Le garde québécois Philippe Gagnon s’est joint au Rouge et Noir en février après trois saisons chez les Alouettes de Montréal, une équipe qui en avait fait son choix de première ronde en 2016.

Gagnon doit refaire ses preuves à Ottawa

Jon Gott parti, le Rouge et Noir a peut-être trouvé son nouveau joueur de ligne offensive aux allures de bûcheron.

Faites la connaissance de Philippe Gagnon, qui ne passe pas inaperçu depuis son arrivée à Ottawa. « Il possède toute une barbe... longue et frisée », a souligné l’entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell, en parlant du garde québécois au crâne rasé.

Sur un ton plus sérieux, le coach aime ce qu’il voit du nouveau joueur de ligne offensive depuis une dizaine de jours au camp d’entraînement des siens.

Gagnon s’est joint à l’équipe en février après avoir passé trois ans chez les Alouettes. Sa décision de changer de nid n’a rien de banal.

À Montréal, il était un partant, ayant joué les 18 matches à sa saison recrue en 2016. Une blessure à un genou l’a limité à 18 parties lors des deux saisons suivantes.

« Ce changement de décor est arrivé à un point de ma carrière où j’étais prêt pour ça. C’est excitant. C’est stimulant. »

Surtout, Gagnon retrouve plusieurs bons amis qui étaient ses coéquipiers à l’université Laval, dont Jason Lauzon-Séguin.

En revanche, le natif de L’Ancienne-Lorette pourrait devoir se contenter d’un rôle de réserviste pour entamer sa première saison chez le Rouge et Noir. Depuis une dizaine de jours, on l’utilise au sein de la deuxième unité.

Le colosse de 6’3’’ et 317 livres le savait très bien en acceptant de se joindre aux finalistes de la coupe Grey. Sa nouvelle équipe possède des gardes jeunes, mais déjà bien établis en Nolan MacMillan et Evan Johnson.

« Je ne suis pas venu ici pour regarder des parties, que ce soit à partir des estrades ou des lignes de côté. Je veux jouer. C’est mon objectif à long terme de devenir partant à Ottawa. Je vais faire les efforts nécessaires », a-t-il dit.

« Je contrôle ce que je peux. J’ai encore beaucoup de choses à polir. Ça prendra le temps qu’il faut. »

Philippe Gagnon a signé un pacte de deux ans avec le Rouge et Noir, qui pense toujours plus loin que la présente saison. Les contrats de Johnson et MacMillan prendront fin en février 2020.

Ajoutez à cela que la direction jongle plus que jamais avec l’idée d’aligner une ligne offensive toute canadienne. Si des blessures surviennent, Gagnon sera lancé rapidement dans la mêlée.

Jusqu’ici, l’athlète âgé de 26 ans se plaît chez le Rouge et Noir.

« Les attentes sont claires. C’est facile dans ce temps-là de donner ce que les coaches veulent. Aussi, ils te mettent dans un environnement pour donner de bonnes performances. C’est fantastique. »

Refaire ses épreuves ne le tracasse pas. « J’ai eu trois entraîneurs en chef différents à Montréal. Toutes les années, c’était à recommencer. C’est la réalité du football professionnel », a-t-il dit à ce sujet.

« Je suis confiant que si je donne le meilleur effort possible, de bonnes choses vont se produire. »

Le Rouge et Noir l’avait dans sa mire depuis longtemps. Plus précisément depuis le repêchage de 2016. Sauf que les Alouettes l’avaient sélectionné tôt en première ronde, cinq rangs avant le tour d’Ottawa.

Gagnon ne s’est pas amené seul dans la capitale. Sa copine Claudia et leur chien l’ont suivi. Ils ont trouvé un logement non loin de la plage Britannia.

Le couple compte conserver la même routine que lors de leurs trois années à Montréal. Au moins une fois par semaine, ils font appel à leurs talents culinaires pour un souper à deux.

« Je pense que ça paraît que j’aime cuisiner, que j’aime manger, a lancé Gagnon, sourire en coin. J’aime prendre des recettes et les modifier à ma façon, que ce soit enlever des ingrédients ou en ajouter. À part ça, je suis un gars simple. J’aime jouer aux jeux vidéos et me promener avec mon chien comme ça. »

Un truc n’a pas changé malgré son passage chez le Rouge et Noir. Il porte le 53, le même numéro qu’à ses trois saisons chez les Alouettes.