Le plaqueur Ettore Lattanzio a pu participer au camp d’entraînement du Rouge et Noir pendant les trois dernières semaines, tout le contraire de 2018 quand il était blessé. Il avait été limité aux trois dernières parties du calendrier régulier de même que les deux matches éliminatoires.

Ettore Lattanzio a passé l'hiver au «Beer Store»

Ettore Lattanzio a passé l’hiver à vendre de la bière. Sourire en coin, il avoue en « avoir bu un petit peu aussi ».

Le vétéran plaqueur du Rouge et Noir a décidé de se dénicher un emploi au Beer Store. Il a travaillé dans « quatre à cinq succursales de la région ».

« J’aime la bière. J’ai une préférence pour les lager et les ale. Je ne suis pas un mordu d’Indian Pale Ale », a-t-il confié.

Parfois, le joueur originaire d’Orléans travaillait derrière le comptoir. Par moments, c’est lui qui conseillait les clients sur leur achat potentiel.

« J’ai rencontré plusieurs partisans. Certains me reconnaissaient immédiatement », a-t-il souligné, visiblement flatté de l’attention.

Lattanzio s’est aussi entraîné dans les derniers mois quand il n’était pas dans une succursale du Beer Store. Son épouse et lui ont aussi visité la Jamaïque pour profiter enfin de leur lune de miel.

« On s’était marié l’an dernier tout juste avant le camp d’entraînement », a rappelé le joueur défensif, qui entame sa cinquième saison chez les pros dans son patelin.

Le numéro 49 est rapidement devenu un favori de la foule en raison de sa fougue.

À 6’ et 252 livres, il est un poids plume au sein d’une ligne défensive. Mais ça ne l’a pas empêché de compliquer la vie des joueurs offensifs adverses au fil des ans.

En 2016, il avait réussi cinq sacs. Tout ça en étant réserviste.

L’an dernier, on l’a vu peu souvent sur le terrain. Deux blessures l’ont limité aux trois dernières parties du calendrier régulier, de même que la finale de l’Est et le match de la Coupe Grey.

Lattanzio, 28 ans, avait raté notamment le camp d’entraînement au complet. « Ça fait du bien cette année d’être sur le terrain en même temps que tout le monde, même si personne n’aime vraiment ça un camp d’entraînement, a-t-il lancé, sourire en coin.

«C’est un mal pour un bien, un passage obligé. De rater tout le camp l’an passé m’a beaucoup nui. Là, je peux obtenir beaucoup de répétitions et me familiariser à nouveau avec le cahier de jeux.»

Un qui est heureux de le revoir ? Rick Campbell.

Il fallait voir sa réaction quand le nom de Lattanzio a été mentionné en mêlée de presse. «Un gars très intéressant. Et je dis ça de façon positive, a commencé par mentionner l’instructeur-chef, mardi, après la séance d’entraînement des siens.

«Il a toujours une attitude positive. Peu importe ce qu’il fait dans la vie, il se donne toujours à fond. Et il s’amuse toujours. Je suis heureux de le compter dans notre équipe.»

Le coach avait une anecdote intéressante à raconter. Ettore Lattanzio venait de compléter sa quatrième saison chez les Gee Gees de l’Université d’Ottawa à l’automne 2014.

Le Rouge et Noir l’avait à l’œil en vue du repêchage de la LCF, quelques mois plus tard. Mais Winnipeg lui avait coupé l’herbe sous le pied.

«Les Blue Bombers ont tenté de le convertir en centre-arrière, puis ils l’ont libéré, a rappelé le coach.

«Nous l’avons immédiatement embauché, car nous étions convaincus à l’époque que E.T. pourrait connaître du succès dans notre ligue. Il est rapide. En raison de son petit gabarit, il peut facile se rendre facilement dans le champ arrière adverse pour perturber l’autre équipe. Il passe souvent sous les bras des gros joueurs de ligne offensive.»

Lattanzio fera partie d’une rotation avec le vétéran Michael Klassen en tant que plaqueur canadien sur la ligne défensive du Rouge et Noir en 2019.

«Je suis heureux de le revoir ici en santé. Je sais que l’année dernière a été frustrante pour lui», a reconnu Campbell.

Son équipe a tenu le dernier entraînement officiel du camp mardi. Les joueurs seront conviés à une légère séance mercredi en vue du match hors-concours de jeudi.

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Boulay se prépare aux retrouvailles à Montréal

Cette interception, elle fait du bien à Nicolas Boulay. Même si le secondeur québécois l’a réussie durant une simple séance d’entraînement.

Ça s’est passé lundi. Une fois le ballon entre les mains, le nouveau joueur du Rouge et Noir s’est mis à courir sans arrêter. Un peu plus, on avait l’impression qu’il se dirigeait déjà à Montréal en vue du match hors-concours prévu jeudi contre son ancien club !

«J’ai le cardio pour courir jusque-là, c’est sûr, a lancé Boulay en riant. Depuis le début du camp d’entraînement, je me crinquais. Je me disais qu’il fallait que je réussisse une interception. Chaque jour, je me rapprochais du ballon. Je commençais à mettre les doigts dessus. Ça fait du bien d’en réussir une, surtout que les jambes commencent à être lourdes après avoir disputé un premier match hors-concours samedi.»

Boulay s’est joint au Rouge et Noir en février après avoir passé ses six premières saisons dans la LCF à Montréal.

Il ignore si jeudi sera un jour de retrouvailles pour lui. Les entraîneurs n’ont pas encore décidé quels vétérans seront en uniforme face aux Alouettes au stade Percival-Molson.
«Honnêtement, je vais y aller avec ce que les coaches me disent de faire, a soutenu Boulay. Je suis un soldat. Je suis prêt à me battre. Mes épaulettes sont là. Mon casque aussi. Tout est prêt. Si les coaches me disent que je joue, je vais jouer. S’ils me disent que je ne joue pas, je ne jouerai pas.»

L’athlète âgé de 29 ans ne le cache pas. Il ressentira un pincement au cœur quand il remettra les pieds dans son ancien nid, que ce soit jeudi ou le 2 août lorsque le Rouge et Noir sera de retour à Montréal.

«C’est sûr que ça risque de faire un petit peu mal. Ce furent six belles années à Montréal. J’ai lié des amitiés dont je vais me rappeler pour le reste de mes jours. J’y ai aussi grandi en tant que joueur. Mais j’étais prêt à apporter un changement dans ma vie, a souligné Boulay, qui a pris la décision de passer dans le camp ennemi.

«Je ne regrette pas ce choix. Je suis même encore plus heureux d’être ici que ce à quoi je m’attendais. Ça fait plusieurs fois que je le dis, mais nous sommes tellement bien traités, de A à Z.»