Arnaud Gascon-Nadon a disputé deux saisons chez le Rouge et Noir avant de devenir joueur autonome en février.

Gascon-Nadon voulait rester à Ottawa

Le Rouge et Noir va renouer avec un de ses anciens joueurs québécois qui n’a jamais voulu plier bagage l’hiver dernier.

L’ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon, qui a été un membre important de l’édition championne de 2016, porte depuis trois semaines les couleurs des Eskimos d’Edmonton. Cette même équipe qui sera en visite, samedi après-midi, à la Place TD.

« Il fait fret ici. Il fait zéro degré Celsius en ce moment. La semaine dernière, il a neigé, raconte Gascon-Nadon au bout du fil.

«Je suis en train de me rendre compte qu’il va faire sûrement moins 1000 degrés en novembre lors du match de la coupe Grey qui aura lieu ici à Edmonton», ajoute-t-il en riant.

L’entrevue se déroulait jeudi après la séance d’entraînement des Eskimos au Commonwealth Stadium. Le premier constat ?

L’athlète âgé de 30 ans n’a rien perdu de son sens de l’humour même s’il a passé quatre mois loin du football. Une pause qui lui a fait du bien, même si elle n’était pas prévue au départ.

«C’était plate de devoir quitter Ottawa», avoue Gascon-Nadon.

Ce dernier a disputé deux saisons chez le Rouge et Noir avant de devenir joueur autonome en février. L’arrivée d’un nouveau coordonnateur défensif a mené à un changement de philosophie dans la capitale nationale.

Résultat, Ottawa ne planifiait pas ramener le populaire Gascon-Nadon en tant que partant.

«J’ai vécu deux très belles années de ma vie là-bas. J’adore la ville. Je possède encore plusieurs amis. J’ai beaucoup de respect pour les gens dans l’organisation. C’est tous du beau monde. Ça va me faire plaisir de remettre les pieds à la Place TD, assure-t-il.

«Ottawa va rester spécial dans mon cœur.»

Gascon-Nadon l’avouera. «Dans le fond de moi-même, je voulais retourner jouer à Ottawa», dit-il plus tard en entrevue.

Des équipes rivales l’ont approché dans les derniers mois, dont les Eskimos. Mais le principal intéressé a décidé de s’accorder du temps pour réfléchir à son avenir au lieu de se joindre immédiatement à une autre organisation.

«Je me suis remis en question. Ça m’a aussi donné le temps de faire autre chose avec ma vie. J’ai pu profiter enfin d’un premier été avec ma copine qui est professeur à Montréal. Nous avons fait de la vie de chalet. Du bateau. De la piscine. J’ai commencé aussi à placer des pions pour ma carrière après le football. J’ai travaillé sur quelques projets.»

Gascon-Nadon s’est notamment aventuré dans le domaine artistique dans lequel ses deux parents comédiens baignent. Il a participé à deux auditions pour des publicités au petit écran.

«J’ai pu toucher à un peu de tout. J’ai fait aussi un peu d’entrepreneuriat. J’ai plusieurs copains dans ce domaine.»

Les Eskimos ont cogné à nouveau à sa porte en août. Plus particulièrement leur directeur général Brock Sunderland, qui avait connu le joueur québécois durant son séjour à Ottawa.

«Brock et moi, nous avons toujours eu une bonne relation. Il a toujours été contact avec moi depuis le début de la saison. Mais Edmonton, ce n’est pas au bout de l’autoroute 40 comme Ottawa... C’est juste un peu plus loin !

«Il fallait voir si ça me tentait d’aller dans l’Ouest canadien. Mais en même temps, j’étais curieux. J’avais toujours entendu de belles choses au sujet des équipes là-bas.»

Gascon-Nadon ne regrette pas sa décision de se joindre aux Eskimos où il a retrouvé plusieurs de ses anciens coéquipiers chez le Rouge et Noir, dont Forrest Hightower, Jake Ceresna, Mike Moore et Danny O’Brien.

«Ça fait du bien de renouer avec le football, de retrouver cette camaraderie. C’est quelque chose dont je m’ennuyais. Puis le football, ça reste un beau sport.»

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UNE TERTIAIRE QUI SERA MISE À L'ÉPREUVE

La recrue Randall Evans s’attend à être mise à l’épreuve souvent par les Eskimos d’Edmonton. Même chose pour son coéquipier et vétéran Jonathan Rose.

Leur point en commun? Ils sont les deux demis de coin du Rouge et Noir.

«Le ballon sera lancé souvent vers nous. Notre défensive a été solide cette saison, mais s’il y a un truc contre lequel notre tertiaire a éprouvé de la difficulté, c’est la longue passe», a avoué Rose, vendredi, à la veille du prochain match des siens.

Oui, Rose mène la LCF avec cinq interceptions. Mais il a aussi mal paru à quelques reprises dans le dernier mois et demi.

Quant à Evans, il s’agira de seulement son deuxième départ en carrière.

Ajoutez à cela que le Rouge et Noir affrontera le meilleur quart-arrière du circuit en Mike Reilly, qui domine avec 3943 verges aériennes. Il a aussi lancé 26 passes de touché. Puis il y  a ses 11 touchés au sol.

Ce sera le plus grand test de la défensive ottavienne, renippée durant la saison morte. Il ne reste que Rose et Antoine Pruneau chez les partants de l’édition 2017.

Le quart-arrière Trevor Harris n’est pas inquiet. «Nos deux dernières séances d’entraînement ont probablement été nos deux meilleures depuis le début de la saison», a-t-il fait valoir.

Ses coéquipiers et lui seront motivés en jouant à domicile.

«Parce que notre dernier match ici n’a pas été de toute beauté contre Montréal, a rappelé Rose au sujet de la défaite de 21-11 contre les Alouettes.

«Il faut mieux faire que ça devant nos partisans.»