« Il n’est pas question, pour moi, de rater le match inaugural de la saison régulière », promet Trevor Harris.

Harris sera du premier match

L’entrevue a débuté avec un Trevor Harris souriant qui a fait le vœu d’en « dire le moins possible » au sujet de sa blessure. « J’ai ressenti de la douleur en bas de la ceinture », a-t-il déclaré, inventant une nouvelle version d’un vieux cliché que les journalistes connaissent bien.

Le quart-arrière du Rouge et Noir d’Ottawa a quand même fini par livrer une promesse. « Il n’est pas question, pour moi, de rater le match inaugural de la saison régulière. »

Voilà qui rassurera un brin les fans.

Harris a quitté le match préparatoire de jeudi dernier très tôt. Il semblait blessé à la jambe gauche, après avoir été renversé par le secondeur des Alouettes de Montréal Chris Ackie.

Il est capable de se déplacer avec aisance. Il ne boite pas.

Il a participé à la séance d’entraînement de lundi matin, sous une forte pluie, à la Place TD. Il ne portait cependant pas son casque. Il se contentait de soutenir les autres quarts qui tentent de se tailler un poste au sein de l’équipe.

« Je me tiens debout, derrière le jeu. Je regarde la couverture de la défensive, je lis le jeu. Je fais semblant de lancer un ballon. »

Il ne peut pas vraiment faire plus, ou mieux, en ce moment.

Il est déjà clair, dans sa tête, qu’il ne participera pas à la deuxième et dernière partie hors-concours qui est prévue pour cette semaine, à Guelph, contre les Argonauts de Toronto.

« Je subis des traitements médicaux à toutes les heures du jour et de la nuit. Je continue de m’occuper de cette blessure quand je rentre à la maison, après les entraînements et les réunions d’équipe. Tout ça, je le fais dans le but de m’approcher le plus possible d’une guérison complète d’ici le match inaugural. »

Harris persiste et signe.

« Je ne vois comment, ni pourquoi je ne serais pas de retour à mon poste lorsque la saison régulière débutera. »

Du temps
Harris, à l’instar de la plupart des athlètes professionnels nord-américains, n’aime pas étirer inutilement ses périodes de convalescence. Il en a fait la démonstration, l’été dernier, quand il a précipité son retour au jeu pour prendre part aux derniers matches de la saison 2017.

Les thérapeutes et le personnel médical de l’équipe lui suggéraient la prudence. Ils n’ont pas réussi à le convaincre. « Une partie de leur travail consiste à me protéger contre moi-même », concède le quart.

Cette fois, ils disposent d’un nouvel outil pour l’amadouer : le calendrier.

Les dirigeants de la LCF ont accordé une semaine de congé à leur plus jeune franchise, au tout début de la saison. Le Rouge et Noir disputera un premier match qui compte au classement le 21 juin. Ce soir-là, il accueillera les Roughriders de la Saskatchewan à la Place TD.

L’équipe disposera donc d’une longue pause de 14 jours.

« Moi, je suis affamé. Je veux jouer le plus tôt possible. Mais on me répète que le temps est de notre côté, pour une fois. On serait fous de ne pas en profiter. »

À Guelph, Danny Collins et Dominique Davis dirigeront l’attaque d’Ottawa.

« Ce sera une bonne chose pour tout le monde. On leur aurait donné la chance de jouer de toute façon. Vu la tournure des événements, ils pourront passer le match au grand complet sur le terrain », confirme l’entraîneur-chef, Rick Campbell.

Face aux Alouettes, Collins a complété 12 passes sur 21. Davis en a complété huit sur 13. Ils ont tous les deux décoché une passe de touché.

« Ils ont fait de belles choses, croit Campbell. Certains jeux n’ont pas été parfaits. C’est vrai pour eux comme pour tous les autres. Ils gagnent de l’expérience. Ils grandissent. »

PAS DE RÉPIT MALGRÉ LA PLUIE

La pluie torrentielle qui s’abattait sur la région d’Ottawa-Gatineau, lundi matin, n’a rien changé à la Place TD. Les entraîneurs du Rouge et Noir avaient prévu une séance d’entraînement intensive. Les joueurs ont été soumis à une séance d’entraînement intensive.

«C’est une bonne chose de travailler un peu sous la pluie», a déclaré l’entraîneur-chef Rick Campbell, de fort bonne humeur, malgré tout.

«Les gars étaient détrempés, vers la fin, mais ils ont quand même passé à travers. Ils étaient de bonne humeur malgré tout. Le camp tire à sa fin. C’est bon de voir que le moral des troupes est toujours bon», a-t-il enchaîné.

Campbell a tenu à rappeler qu’il s’est montré clément envers ses joueurs, plus tôt, durant le camp. «Nous avons organisé quelques entraînements plus légers lors de certaines journées. Notre objectif était de s’assurer que tout le monde ait suffisamment de carburant, dans le réservoir, pour terminer en force.»

Ce sera surtout important pour ceux qui se battent pour un poste. Les décisions les plus difficiles devront être prises au terme du dernier match préparatoire.

C’est pourquoi il compte traîner un grand nombre de joueurs à Guelph, pour affronter les Argos.

Certains vétérans ont cependant déjà obtenu le privilège de rater cette rencontre.

Le joueur de ligne à l’attaque Nolan MacMillan en fait partie. Le colosse de six pieds et six pouces a participé à seulement six rencontres, la saison dernière. Il est sur la voie d’un retour au jeu, mais il n’est pas encore prêt à reprendre sa place.

«Il a travaillé fort au cours des derniers jours. Il doit continuer de se remettre dans le bain, lentement mais sûrement, explique Campbell. Nolan n’a pas joué au football depuis un bon bout de temps, vous savez. Nous nous sommes fixé l’objectif de le préparer en vue du match inaugural. Nous allons continuer de travailler dans le but d’atteindre cet objectif.»

Le flanqueur canadien Brad Sinopoli se trouve dans la même situation.