Alors qu’une saison particulièrement difficile tire à sa fin, le Rouge et Noir peut au moins se réjouir d’avoir embauché le demi défensif recrue américain De’Chavon Hayes.

Hayes rapide comme Forrest Gump

Seulement sa famille l’appelle par son véritable prénom. De’Chavon Hayes a hérité du surnom « Gump » à son enfance. Un sobriquet que ses nouveaux coéquipiers ont vite adopté à la Place TD.

C’est Gump Hayes par ici et par là. Tant dans le vestiaire que sur le terrain.

« Un de mes amis m’a dit un jour que je courais aussi vite que Forrest Gump. Cela m’a collé à la peau, surtout que je suis vraiment rapide », raconte en riant le demi défensif recrue américain qui a disputé les sept derniers matches du Rouge et Noir.

Hayes ne sera toutefois pas en uniforme samedi à Toronto. Son nom a été placé sur la liste des blessés lors des dernières heures. Dommage.

L’athlète de 5’11’’ et 187 livres n’avait pas perdu de temps pour épater ses nouveaux patrons lors de son arrivée au milieu de l’été. On l’a inséré quelques semaines plus tard dans l’alignement contre les Tiger-Cats de Hamilton.

Jusqu’ici, le natif de la Virginie a réussi trois interceptions en sept parties, effectuant aussi 22 plaqués.

« C’est un prédateur. Il veut mettre les mains sur ce ballon. Il possède une facilité à déchiffrer l’attaque adverse », souligne l’entraîneur-chef Rick Campbell.

« On l’aime bien. Il est promis à un bel avenir. »

Hayes, 27 ans, se veut une belle trouvaille dans cette saison cauchemardesque du Rouge et Noir, qui ratera les éliminatoires pour la première fois depuis 2014. L’organisation compte bien miser sur lui en 2020. Il reste une année au contrat du joueur américain.

Et le principal intéressé, lui, a déjà hâte à la saison prochaine.

« Quand nous aurons disputé notre dernier match, je vais retourner à la maison en Arizona et m’occuper de mon garçon âgé d’un an. Je vais aussi déjà commencer à me préparer pour le prochain camp d’entraînement pour être encore meilleur. »

Hayes rêve déjà à son premier touché défensif en carrière. Il en salive.

Surtout qu’il a déjà fait carrière en offensive avant d’être muté sur la tertiaire à sa dernière année dans les rangs universitaires à Arizona State.

« J’ai été porteur de ballon pendant longtemps. Marquer des touchés, je connais ça. C’est un bon feeling », avoue-t-il.

« Le plus près que je suis passé de marquer un touché depuis que je suis en défensive ? À ma dernière année universitaire. J’avais ramené une interception jusqu’à deux verges de la ligne des buts. C’était proche ! »

Hayes se trouvait sans travail au début de la saison lorsque le Rouge et Noir l’a contacté. Les Stampeders de Calgary l’avaient libéré durant leur camp d’entraînement après en avoir fait un réserviste l’année précédente.

En 2017, le demi défensif avait obtenu un essai infructueux dans la NFL chez les Cardinals de l’Arizona.

Sa persévérance aura de quoi rendre fier son papa Ricardo, qui l’a élevé seul. Monsieur Hayes n’avait alors que 21 ans quand il s’est retrouvé père monoparental.

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UN RECORD DE TONY GABRIEL POURRAIT TOMBER

Brad Sinopoli sait qu’il peut battre dans les prochaines heures un prestigieux record dans les annales du football canadien à Ottawa.

Le receveur du Rouge et Noir n’avait toutefois pas trop le goût d’en parler, vendredi, à la veille du départ des siens vers Toronto. Il lui manque seulement deux réceptions de passe pour dépasser le légendaire Tony Gabriel, qui a capté 444 passes dans l’uniforme des défunts Rough Riders entre 1975 et 1981.

« Je n’y pense même pas. Zéro pensée. Comme j’ai toujours dit dans le passé au sujet de diverses statistiques et records, j’espère simplement attraper le premier ballon lancé vers moi dans le prochain match », a soutenu Sinopoli, qui compte 443 réceptions à sa fiche depuis son arrivée chez le Rouge et Noir en 2015.

« Ce qui s’avère plus important pour moi, c’est de gagner. Ça fait tellement longtemps que nous avons pu savourer la joie de la victoire dans ce vestiaire. Ça ferait beaucoup de bien. »

L’équipe a perdu ses neuf derniers matches et montre une fiche de 3-13.

Le numéro 77 de Tony Gabriel est retiré à Ottawa. On pouvait l’apercevoir en arrière-plan de Sinopoli lorsque le vétéran receveur s’est pointé devant les journalistes après l’entraînement de l’équipe.

« Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de le rencontrer. J’aimerais bien faire sa connaissance si jamais il est de passage dans le coin », a affirmé Sinopoli au sujet de Gabriel, qui partage son temps entre Burlington, en Ontario, et Newport, au Rhode Island.

« Même si je n’ai pas grandi à Ottawa, je connais bien l’histoire du football canadien ici. Tout le monde sait qu’il (Gabriel) a capté cette fameuse passe pour donner la victoire au match de la coupe Grey (en 1976). Mais sa carrière a été encore plus impressionnante. Chaque fois que tu peux être mentionné dans la même phrase qu’un joueur comme ça, c’est pas mal cool. »