon que neuf fois dans les mains du demi offensif William Powell.

Si les mordus de l’équipe en parlent encore, les joueurs, eux, ne veulent plus en jaser.

Ça, c’était clair lundi à l’entraînement.

« C’est du passé. Je n’ai en tête que notre prochain match contre les Lions vendredi à Vancouver », a répété le quart-arrière Trevor Harris.

Puis deux ou trois questions plus tard, il a fini par avouer un truc.

« Les gens sont très rapides à changer leur fusil d’épaule. Tu gagnes un gros match, tu es la meilleure équipe. Tu perds une partie, tu es une mauvaise équipe. Il faut croire que le monde est maintenant fait ainsi. Tout le monde veut tout immédiatement », a déploré Harris.

Ce dernier aurait pu facilement faire valoir que les Alouettes ont exercé de la pression sans cesse sur lui, perçant la ligne offensive du Rouge et Noir. Il a notamment été victime de trois sacs.

Ce qui explique peut-être pourquoi l’équipe a apporté un changement au sein de cette ligne, lundi, à l’entraînement.

Le vétéran Jon Gott était de retour à la position de centre où il a évolué lors des quatre premières saisons du Rouge et Noir. Il a remplacé Alex Mateas, qui traîne quelques bobos.

Reste à voir qui de Gott ou Mateas affrontera les Lions.

Par ailleurs, le Rouge et Noir a appris durant le week-end que son ancien botteur, Brett Maher, s’était taillé un poste dans la NFL. Plus précisément chez les Cowboys de Dallas.