Powell mène la LCF avec 355 verges au sol en trois parties, conservant une moyenne de 118,3 verges par match. À ce rythme, il terminerait la saison avec 2130 verges.

Harris dans l’ombre de Powell

Trevor Harris l’a eu facile, mercredi, à la veille de la visite des puissants Stampeders de Calgary à la Place TD.

Le quart-arrière étoile du Rouge et Noir a eu droit à quatre questions et c’était fini. Rien de la routine habituelle où la mêlée de presse peut s’éterniser.

L’attention médiatique était plutôt retenue par deux de ses coéquipiers en vue du quatrième match de la saison.

Il y avait Kyries Hebert, portant un immense chapeau blanc, qui parlait de son retour au jeu après avoir purgé une suspension d’un match. Il avait plaqué un joueur des Stampeders à la tête lors du dernier affrontement entre les deux clubs.

Les journalistes de Calgary se doutaient bien que le volubile et émotif Hebert offrirait une citation juteuse. Ils n’ont pas été déçus.

« Je vais solliciter la permission des joueurs... les porteurs de ballon et les receveurs... avant de les frapper », a lancé le vétéran secondeur à un collègue lui demandant s’il modifierait son style de jeu.

Plus tard, la meute a entouré le porteur de ballon William Powell, qui s’avère habituellement tout le contraire de Hebert. Le demi-offensif américain se montre timide en entrevue depuis son arrivée à Ottawa en 2015.

« Je pense que ses statistiques personnelles disent tout ce qu’il faut à son sujet », a souligné le bloqueur étoile SirVicent Rogers.

Powell mène la LCF avec 355 verges au sol en trois parties, conservant une moyenne de 118,3 verges par match. À ce rythme, il terminerait la saison avec 2130 verges.

Ça serait un record pour un porteur de ballon à Ottawa.

Reggie Barnes et Skip Walker avaient amassé respectivement 1486 verges en 1991 et 1431 verges en 1983 au sein des défunts Roughriders de la Saskatchewan.

Seulement trois joueurs ont maintenant un rythme plus élevé que lui par le passé en début de saison. Mike Pringle avait notamment récolté en moyenne 121,5 verges chez les Alouettes de Montréal en 1998.

« Il y a des joueurs qui vont exceller quand un corridor de course s’ouvre devant eux, mais s’arrêteront dès le premier plaqué. Et il y a des joueurs comme (Powell) qui trouve le moyen d’éviter les plaqués, de créer de gros jeux quand rien ne semble pourtant possible, a rappelé l’entraîneur-chef Rick Campbell.

«Moi, il m’impressionne chaque fois que je le vois. C’est excitant de le regarder courir et changer de direction», a ajouté pour sa part le maraudeur Antoine Pruneau.

Powell, qui a fêté ses 30 ans en mars, dit se sentir en meilleure forme que jamais. Son parcours jusqu’ici dans la LCF a été marqué par des blessures.

L’athlète texan a raté six parties en 2017. Il n’avait pas joué la saison précédente en raison d’une déchirure d’un tendon d’Achille.

«J’ai notamment fait des exercices pour améliorer ma flexibilité durant l’hiver (...) J’ai fait du yoga.»

Powell a louangé les membres de la ligne offensive. Les gros gars devant lui qui ouvrent le chemin au porteur de ballon.

«Si tout le monde reste en santé, autant eux que moi, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas continuer à produire autant», a-t-il soutenu.

Et s’il devait terminer en tête des porteurs de ballon à la fin de la saison ?

«Je vais probablement leur payer une sortie au restaurant», a lancé Powell en parlant des bloqueurs, gardes et centres du Rouge et Noir.

Quelques secondes plus tard, il s’est resaisi. «Ces gars mangent beaucoup... Je vais probablement organiser un barbecue», a-t-il ajouté, sourire en coin et moins réservé que par le passé.

WAKEFIELD AIME PLAQUER ET PÊCHER

Il préfère parler d’achigans, barbottes et perchaudes que de ses débuts fracassants chez le Rouge et Noir.

Son nom ? Mike Wakefield. C’est un des deux nouveaux plaqueurs au sein de l’alignement partant en 2018. Il a pris la place du populaire Jake Ceresna, échangé durant l’hiver à Edmonton. Une transaction que plusieurs partisans avaient critiquée.

Aujourd’hui ? On n’entend plus parler de Ceresna en raison du brio de Wakefield, 24 ans, auteur de trois sacs en trois parties. C’est sans compter les deux passes adverses qu’il a fait dévier, dont une a mené à une interception.

« Ça va bien. Je m’amuse ici. Mais pas question de verser dans la complaisance », a soutenu Wakefield du haut de ses 6’3’’ et 268 livres.

Ce dernier s’était pointé à Ottawa l’an dernier, mais il avait dû se contenter d’un rôle de réserviste. « Je tentais de trouver ma place, à m’adapter à une nouvelle ligue, de nouvelles règles de jeu, a-t-il souligné. «Là, je suis très à l’aise. Je crois que cela paraît sur le terrain.»

Ses coéquipiers l’aiment bien pour son jeu. Ils le taquinent aussi pour ses goûts musicaux. Le natif de la Géorgie adore le country. C’est son autre plaisir coupable avec la pêche.

Wakefield taquine le poisson depuis son enfance. «Mon père m’a initié à ça. Je mange tout ce que je prends, sauf l’achigan», a-t-il dit.

Pêcher lui manque en ce moment. Il n’a pas eu l’occasion de lancer sa ligne à l’eau depuis plus de deux mois.

«Ça s’en vient. Nous sommes quelques joueurs qui comptent pêcher sous un peu. Nous avons un samedi ou deux de congé en juillet. J’ai hâte.»

En attendant d’accrocher un poisson en Outaouais, Mike Wakefield compte bien continuer à plaquer les quarts adverses. Il en a pris goût rapidement.