Kyries Hebert n’a pas peur de dire ce qu’il pense depuis son arrivée dans la LCF en 2004.

Hebert déteste Hamilton

Il a plu du début jusqu’à la fin de la séance d’entraînement du Rouge et Noir, mercredi, à la Place TD. Ça n’a pas refroidi les ardeurs du vétéran Kyries Hebert, qui s’amuse depuis quelques jours à narguer les prochains adversaires de ses coéquipiers et lui.

Ottawa affrontera les Tiger-Cats de Hamilton, samedi après-midi, au parc Tim Hortons. Ce sera la première de trois parties entre les deux rivaux de la division Est en 2018.

Le club de la capitale nationale devra notamment contenir le quart-arrière mobile Jeremiah Masoli. Ce dernier arrive au deuxième rang de la LCF avec 1562 verges par la voie aérienne.

« Je n’aime pas Masoli », a lancé Hebert, mardi soir, lors de l’émission quotidienne du Rouge et Noir sur les ondes de TSN 1200. Il était le joueur invité cette semaine.

« Je déteste Hamilton. La ville est merdique. Les uniformes de l’équipe sont laids. »

Puis Hebert a ciblé un autre joueur des Ti-Cats. Plus particulièrement le secondeur étoile Simoni Lawrence, reconnu pour ses coups vicieux et son franc-parler.

« Simoni est un joueur surévalué. Il parle trop... Je ne les aime pas », a-t-il ajouté en parlant des Ti-Cats.

Hebert n’a pas reculé mercredi. Il en a même ajouté lorsque croisé devant son casier dans le vestiaire. Particulièrement au sujet de Masoli.

« Il est un bon quart-arrière... Le genre de quart-arrière que tu peux frapper, car il aime courir avec le ballon ! C’est bon ça ! »

« Il devient efficace si tu le laisses prendre un rythme de croisière. Tu dois le respecter, mais tu n’as pas besoin de l’aimer. »

Reste à voir comment vont réagir Masoli, Lawrence et le reste des joueurs des Tiger-Cats. Ces derniers se serviront sûrement des paroles de Kyries Hebert pour rallier les troupes.

Ça n’énerve visiblement pas le principal intéressé.

« Si tu as besoin de ça pour te motiver en vue de ce match... Moi, je n’ai pas besoin qu’on me dise quoi que ce soit à mon sujet pour me fouetter. Je n’ai besoin que de voir ce logo, de voir les couleurs affreuses de cette équipe et de respirer cette senteur en arrivant dans cette ville merdique... Je serai prêt ! »

« Ce qui motive un véritable compétiteur, c’est de représenter dignement son club, le logo de l’équipe et sa ville. »

Ça fait longtemps que le Rouge et Noir n’a pas compté un joueur qui livre un commentaire coloré après un autre. Il y a eu le demi de coin Jovon Johnson, membre des éditions 2014 et 2015.

L’ancien quart étoile Henry Burris pouvait aussi remplir les carnets des journalistes de temps en temps.

Le Rouge et Noir ne doit pas se surprendre des sorties de Hebert. Il a toujours dit ce qui lui traverse l’esprit depuis son arrivée dans la LCF en 2004.

C’est rafraîchissant dans un domaine pollué par les clichés.

« Je suis plus un gars d’action que de mots sur le terrain », a-t-il assuré.

« Je frappe en premier puis je parle par la suite et non parler en premier... Ceci en ce moment, c’est de l’extra ! »

Les Tiger-Cats seront déjà gonflés à bloc en vue de cette partie. D’abord, le premier rang de la division s’avère à l’enjeu.

Ottawa (3-2) devance Hamilton (2-3). Puis l’équipe locale a été surprise la semaine dernière devant ses propres partisans, s’inclinant 31-20 contre la Saskatchewan.

C’est sans compter cette mégatransaction dans laquelle les Tiger-Cats ont mis la main sur deux joueurs étoiles, le receveur Chris Williams et l’ailier défensif Jamaal Westerman, en retour notamment du quart américain Johnny Manziel.

Westerman est un joueur détesté chez le Rouge et Noir, ayant déjà blessé Burris à un genou avec un coup salaud en 2015. Williams, lui, avait brillé contre son ancien club le 6 juillet à Montréal lorsqu’il avait capté une passe de 33 verges au premier quart avant de quitter le match en raison d’une blessure.

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ÇA BRASSE DANS LA PLUIE À L'ENTRAÎNEMENT

L’ailier défensif A.C. Leonard a dû être renvoyé sur les lignes de côté pour se calmer. Un des entraîneurs a dû raisonner le vétéran joueur de ligne offensive Jon Gott. Puis il y a le bloqueur étoile SirVincent Rogers, du haut de ses 6’4’’ et 319 livres, qui a joué au Casque bleu.

Une altercation a marqué l’entraînement du Rouge et Noir. Reste à voir si elle aura été coûteuse.

Un joueur a semblé se blesser pendant que plusieurs de ses coéquipiers, dont Leonard et Gott, se chamaillaient. Le bloqueur Jason Lauzon-Séguin n’a pas terminé la séance d’entraînement. On l’a vu se tenir la main à un certain moment. C’est sans compter qu’il boîtait.

Gott n’avait pas le goût d’en jaser. Rogers, lui, disait que son voisin dans le vestiaire s’était improvisé en lutteur durant la mêlée. Ce qui expliquerait pourquoi un joueur a semblé être soulevé et plaqué au sol.

Leonard, lui, était encore moins bavard.

« Ça arrive des choses durant une saison. Nous sommes encore des amis », a-t-il assuré.

Le coach, lui, tentait aussi de minimiser le tout durant son point de presse.

« C’est juste deux joueurs. Un gars de ligne défensive et un gars de ligne offensive qui s’affrontaient sur un jeu de passe. C’est sûr que nous voulons que personne ne se blesse, mais il n’y a rien de mal de voir autant d’intensité à l’entraînement... tant que nous agissons intelligemment », a soutenu Rick Campbell.

Ce dernier a parlé de Leonard, « un grand compétiteur ». « Il travaille fort à l’entraînement », a-t-il précisé.

Embauché durant l’hiver à titre de joueur autonome, le joueur américain de la Floride a réussi un seul sac en cinq matches. C’est bien peu jusqu’ici pour un ailier défensif qui a eu droit à un contrat de 145 000 $ en vue de la saison 2018