Jon Gott (63) a laissé entendre lui-même après l’entraînement de mercredi qu’il ne sera pas un partant vendredi soir contre les Blue Bombers de Winnipeg

Gott ne sera pas partant à Winnipeg

Un des visages les plus connus de la franchise du Rouge et Noir d’Ottawa depuis son arrivée dans la LCF il y a cinq ans, Jon Gott, semble soudainement se retrouver sur la voie d’évitement.

Le vétéran de 32 ans qui est aussi connu pour son imposante barbe que pour son travail sur la ligne offensive a laissé entendre lui-même après l’entraînement de mercredi qu’il ne sera pas un partant vendredi soir lorsque son club rendra visite aux Blue Bombers de Winnipeg.

Il n’est même pas acquis qu’il sera de du voyage au Manitoba, l’entraîneur-chef Rick Campbell devant se réunir avec le reste de son personnel plus tard dans la journée de mercredi pour déterminer l’alignement final, et il y a une possibilité que le Rouge et Noir n’habille que six joueurs de ligne, plutôt que sept comme lors des dernières semaines.

Après un troisième entraînement de suite où il pratiquait sur la deuxième unité, Gott était visiblement très déçu quand il s’est présenté devant les médias locaux. Il a eu un petit rire sarcastique quand il s’est fait demander si Campbell et le D.G. Marcel Desjardins avaient eu une conversation avec lui pour lui expliquer ce qui se passe.

« Je ne sais pas si je devrais dire grand-chose à ce sujet. Vous voyez ce qui se passe, Evan (Johnson) est le garde à gauche lors des pratiques et c’est probablement comme ça qu’on va jouer... Ce n’est pas facile, surtout que je pensais que je jouais assez bien. Quand tu reçois l’appel pour te dire que tu ne joues pas, c’est difficile, ce n’est pas plaisant. Je dois composer avec ça, continuer à me battre et espérer qu’éventuellement, mon numéro va être appelé à nouveau. C’est comme ça que ça se passe », a-t-il indiqué.

Au dernier camp d’entraînement, Gott avait déjà montré des signes de frustration quand il a perdu le poste de centre qu’il occupait depuis qu’il a été acquis de Calgary en marge du repêchage d’expansion au profit de l’ancien premier choix Alex Mateas. Ce dernier avait été appelé à le remplacer à ce poste en fin de saison dernière, quand il avait été blessé.

Là, c’est un autre choix de première ronde, Johnson, qui le remplace. Et il semble bien que le premier choix de cette année, Mark Korte, soit le premier substitut le long de la ligne offensive.

« Ils m’ont dit ce qui se passe, ils vont probablement pouvoir donner une meilleure explication du pourquoi de leur décision, a dit Gott au sujet de ses patrons. Je vais m’en tenir à ça. C’est certain que j’aimerais être sur le terrain, je pense que je peux contribuer pas mal à l’équipe. Ce n’est pas plaisant, mais je dois continuer à me présenter au travail et espérer qu’on me renverra sur le terrain bientôt. C’est un sport d’équipe et ça se passe comme ça parfois. »

Campbell n’a pas trop élaboré pour expliquer la décision de son organisation. « On doit encore se parler pour s’assurer qu’on sait ce qu’on fait. Une chose est certaine, Jon Gott va être dans les parages et il va jouer à nouveau pour nous. La question n’est pas là, la question est que nous avons tous nos gars en santé sur la ligne, on a plusieurs bons joueurs et nous allons naviguer la saison de la meilleure façon possible pour l’équipe alors qu’on passe à travers celle-ci », a-t-il déclaré lors de son point de presse quotidien.

Vétéran de neuf saisons dans la Ligue canadienne de football, Gott écoule la deuxième année d’une prolongation de contrat de deux ans signée en mars 2016, un contrat certes assez lucratif (pour la LCF). Selon la convention collective qui lie la LCF à son Association des joueurs, un vétéran de plus de six saisons comme lui se verrait payer son contrat en entier s’il était remercié après le neuvième match de la saison régulière des siens, celui de vendredi à Winnipeg dans le cas du Rouge et Noir. Libérer ou échanger un vétéran comme Jon Gott pourrait permettre à Marcel Desjardins d’épargner des dollars sous le plafond salarial de 5,2 millions $ de la LCF.

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L'AUTRE HARRIS, R.J., COMMENCE À S'IMPOSER

R.J. Harris n’est un receveur partant que depuis quatre matches avec le Rouge et Noir, mais il commence à s’imposer assez sérieusement comme une bonne quatrième option pour l’autre Harris, le quart Trevor, quand son « Big Three » de Brad Sinopoli, Greg Ellingson et Diontae Spencer n’est pas à découvert.

Lors de ses quatre départs, cet ancien de l’université du New Hampshire qui s’est amené à Ottawa l’an dernier pour occuper une place sur l’alignement de pratique a capté 18 passes pour 260 verges et il a réussi son premier touché dans la LCF samedi dernier contre les Alouettes. Auparavant, lors des deux parties où il avait été en uniforme, il n’avait eu qu’un attrapé, bon pour 10 verges, le 6 juillet à Montréal.

Cette semaine, il se présentera à Winnipeg la tête haute, lui qui avait été retranché de l’alignement de pratique des Blue Bombers après à peine deux semaines avec eux, après quoi il avait obtenu son essai avec le Rouge et Noir.

Il ne s’en va pas au Manitoba avec l’idée de montrer aux Bombers qu’ils ont commis une erreur avec lui.

« Je ne pense pas à ça du tout et je ne vois pas les choses comme ça. Je me concentre sur ce que j’ai à faire ici, connaître mes tracés, pratiquer avec ardeur et aller sur le terrain vendredi. Le fait que j’ai passé un peu de temps là-bas sans jouer, ce n’est pas important », a-t-il confié au Droit après l’entraînement de mercredi.

Harris est peut-être une recrue dans la LCF, mais il a déjà fait le tour de la moitié de la ligue ou presque. Avant d’aller à Winnipeg, il avait été au camp des Lions de la Colombie-Britannique, qui l’ont retranché à la fin de celui-ci, ainsi qu’à un mini-camp pour recrues des Argonauts de Toronto.

Après avoir capté 100 passes à sa dernière saison à New Hampshire, en 2014, Harris avait été ignoré au repêchage de 2015 de la NFL, mais il avait été invité au camp des Saints de la Nouvelle-Orléans, qui l’ont gardé quelques semaines sur leur alignement de pratique. Retranché par ceux-ci, il s’est retrouvé sur celui des Falcons d’Atlanta, avant de retourner encore avec les Saints l’année suivante, sans jamais jouer un vrai match.

« J’ai toujours été sur les alignements de pratique, ‘on and off’. J’ai attendu longtemps ma chance, mais je connais la ‘business’ du football, il y a des hauts et des bas. Une semaine tu es à la maison, la semaine suivante, tu es sur un alignement de pratique. J’ai été patient et j’ai attendu ma chance, qui est finalement venue ici. J’essaie de capitaliser sur cette opportunité maintenant, je veux surtout aider cette équipe à gagner des matches », affirme le receveur de 6’ et 195 livres qui veut gagner sa vie en jouant au football pour mettre du pain sur la table de sa famille, qui comprend une petite fille devant bientôt célébrer son premier anniversaire de naissance.

Âgé de 26 ans, Harris, qui est né en Allemagne pendant que ses parents y étaient basés pour l’Armée américaine, n’est pas pressé d’utiliser son diplôme en communications, préférant de beaucoup capter des passes de l’autre Harris.

« Il fait du bon travail, il a réussi de gros jeux et il continue à s’améliorer. Il est une bonne addition, il a un bon sens du jeu alors qu’il s’habitue au jeu dans la LCF », a dit Rick Campbell à son sujet.