Selon le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins, Richie Leone devra démontrer plus de constance avec ses bottés s’il veut se démarquer.

Gros test pour les botteurs

Lewis Ward se sent près du but, mais il ne peut pas vraiment savoir exactement à quel point il est près du but.

Le botteur ontarien a très bien fait, la semaine dernière, dans son premier match officiel dans la Ligue canadienne de football. Il a réussi ses quatre tentatives de placement, dans la victoire du Rouge et Noir d’Ottawa contre les Alouettes de Montréal.

Il ne veut surtout pas pécher par excès ce confiance. Il préfère se dire qu’il a encore beaucoup de choses sur lesquelles travailler. « Je n’ai pas connu la meilleure semaine à l’entraînement », a-t-il reconnu avec humilité, mercredi.


«  Le Rouge et Noir ne veut surtout pas commettre la gaffe de retrancher des joueurs qui pourraient nous aider plus tard, cette saison.  »
Rick Campbell

La météo n’a certainement pas aidé. Il n’est pas facile, à sa position, de bien paraître sous une pluie battante. Ward se croise donc les doigts. Il espère que le ciel se montrera clément, jeudi soir, lors du second et dernier match préparatoire de son équipe.

Le Rouge et Noir sera de passage à Guelph, pour se mesurer aux champions en titre de la coupe Grey, les Argonauts de Toronto.

La plupart des vétérans d’Ottawa ne seront pas du voyage. La plupart des joueurs qui fouleront le terrain seront des recrues.

« C’est crucial, à mes yeux. Nous voulons donner aux jeunes le plus d’opportunités possible. Nous voulons les voir à l’œuvre. Nous voulons voir ce qu’ils ont dans le ventre. Le Rouge et Noir ne veut surtout pas commettre la gaffe de retrancher des joueurs qui pourraient nous aider plus tard, cette saison », explique l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Il cherchera surtout à identifier ceux qui ont le potentiel d’ajouter de la profondeur à sa formation. Très peu de postes sont disponibles, alors que le camp tire à sa fin.

Son patron, le directeur général Marcel Desjardins, s’est montré transparent lors d’une intervention sur les ondes de TSN 1200, mercredi matin. Il reste peut-être deux postes à pourvoir dans la formation débutante, à l’attaque. Le même constat s’applique en défensive.

Deux Américains
La plus intéressante bataille pourrait donc opposer Ward aux deux autres botteurs qui se trouvent au camp.

Les Américains Richie Leone et Sergio Castillo doivent aussi trouver une façon de se démarquer, lors du passage à Guelph.

« Richie doit être plus constant, estime Desjardins. Il a une jambe très puissante. Il a réussi quelques très beaux bottés de dégagement. Mais il doit se montrer plus constant. »

« Sergio, on ne sait pas grand-chose à son sujet », enchaîne le DG.

Il a pourtant fait ses preuves, l’an dernier, dans une saison où il a porté tous les chapeaux chez les Lions de la Colombie-Britannique. Il a réussi plus de 85 % de ses bottés de précisions tout en conservant une moyenne de 45 verges lors de ses dégagements.

Il s’est cependant retrouvé sur la touche, légèrement blessé, lorsque le camp du Rouge et Noir a débuté.

Dans la LCF, les entraîneurs ont la mémoire courte. On retient surtout les performances très récentes.

« Nous n’avons pas encore pris de décisions. Tous les botteurs qui restent au camp ont une chance. Nous avons écarté un seul scénario. Il n’est pas question, pour nous, de garder deux Américains », affirme Desjardins.

C’est sans doute pourquoi Ward doit aborder ce dernier test avec confiance.

On connaît brièvement son histoire. Originaire de Kingston, il s’est installé dans la capitale en 2012 afin d’entreprendre des études à l’Université d’Ottawa.

Il se considère maintenant comme un gars de la place.

« Il y a de la pression sur tout le monde, au camp. Nous voulons tous décrocher un job. Le fait d’être de la place m’ajoute un peu de pression, mais ça va. Je suis capable de gérer tout ça. »

Plus léger, Anthony Gosselin veut capter des ballons

Anthony Gosselin sera un des rares vétérans de l’attaque à porter l’uniforme du Rouge et Noir, contre les Argonauts. Ça ne le gêne pas le moins du monde.

Au contraire.

« Je crois que 23 joueurs ne seront pas du voyage. Ça fait en sorte que je vais avoir beaucoup de répétitions. Je serai utilisé dans les quatre phases des unités spéciales, comme à l’attaque. Je crois bien que je serai le seul centre-arrière habillé », dit-il. Choix de deuxième ronde du Rouge et Noir, en 2017, l’athlète d’Otterburn Park a joué un rôle limité à sa première saison dans les rangs professionnels. Une commotion cérébrale a ralenti sa progression.

Anthony Gosselin

Cette blessure serait derrière lui. « Je suis A-1. Je ne pourrais pas me sentir mieux que ça », dit l’ancien du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke.

En santé, il a pu adapter son programme d’entraînement afin de mieux se préparer à l’an deux.

« J’ai maigri, annonce-t-il. À Sherbrooke, j’étais un blocking tight end. J’étais pratiquement un sixième joueur de ligne offensive. Quand je suis arrivé ici, j’ai vu que je pourrais être utilisé pour capter des passes. C’est pourquoi j’ai décidé de perdre du poids. J’ai perdu entre 12 et 15 livres. Ça fait en sorte que je suis pas mal plus vite, sur le terrain. Je me sens mieux. »

Une porte s’est ouverte, par la force des choses, lorsque le Rouge et Noir a décidé de se défaire du contrat de Patrick Lavoie durant la saison morte. Il était le centre-arrière partant et le capitaine des unités spéciales. 

Gosselin a bien l’intention de saisir l’opportunité.