Les Ravens de Carleton ont eu besoin de deux prolongations pour venir à bout des Gee Gees d'Ottawa, samedi à la Place TD.

Folie habituelle au Match Panda

Steve Sumarah n'en revenait pas. Le coach des Ravens de Carleton croyait avoir tout vu lors des trois éditions précédentes du Match Panda.
En 2014, son équipe avait gagné sur une longue passe de touché sur le dernier jeu en temps réglementaire. Puis en 2015, elle avait eu le meilleur sur ses ennemis jurés en prolongation.
L'an passé, ses joueurs avaient surpris en dominant les Gee Gees d'Ottawa du début jusqu'à la fin devant plus de 23 000 personnes.
Que s'est-il passé cette fois-ci, samedi après-midi, à la Place TD ? Une partie encore plus folle. Encore plus fertile en rebondissements. Et devant encore plus de monde bien sage. Les Ravens ont mis la main sur Pedro Le Panda grâce à une victoire de 33-30 en deuxième prolongation devant 24 420 spectateurs, un nouveau record d'assistance pour ce rendez-vous annuel entre les deux clubs de football universitaire de la capitale nationale.
« C'était un autre incroyable match, a soutenu Sumarah après avoir fêté dans le vestiaire avec sa troupe. Quand je suis déménagé dans le coin afin de prendre la barre de l'équipe, des gens m'ont dit que toute sorte de choses arrivent Match Panda. Ils avaient raison. J'ignore si c'est le fruit d'une intense rivalité entre les deux universités ou tout simplement l'atmosphère... Je suis juste heureux de me retrouver du côté des vainqueurs. »
Les Ravens ont pris l'avance 24-21 avec deux minutes à écouler au quatrième quart lorsque le receveur québécois Phil Iloki a capté une passe de 75 verges du quart-arrière gatinois Mike Arruda. Un jeu spectaculaire qui a semé l'hystérie chez les partisans de Carleton.
Mais le botteur des Gee Gees Lewis Ward a réussi un placement de 45 verges dans la dernière seconde de jeu pour forcer la prolongation.
Les deux équipes ont échangé des placements lors de la première série. Les Gee Gees ont dû se contenter d'un deuxième placement lors de la deuxième série quand leur attaque a été stoppée à une verge de la zone des buts adverse. Les Ravens, eux, ont marqué un touché.
Une course de six verges de la recrue Arruda, qui a été vite encerclée par les partisans ayant sauté sur le jeu pour célébrer cette quatrième conquête de suite.
« Incroyable. Tout simplement incroyable... Je vais me souvenir de ce match pour le reste de ma vie », a avoué Arruda, qui affrontait son ancienne formation. Il était membre des Gee Gees pendant quelques semaines en 2016 avant de passer chez les Ravens. « L'atmosphère était incroyable dans le stade », a soutenu Arruda, qui a terminé le match avec 15 passes pour 274 verges, mais aussi deux interceptions.
Un peu plus loin, Iloki tenait des propos similaires. « C'est malade », a-t-il dit de la réaction des partisans des Ravens qui fêtaient à ses côtés.
Cette victoire fera du bien aux Ravens, qui montrent une fiche de 2-3 et bataillent pour une place en éliminatoires. « Je crois que ce match pourrait bel et bien servir à relancer notre saison. Jusqu'ici, nous avions trouvé des façons de perdre ces joutes serrées. Aujourd'hui, nous avons trouvé une façon de gagner. »
Défaite crève-coeur pour les Gee Gees
Les Gee Gees d'Ottawa tenaient à gagner ce Match Panda en mémoire d'un coéquipier décédé subitement, six jours auparavant. Mais ils auront plutôt encaissé un autre dur coup.
L'équipe de football universitaire était sous le choc après une autre défaite subie sur le dernier jeu de la partie. Elle a perdu de la sorte trois fois lors des quatre dernières éditions. « C'est une défaite crève-coeur », a avoué le receveur Kalem Beaver, qui a inscrit deux des touchés des Gee Gees dans la cause perdante.
Ses coéquipiers et lui avaient rendu hommage durant tout le match à Loic Kayembe, cet ailier défensif mort dans son sommeil dimanche dernier.
Ils portaient un bandeau à un biceps avec son numéro 49 inscrit dessus en plus d'avoir apporté sur le terrain l'uniforme du joueur québécois avant le botté d'envoi.
Un des amis du défunt, Ricardo Lubin, a brillé en défensive, récupérant un ballon échappé tôt dans la partie dans la zone des buts.
Le secondeur Thomas Carrier a réussi une interception plus tard en première demie. Il a célébré en levant son uniforme, dévoilant un t-shirt hommage sur lequel était imprimée une photo de Kayembe.
Le nom du disparu avait même été inscrit de façon symbolique à l'alignement de départ du Match Panda.